Rogge : « Avec les JO, La chine a progressé »

KOLLER,FREDERIC; DE BOURBON,TRISTAN; HIRZEL,FRED

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Vendredi 2 mai 2008

P.2 & 3 Entretien exclusif avec le président du CIO : « Que se passerait-il en Chine sans l’attribution des Jeux ? »

A un peu moins de 100 jours des Jeux de Pékin, Jacques Rogge, président du Comité international olympique, n’en démord pas : « Dans les domaines que nous avons mis en avant, les Chinois ont respecté leur parole », dit-il dans un entretien exclusif que publient Le Temps à Genève et Le Soir.

Notre compatriote revient longuement sur la méthode qu’il a appliquée, depuis 2001, dans ses rapports avec les autorités chinoises : « Tous les spécialistes m’ont conseillé d’adopter la diplomatie silencieuse : éviter de répéter constamment que ceci ou cela n’allait pas, ce qui nous aurait empêchés d’avoir une collaboration véritable avec les Chinois et aurait donné de mauvais Jeux. »

Le président du CIO explique avoir parlé sans cesse des droits de l’homme, mais discrètement.

« Nous n’avons pas obtenu une révolution, mais quelques avancées », conclut-il.

JO Entretien avec Jacques Rogge « Je dis que les Chinois ont respecté leur parole » En exclusivité pour « Le Soir », le président du CIO fait son autocritique et dit sa confiance dans les autorités chinoises.

ENTRETIEN

Dans l’entretien exclusif accordé au Temps de Genève et au Soir, Jacques Rogge, président du Comité international olympique, admet que sa gestion médiatique de la crise autour des Jeux de Pékin n’a pas été à la hauteur. Il justifie cependant le choix de la Chine et les avancées politiques qui ont été obtenues, tout en affirmant que le gouvernement du sport mondial se penchera davantage, à l’avenir, sur la question des droits de l’homme via les JO.

Pendant des mois, vous avez répété qu’il ne fallait pas mélanger le sport et la politique. Or, dans une récente interview au « Financial Times », vous expliquez qu’il faut se montrer patient avec la Chine, étant donné son histoire. N’est-ce pas une façon de faire de la politique ?

C’est simplement le reflet d’une expérience de sept ans avec la Chine. Quand j’ai hérité de la présidence du CIO, le 16 juillet 2001, ma première responsabilité fut de gérer Pékin 2008. Je me suis assuré les conseils éclairés d’hommes politiques, de sinologues de différentes universités et de différents pays, j’ai parlé avec beaucoup d’ambassadeurs qui ont vécu en Chine, et j’ai engagé une jeune Chinoise qui rédige toutes mes lettres en mandarin. J’ai abordé la Chine humblement avec cette conclusion : dans ce pays, on ne parle qu’en pratiquant le dialogue, et non dans une relation de force ou d’agression.

Quels ont été ces conseillers ?

Ces gens-là tiennent à garder leur discrétion en raison de leurs relations actuelles et futures avec la Chine. Je respecte cet anonymat.

A 100 jours du début des Jeux, le CIO connaît une crise. Comment la surmonter ?

C’est une crise de réputation, et non de fonctionnement. Il est évident que les Jeux seront bien organisés. Pour la première fois depuis longtemps, le CIO se trouve dans une situation où tous les sites sont construits. A cent jours des Jeux d’Athènes 2004, on ne savait toujours pas s’il y aurait un toit sur le stade Olympique. Cette fois, nous sommes tranquilles. L’autre aspect fondamental, c’est l’ambiance. Les JO sont aussi une grande fête pour tous les athlètes, quels que soient leur origine ethnique, le système politique qu’ils connaissent, leur culture, leur religion. A ce propos, pour être honnête, nous ne sommes pas encore là où nous devrions être, mais nous ne désespérons pas d’y arriver.

Sur le plan logistique, il reste un point noir : la menace de la pollution. Des champions de renom ont déjà annoncé qu’ils préféraient renoncer plutôt que mettre leur santé en danger.

C’est vrai. Lorsque nous avons choisi Pékin, en 2001, la ville répondait aux normes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en termes de pollution. Depuis, la production industrielle de la Chine a augmenté de 80 %. Cette croissance industrielle que nous ne pouvions prévoir a entraîné une plus forte pollution. Nous avons demandé une amélioration aux Chinois. Ils ont fait des efforts extraordinaires et ont dépensé plus de 80 milliards de dollars pour cela. Cela leur a valu un prix des Nations unies – qui ne peuvent être accusées de complicité ou complaisance. Un an avant les Jeux, nous avons constaté que subsistaient de potentiels pics de pollution problématiques pour quelques sports comme le marathon et les épreuves d’endurance. Nous avons dit aux Chinois qu’en cas de nécessité, nous avancerions ou retarderions les épreuves. Nous évaluerons les risques en fonction des prévisions météorologiques.

