Stéphane Moreau a-t-il une casquette en trop ?

MOREL,PIERRE; DE BOECK,PHILIPPE; JENNOTTE,ALAIN; BODEUX,PHILIPPE

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Samedi 2 avril 2011

Bourgmestre d’Ans et patron de Tecteo : le tombeur de Daerden devra-t-il choisir en 2012 entre les deux ? Oui, selon le décret wallon sur le cumul des mandats. Non, selon une manœuvre du clan PS.

récit

Les Limbourgeois de la commune de Fourons, cornaquée par un bourgmestre flamand, imaginaient bien peu qu’ils sauveraient un jour la peau d’un ambitieux socialiste liégeois à la tête de Tecteo. C’est pourtant le scénario ingénieux – et juridiquement blindé – qui pourrait permettre à Stéphane Moreau de faire un superbe pied de nez à la Région wallonne après les élections communales de 2012. Mais cet homme fort du PS en pleine ascension pourra-t-il garder les deux fers au feu ? Être le patron d’un groupe industriel actif dans l’énergie et les télécoms, confronté à une concurrence féroce, tout en menant de front la carrière politique intense qu’il a embrassée ?

Rien n’est encore joué. Mais l’Ansois n’a pas attendu d’avoir écarté Michel Daerden de sa route pour avancer ses pions. Lorsque les prochains conseils communaux se mettront en place, fin 2012, les cumulards seront priés de faire leurs comptes et de faire leurs choix. Pas plus de trois mandats rémunérés et, surtout, incompatibilité radicale entre un mandat de bourgmestre avec un poste de direction dans une intercommunale à laquelle la commune est associée.

Seul petit grain de sable dans la mécanique du code de la démocratie locale : seules les intercommunales wallonnes sont concernées par ce décret. Et, depuis l’automne 2009, Tecteo n’est plus une intercommunale wallonne. L’entrée discrète de la commune flamande dans son capital en a fait une intercommunale birégionale. Une drôle de bête, du point de vue légal : elle a beau être l’un des plus gros holdings publics wallons, dirigée par des hommes politiques liégeois, elle échappe depuis lors à la tutelle de la Région. On l’a vu lors de l’absorption récente de son voisin gazier, l’ALG : le gouvernement wallon n’a plus voix au chapitre.

Ce qui fait grincer bien des dents. Car même si on exigeait, à Namur, que Stéphane Moreau fasse un choix, il n’aurait qu’à rappeler le nouveau statut de Tecteo, qui exonère son directeur général de se plier aux règles d’incompatibilité qui vont toucher les mandataires.

En coulisses, beaucoup ont du mal à avaler la couleuvre. Mais peu d’acteurs se permettent de critiquer à découvert l’un des hommes puissants du moment au PS liégeois. « Si l’on fait une lecture littérale du décret, il n’y a aucun recours possible, note-t-on dans l’entourage du gouvernement wallon. Mais on peut réellement se demander si l’éthique qui sous-tend le code de la démocratie locale n’a pas été bafouée et s’il n’y a pas ici un abus de droit. »

Du côté socialiste, officiellement on se tient les coudes. « Stéphane Moreau a donné la preuve qu’il pouvait gérer un grand groupe industriel comme Tecteo, tout en gérant depuis longtemps sa commune comme bourgmestre faisant fonction, note une éminence socialiste liégeoise. On brandit un peu trop souvent ce dossier alors que personne ne s’étonne que de nombreux entrepreneurs privés multiplient les mandats. »

De son côté, le député wallon Marc Bolland (PS) qui avait réclamé plus de gouvernance au sein des intercommunales, l’an dernier, constate que « le management de Tecteo s’est considérablement étoffé ces derniers mois et que l’apocalypse sociale qui avait été annoncée par certains, lors de la fusion avec L’ALG, n’a pas eu lieu. L’évolution est positive ».

