Michel : un tsunami !

n.c.

Mercredi 9 avril 2008

Pour le commissaire européen au développement Louis Michel, un « choc alimentaire mondial » se profile, un « tsunami humanitaire » et il sort ses chiffres. Affolants.

entretien

Quelle est la situation ?

En 2007, le prix du blé a augmenté de 80 %, le prix du maïs de 24 %, le prix du riz de 20 %. En 2007-08, les pays en voie de développement vont dépenser globalement 52 milliards de dollars pour leurs importations de céréales. La part des pays à faible revenu et à déficit vivrier représente à elle seule 28 milliards de dollars, soit une augmentation de 14 % par rapport à l’an dernier ! En moyenne, à chaque fois que les prix alimentaires augmentent de 1 %, les dépenses de consommation régressent de 0,75 % dans les pays en voie de développement. Et ceci plus spécialement dans les groupes sociaux qui consacrent plus de la moitié de leurs revenus à l’alimentation !

Face à ce drame, l’Europe peut-elle respecter ses engagements d’aide alimentaire ?

On les respectera, cela va de soi, et on va essayer de remobiliser tous les acteurs. Bien entendu ! Mais il faut de l’argent pour cela : je suis tributaire de l’intervention de nos Etats membres. Il est fondamental qu’il y ait une conscientisation rapide sur ce problème crucial. Je lance ici un appel vraiment pressant. Vraiment !

En pratique, que fait l’Europe ? Dans le dixième fonds européen de développement (2008-2013), le budget consacré à l’agriculture va passer de 650 millions à 1.250 millions d’euros. Ceci pour la seule Commission. En 2007 déjà, Écho a délivré plus de 220 millions d’euros en aide alimentaire d’urgence, et en mars 2008, 160 millions d’euros ont été alloués à la lutte contre la faim dans le monde : c’est la décision de financement la plus importante que la Commission ait jamais annoncé, portant sur 17 pays prioritaires, pour une population visée de 19 millions d’habitants. D’autres décisions vont suivre. Écho va d’ailleurs faire appel à la « réserve d’urgence », une réserve assez importante, destinée aux cas exceptionnels, pour aller au-delà de ce qui est budgétisé.