SUR L'IMPORTANCE ACCORDEE PAR LA FLANDRE AUX INTENTIONS DE LUC VAN DEN BRANDE

VAES,BENEDICTE

Page 2

Jeudi 14 juillet 1994

Freddy

Willockx

Sur l'importance accordée

par la Flandre

aux intentions

de Luc Van den Brande.

Le ministre-président du gouvernement flamand, Luc Van den Brande, a fait une profession de foi confédéraliste, à nette connotation séparatiste. Partagez-vous ses convictions?

- J'ai la prétention d'être à la fois un bon Flamand et un bon Belge. Ce n'est pas interdit. Ma vision de la réforme de l'Etat, c'est qu'une majorité de la population flamande, wallonne et bruxelloise veut continuer à vivre avec les autres composantes de l'Etat fédéral. Vu les réalités communautaires, j'estime que la fédéralisation était vitale pour garantir la pérennité de la Belgique. Je suis fédéraliste pour être un bon Belge et un bon Flamand.

Pour vous, le confédéralisme, c'est la même chose que le séparatisme?

- Je suis opposé au confédéralisme. J'estime que c'est la voie ouverte au séparatisme. Pour être pleinement efficaces, nos nouvelles structures fédérales doivent pouvoir compter sur une période de stabilité de dix ou quinze ans. Je ne suis pas opposé à une réflexion permettant d'améliorer nos structures, de mettre les points sur les «i». Mais cela exige de la stabilité, de la sérénité. Le fédéralisme actuel n'est pas une fin, mais une étape importante des réformes de structures.

Que représente Van den Brande en Flandre?

- Il est très populaire chez les journalistes flamands... mais pas en Flandre. Il est appuyé par tous les journaux flamands à large audience. Cela ne l'a pas empêché de faire un très piètre score aux élections européennes. Aux voix de préférence, le ministre-président est battu par ma colistière, Lydia Maximus.

Vous avez qualifié de «geste sympathique» le fait que le Roi fredonne le «Vlaamse Leeuw». Mais l'opinion francophone a été choquée par la coïncidence entre cet événement et le discours de Van den Brande...

- Je trouve que vous, francophones, vous avez eu une réaction excessive. Le Roi n'a fait rien d'autre que reconnaître un fait institutionnel. Ne confondez pas! Van den Brande n'était pas poussé par l'opinion flamande. En Flandre, il est marginalisé. Rares sont ceux qui prennent ses propos au sérieux. Vous surestimez Van den Brande.

Quand Van den Brande dit que la Wallonie tente d'attirer les entreprises flamandes par des interprétations abusives de la loi, partagez-vous ce sentiment?

- Ma conviction, c'est qu'il faut combattre les abus, tous les abus, concrètement. Qu'il s'agisse d'aide aux investissements ou de Sécurité sociale. Sinon se concrétisera la menace de séparatisme qui n'est pas voulue par la population, ni en Flandre ni en Belgique.

La Sécurité sociale fonctionne-t-elle à sens unique?

- Sur la Sécu, j'appuie la thèse de De Batselier en faveur d'un modus vivendi pragmatique. La solidarité est nécessaire, dans les deux sens. Il y a 40 ans, la Wallonie payait pour la Flandre. En 2.030, en raison du vieillissement, la Wallonie paiera à nouveau pour la Flandre. Actuellement, c'est l'inverse. Mais pour que le discours de solidarité l'emporte, il faut, impérativement, se battre contre tous les abus. Est-ce normal que les dépenses de santé dans le Hainaut soient tellement plus élevées que partout ailleurs?

Propos recueillis par

BÉNÉDICTE VAES