Cependant, derrière l’unanimité de façade, il se murmure que même au sein du cercle politique rapproché de Stéphane Moreau, on voudrait qu’il le fasse, ce choix. C’est que le pari industriel de Tecteo est loin d’être gagné. Du côté des télécoms, où Tecteo commercialise ses services de « triple play » sous la marque Voo, la pression concurrentielle ne fait que s’intensifier avec Belgacom, qui a dépassé le million de foyers connectés à la télé numérique.

Pire, les régulateurs belges des télécoms et de l’audiovisuel se préparent à imposer aux câblos une ouverture de leur réseau, ce qui est déjà le lot de Belgacom depuis une dizaine d’années. Une ouverture qui inquiète le câblo liégeois qui entrevoit une pression renforcée sur ses marges dans un proche avenir.

Au sein de la direction de Tecteo, où l’on a débauché chez Suez, Telenet ou Fortis pour enrichir le staff, certains ne se montrent guère ravis des événements récents. « Pendant un an et demi, il va être accaparé par une campagne délicate qu’il doit impérativement réussir. On le verra encore moins chez Tecteo. Il ne sait pas respecter un horaire ni se rendre disponible. C’est cela qui lui fait le plus de tort au sein du management », lâche-t-on dans les couloirs. Une certaine démotivation s’installe parmi les cadres, amplifiée par l’annonce des salaires mirobolants pratiqués chez Belgacom. Un directeur tempère, cependant. « Au niveau opérationnel, ce n’est plus Moreau qui est à la manœuvre, même s’il reste associé à chaque décision stratégique. »

L’aventure industrielle de Tecteo reste donc à haut risque. Et cela ne manque pas d’inquiéter les amis politiques de Stéphane Moreau que hante la perspective d’un échec du projet liégeois, pourtant stratégique en matière d’emploi et de leviers économiques pour la région. Avec une facture politique salée à la clé en cas d’échec. Car on imagine mal les communes accepter avec le sourire qu’un échec dans le « triple play » conduise Voo à se vendre à Telenet, à l’étroit sur son pré carré flamand et qui cherche de nouveaux relais de croissance.

Face à cette ébullition qui n’a pas encore atteint la place publique, Stéphane Moreau reste flegmatique. Et évasif, lorsqu’on tente de le cuisiner sur la perspective d’un choix. « On verra en 2012. D’ici là, tant de choses peuvent se passer. Je ne suis pas un homme rivé à son poste et je n’ai pas de plan de carrière. » Parfois sanguin mais redoutable animal politique, il sait qu’il va jouer gros durant les dix-huit mois qui viennent. Profil bas, il ne montre plus ses cartes. Pour le moment.

Le golden boy

Sourire enjôleur, allure de golden boy et amateur de belles carrosseries, Stéphane Moreau (46 ans) est le grand architecte du virage à 180º pris par l’Association liégeoise d’électricité (ALE), intercommunale publique devenue Tecteo. Une société à actionnariat public (communes et province de Liège) active dans les télécoms (Voo) et la distribution de gaz et d’électricité qui pèse 450 millions d’euros de chiffre d’affaires et 2.000 emplois. Fan du bureau d’études Mc Kinsey, il aime avancer en restructurant, comme il l’a fait au sein de l’intercommunale d’incendie. A l’échelon communal, il lui était devenu impossible de stagner et il a réussi à écarter Michel Daerden.

Qualifié de jeune loup à l’instar du Serésien Alain Mathot, il a été sommé, au sein de la Fédération liégeoise, de choisir entre une carrière d’homme d’affaires et un parcours plus politique, lui qui détient une dizaine de mandats dans des intercommunales et sociétés parapubliques.

Jusqu’à présent, il a toujours les coudées franches.

