Surprise du sous-chef

SAINTGHISLAIN,VALERY; LORENT,PASCAL

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Vendredi 10 juin 2005

Colfontaine Le 1er échevin PS défie son maïeur pour la tête de liste

Le premier échevin Luc Lefèbvre s'invite en dernière minute dans la course à la case de tête. À la surprise générale. En ce compris celle de son bourgmestre Patrick Piérart.

VALÉRY SAINTGHISLAIN

Il y avait eu la surprise du chef à Boussu, lorsque Robert Urbain (75 ans), le maïeur socialiste sortant, avait sollicité une dérogation, qui lui fut finalement refusée, dans l'espoir de rempiler un mandat de plus. Il y a désormais aussi la surprise... du sous-chef.

Et c'est à Colfontaine que cela se passe. Dans les rangs du PS local, on ne parle plus que du duel qui opposera, ce dimanche 12 juin, le bourgmestre Patrick Piérart à son premier échevin Luc Lefèbvre pour la tête de liste.

Au rayon des surprises, la candidature du premier échevin est en fait la deuxième à survenir en peu de temps dans la commune boraine. Le premier événement à avoir surpris tout le monde fut le « non » cinglant infligé à Patrick Piérart lors du premier poll organisé le 29 mai et nécessitant un nouvel appel à candidats.

Lundi dernier en soirée, peu de temps avant la clôture des candidatures, Piérart, bien décidé à persuader les affiliés, n'avait toujours pas de challenger. C'est au dernier moment que Luc Lefèbvre a introduit sa demande auprès des instances de l'Union socialiste communale, prenant tout le monde de court, y compris le bourgmestre qui avait eu collège le matin même... sans que son premier échevin ne pipe le moindre mot de ses intentions.

C'est peu dire donc que Piérart la trouve saumâtre. Comme si un poignard lui avait été fiché dans le dos. En tant que bourgmestre sortant, je pense pouvoir revendiquer légitimement la tête de liste, commente-t-il. Il en va de l'intérêt du parti socialiste et de la commune, me semble-t-il. Si tout affilié a le droit de se porter candidat à la tête de liste, humainement, c'est mon droit de trouver la démarche déloyale. Tout ça est dommage.

Même Nicolas Dubois, qui connaît les deux hommes, se garde bien de rire du spectacle offert. En observateur intéressé de la chose colfontainoise, l'ex-enfant terrible du PS local avoue ne pas comprendre le sens de la candidature de dernière minute qu'il suspecte d'être frappée du sceau de l'opportunisme. Sinon, pourquoi Lefèbvre n'était-il pas candidat lors du premier appel ?

En face, le challenger (pressenti avant les communales de 2000 pour être le dauphin d'Yvon Biefnot mais déclassé suite à un score personnel jugé trop faible) justifie sereinement sa candidature.

Les résultats du premier poll ont montré qu'il y avait un problème à Colfontaine, peut-être dans la façon de faire du bourgmestre, dit-il. En clair, Luc Lefèbvre aurait espéré que Patrick Piérart tire les conséquences et se mette en retrait. Lui, tente sa chance et pas simplement pour ouvrir le jeu. Je ne suis pas un faux candidat, clame Lefèbvre. Et quand on lui dit que tout ça fait un peu désordre vu de l'extérieur, il promet de rester un échevin fidèle jusqu'au bout de la mandature. Quel que soit le verdict des urnes ce dimanche.

A Châtelet, l'accord raté de peu

PASCAL LORENT

Si rien ne change d'ici au 23 juin au soir, on préparera des bulletins de vote comportant quatre noms. Les propos de Michel Filleul, président de l'USC de Châtelet, résument parfaitement la situation au sein du PS local, mercredi peu avant minuit. Au terme d'une réunion du bureau de l'Union socialiste communale longue de plusieurs heures, les négociations visant à réduire le nombre de candidats à la tête de liste pour le scrutin communal de 2006 ont échoué.

Pour rappel, à l'entame de cette réunion, cinq candidats restaient en lice : la bourgmestre sortante Dominique Branders, les échevins Alex Dupanloup, Michel Mathy et Marie-France Toussaint, et le candidat surprise Gilbert Penninck. Le trio scabinal, auteur d'une candidature unique, devait faire face au refus de la section de Châtelet qui jugeait cette initiative non conforme aux statuts.

Vers 22 h 30, nous avions un accord pour présenter la candidature unique de Michel Mathy, explique Michel Filleul. Mais cet accord ne tient que si Gilbert Penninck retire sa candidature. Or, mercredi soir, aucun argument n'est venu à bout de la détermination de ce militant châtelettain, déterminé à offrir une alternative aux autres candidats, tous issus du collège échevinal sortant, miné par de fortes dissensions. Je fais maintenant confiance à mes collègues qui vont encore discuter avec lui, conclut le président de l'USC, sans guère de convictions.

Si rien ne change, quatre noms - Alex Dupanloup a retiré sa candidature, à l'inverse de Marie-France Toussaint qui s'oppose fermement à Dominique Branders - seront soumis au choix des militants, ce 23 juin au soir. Ensuite, un poll sera organisé (probablement en novembre) pour déterminer qui figurera sur la liste, de la 2e à la 33e place. Mais il semble de plus en plus probable que le PS ira aux élections en rangs dispersés.