Les cinq hommes qui détiennent le pouvoir

Stéphane Moreau

Stéphane Moreau

L’allié supracommunal de Willy Demeyer Le tout frais bourgmestre d’Ans est aussi secrétaire de « Liège Métropole » association qui regroupe les bourgmestres de l’arrondissement et les députés provinciaux et dont le président n’est autre que Willy Demeyer. À eux deux, avec le soutien de Daniel Bacquelaine (MR) et Josly Piette (CDH), ils pilotent le développement supracommunal de Liège : la venue du tram, l’exposition internationale Liège 2017, la mise en place d’une communauté urbaine… Stéphane Moreau est aussi administrateur délégué de l’IGIL, intercommunale liégeoise qui gère le Palais des Congrès et la Foire internationale. Un poste stratégique pour le développement de Liège. Il siège également à au holding financier Meusinvest. Enfin, il est surtout le directeur général du groupe Tecteo.

Willy Demeyer

Willy Demeyer

Le chef d’orchestre Président de la fédération liégeoise du PS, le bourgmestre de Liège a lentement et sûrement conquis les places de pouvoir susceptibles d’asseoir le développement de Liège : la présidence du GRE (Groupe de redéploiement économique) autrefois attribuée à Michel Daerden, la présidence de Liège Métropole (organe précurseur d’une Communauté urbaine), la présidence de la SDLG (transformation du quartier des Guillemins) ou encore celle de l’Opéra. Il siège également au Holding communal (Dexia) à l’ULg, au Grand Liège ou encore au sein de l’association Liège 2017. Enfin, il est vice-président du Sénat pour, dit-il, assurer une représentation de Liège à l’extérieur. Son avenir ? « Je suis candidat bourgmestre pour 2012 et je me bats pour les projets liégeois. »

Jean-Claude Marcourt

Jean-Claude Marcourt L’âme de Guy Mathot

Les deux hommes étaient très proches, il en reste quelque chose… Ministre wallon de l’Économie et vice-président du gouvernement wallon, Jean-Claude Marcourt ne cherche pas la confrontation mais n’a pas son pareil pour remettre les camarades à leur place. Comme lorsqu’il s’oppose, en tant que conseiller communal liégeois, à une nouvelle taxe sur les commerces. Quitte à mettre Willy Demeyer en difficultés. À plusieurs reprises, il a dû subir les manœuvres de barrage d’un Michel Daerden à la Région. Depuis 2009, il a les coudées plus franches et peut logiquement envisager un costume de ministre-président avec sa fédération derrière lui. D’aucuns prêtent au ministre liégeois des ambitions de bourgmestre. Réponse d’ici 2012.

André Gilles

André Gilles L’Énergie et la Province Originaire de Jemeppe (Seraing) André Gilles est l’artisan, avec Stéphane Moreau, des ambitions économiques du Groupe Tecteo qu’il préside. Patron de la députation provinciale – il en est le président – il met un zèle certain à soigner l’image de la Province qu’il reprofile à une échelle supracommunale, aidant les municipalités ou les intercommunales à faire face à de gros investissements. C’est ainsi qu’il a lancé la coordination des pouvoirs locaux et intégré l’association « Liège Métropole ». Ses mandats ? Ils sont liés à la Province et Tecteo. Son avenir ? Le Jemeppien ne devrait pas quitter l’échelon provincial. Une ambition mesurée qui ne présente guère de menaces pour ses camarades et fait plutôt de lui un « sage » à l’échelle de la Fédération.

Alain Mathot

Alain Mathot

Des ambitions fédérales Au lendemain de la mort de son père, le fils de Guy Mathot a noué une alliance avec Liège contre la mainmise de Michel Daerden sur la fédération, alliance qui perdure toujours et qui assure au tandem une majorité au sein de la fédération liégeoise du PS. Devenu bourgmestre de Seraing, il a pu obtenir la tête de liste aux dernières élections fédérales en vertu d’un accord passé avec le clan Daerden en 2007. Député fédéral, il siège à Tecteo et dans des sociétés dérivées, il pilote un groupe de réflexion sur l’avenir des hôpitaux publics liégeois dont celui de Seraing. Il siège également à Ériges, société communale chargée de la requalification du bassin serésien. Son avenir ? Un éventuel poste au fédéral lors des prochaines échéances électorales.

Frédéric Daerden prêt à faire allégeance

Frédéric Daerden prêt à faire allégeance

La victoire du « Club des cinq » enfin débarrassé de Michel Daerden aura-t-elle des conséquences néfastes pour son fils Frédéric, député européen, vice-président de la Fédération liégeoise du PS et bourgmestre de Herstal ? L’homme, en tout cas, observe actuellement une prudence de Sioux et se tait dans toutes les langues. « Frédéric est un ami personnel, rassure Willy Demeyer. Et avec lui, il y a toujours eu moyen de travailler. » Il n’y aura sans doute pas de cadeaux mais une exécution en règle semble clairement improbable. D’abord, on ne peut pas actuellement lui enlever grand-chose, à l’exception éventuelle de la coquille un peu vide de sa vice-présidence d’une Fédé où tout se décidait déjà sans lui. Ensuite, si la longévité de Michel Daerden lui a clairement valu un bon paquet d’ennemis, meurtris ou frustrés, ce n’est pas le cas de Frédéric, qui n’a pas d’arriérés avec quiconque et ne dérange pas grand monde. On peut même pousser l’analyse plus loin. En dézinguant « Papa », d’autres ont « tué le père » à la place de Frédéric. L’homme pouvait difficilement faire autrement que d’être aux côtés de son père ces derniers mois. Et il a pris des coups destinés à Michel par ricochet. Sans le père, sa situation pourrait être un peu plus simple. L’orage ansois a fait éclater le climat très

lourd qui pesait sur les Daerden à la Fédé, le temps va se dégager. On ne lui prête guère de désir de constituer un groupe alternatif ou de monter une fronde. Déjà bien servi en mandats, il devrait avoir l’intelligence de laisser le temps faire son affaire pour, au final, peut-être reprendre une place plus en vue au sein du PS liégeois. Quitte à faire allégeance.

Le « Club des cinq » joue et gagne

Maintenant qu’on est débarrassés de Michel Daerden » – petite phrase en vogue en bord de Meuse –, qui est l’amiral du PS liégeois ? Ne cherchez pas de Lider Maximo. Révisez plutôt vos classiques de la littérature adolescente : la fédération liégeoise du PS est aujourd’hui dirigée par le « Club des cinq ».

Par paliers, Willy Demeyer, André Gilles, Alain Mathot, Jean-Claude Marcourt et Stéphane Moreau ont grignoté le pouvoir de Daerden. Présidence de la Fédération liégeoise du PS, coupole provinciale, présidence du GRE Liège (Groupe de redéploiement économique) : le quintet a de longue date avancé ses pions avant le coup de grâce porté au Roi d’Ans par Moreau. La dernière part du gâteau à partager, c’est le ministère. Pour qui ? Demeyer et Mathot en auraient envie. Ce dernier pourrait se satisfaire de la présidence de la Fédération, vacante à l’automne.

En attendant, le « Club des cinq » est parvenu à paralyser le pouvoir de « Papa » – fût-il de nuisance – pour s’imposer en tant que groupe majoritaire. « Nous représentons 85 % de la Fédération, estime Alain Mathot. Mais ce n’est pas neuf : dès l’élection de Willy en mai 2005 suite à la mort de mon père et la création d’un axe Liège-Seraing inédit, une majorité s’est clairement dessinée. » En 2007, le bourgmestre de Liège a été réélu à la tête du PS liégeois non sans la signature de « grands accords » avec Michel Daerden, restreignant son poids politique.

La diminution progressive d’influence aurait pu continuer mais, en juin dernier, Daerden a bafoué ces « grands accords » en démettant Moreau du poste de bourgmestre ff. « L’affirmation d’une autorité perdue », analysent certains. On sait ce qu’il en est advenu : l’éviction de « Papa » du mayorat d’Ans grâce au dépôt d’une motion de méfiance ratifiée à l’unanimité y compris par Michel Daerden.

Avec Willy Demeyer dans le rôle de chef d’orchestre, le « Club des cinq » fait la pluie et le beau temps au sein de la Fédé liégeoise du PS. « On travaille en concertation », nuance Mathot. « Il y a un noyau mais qui n’agit pas seul », ajoute Demeyer. Une chose est sûre : la mise à l’écart du « Roi d’Ans » clarifie la situation ne fût-ce que par rapport au boulevard de l’Empereur qui a, face à lui, une Fédération unie.

« Longtemps, nous avons souffert de divisions internes qui ont empêché d’autres que Michel Daerden d’avoir des postes à responsabilités. Il faisait office de repoussoir », déclare un cacique liégeois. Ministre-président de la Région, chef de file socialiste au gouvernement fédéral ou président du parti : il y a belle lurette que les Liégeois sont absents de ces postes symboliques.

Comment fonctionne le Club ? « Nous avons chacun notre rôle et sommes en contacts quasi tous les jours. C’est une machine de pouvoir mais au service du développement de Liège et en concertation avec les autres partis. Comme lorsque l’on défend le centre sportif de haut niveau », explique Demeyer. « C’est quasi un collège, avec Willy comme président, ajoute André Gilles, président de la députation provinciale. Nous confrontons nos idées, les décisions se prennent quand il y a accord. Cela contraste avec une époque où l’on perdait notre temps en querelles. »

« Plus qu’une répartition des rôles, c’est un instantané du chemin parcouru par les uns et les autres, itinéraire qui pourrait bien changer, affirme Jean-Claude Marcourt. Ce qui compte, c’est que l’on est sorti d’une logique clanique pour un pouvoir multipolaire. » La confrontation au clan Daerden, Marcourt s’en souvient : avant les régionales de 2009, le « Roi d’Ans » a mis tout son poids dans la balance pour lui barrer la route. Désormais, l’actuel ministre de l’Economie a un boulevard devant lui. D’aucuns, à Liège, le voient déjà comme le « Numero Uno » wallon.

Le Club serait-il dans un fauteuil ? Jusqu’à présent, c’était « tous contre Michel » mais quand l’ennemi disparaît, les ambitions personnelles renaissent. « Le vrai gagnant de cette histoire, c’est sans doute Marcourt, estime une éminence PS liégeoise. Il est débarrassé d’un ennemi intime sans avoir jamais été en première ligne. Il a tout pour devenir le chef naturel de la Fédé. Sauf peut-être l’assise populaire. Pour le moment. »

Et d’aucuns de souligner que, dans une édition récente du Vif, il a invité Stéphane Moreau à faire un choix entre la politique et la direction du groupe Tecteo. « Ça revient à dire “Le vrai chef, c’est moi”, souligne un observateur. Et là-dessus, ça pourrait friter entre Willy et lui. Beaucoup va se jouer sans doute aux communales à Liège. Là, des frustrations et rancœurs pourraient naître. »

Des méfiances jaillissent par ailleurs. Vis-à-vis de Moreau, par exemple : disposer d’un « tueur » pour tirer le coup fatal arrangeait tout le monde mais on sait désormais, au sein du Club, qu’il… dégaine facilement ! « Il a prouvé que la méfiance de Daerden à son endroit était justifiée », s’amuse un membre du parti.

Le Club pourrait aussi être pris au piège. « Attention à l’effet boomerang », prévient un proche de Daerden. Pour l’instant, le ministre fédéral des Pensions se garde bien de la moindre attaque. En politique, le pire scénario – sa chute – peut être retourné à son avantage pourvu d’attendre le bon moment. L’instruction judiciaire à son encontre pourrait déboucher sur un non-lieu. Il redeviendrait alors un atout de choix pour un PS en mal de voix.

« Je n’y crois pas, déclare Stéphane Moreau. Michel Daerden a des défauts, mais pas celui d’être revanchard. Ce serait risquer de retomber dans le chaos. » Et d’envisager un Michel Daerden sur la voie de la sagesse. Une voie royale pour le « Club des cinq ».