Pékin se dit prêt à renouer le dialogue avec le dalaï-lama. Est-ce encourageant ?

Il y a clairement une crise générée par l’affaire du Tibet. Nous encourageons toute initiative qui permettrait de rétablir un esprit de paix. Nous appuyons ce dialogue. La question de l’ambiance dont j’ai parlé sera, bien entendu, en grande partie déterminée par la situation au Tibet.

Mardi encore, des Tibétains, devant le siège du CIO, affirmaient que votre silence tue au Tibet… Que leur répondez-vous ?

Je ne vais pas répondre à des gens qui ont une conviction, qui se battent pour une cause. Je respecte cette cause. Je ne suis pas d’accord avec leur slogan, mais je ne vais pas répondre.

Le parcours international de la flamme a été pour le moins chahuté. Bientôt, elle passera au Tibet et le CIO risque d’être associé, à travers ce symbole, à la répression en cours. Avez-vous tenté de dissuader les autorités chinoises de passer par Lhassa ?

Soyons très clairs : le relais de la flamme dépend du comité d’organisation et du gouvernement chinois. Nous avons approuvé ce parcours car le désir des Chinois était de passer dans toutes les régions et les provinces du pays. Aujourd’hui, la communauté politique internationale ne met pas en doute la souveraineté de la Chine sur le Tibet. Entre-temps, il y a eu ces évènements. Nous comprenons l’émotion qu’ils peuvent créer. Nous avons demandé à nos amis chinois s’ils pouvaient assurer la sécurité de la flamme sur tout le périple. Ils ont dit oui. Nous avons donc maintenu notre accord.

Pékin s’était engagé, en 2001, à garantir la liberté de mouvement des journalistes sur tout le territoire pendant les Jeux. Le CIO ne peut-il pas faire pression pour obtenir l’accès du Tibet aux journalistes étrangers ?

Nous l’avons fait, le 8 avril.

Quelle a été la réponse ?

Ce sera le cas dès que la situation sécuritaire le permettra. J’ai discuté avec les dirigeants chinois la mise en application d’une nouvelle règle sur les médias étrangers. Nous avons obtenu que les journalistes puissent circuler librement en Chine et interviewer qui ils veulent. Nous avons obtenu que l’accès à internet ne soit pas censuré. Ils nous l’ont promis formellement. Nous avons obtenu que le site de la BBC soit accessible. Avec la crise tibétaine, il y a eu un frein, ou un moratoire, sur la circulation libre des journalistes. J’ai demandé spécifiquement que ce frein soit levé. Ils m’ont promis que ce serait fait.

L’article 5 de la Charte olympique fait référence aux droits de l’homme. Quelles ont été les garanties chinoises envers le CIO ? Y a-t-il eu un engagement écrit ?

Le contrat signé entre le CIO et Pékin ne contient rien à ce sujet. Il s’agit d’un document purement opérationnel, financier et logistique. Les Chinois n’ont pas fait de promesses spécifiques. Avant le vote, la délégation chinoise a dit ceci : « L’attribution des Jeux à la Chine va faire avancer l’évolution sociale du pays, y compris les droits de l’homme. » Ce n’est pas un contrat juridique, mais un engagement moral. Je l’ai rappelé au gouvernement chinois lors de notre dernière réunion. Au moment où Pékin a reçu les Jeux, nous avions le choix entre deux options : la première consistait à répéter constamment que ceci ou cela n’allait pas, un peu le langage des ONG, avec pour corollaire le fait que nous n’aurions pas eu de collaboration véritable avec la Chine, et que nous nous serions retrouvés avec de mauvais Jeux. La seconde option, qui m’a été conseillée par tous les spécialistes, était d’adopter une diplomatie silencieuse. C’est ce que nous avons fait. Dès ma première visite à Pékin, j’ai parlé des droits de l’homme. Nous avons continué durant sept ans. Nous avons obtenu non une révolution en la matière, mais quelques avancées. Nous nous sommes bien évidemment d’abord intéressés à tout ce qui avait un lien avec les Jeux. J’ai parlé de liberté de la presse et d’environnement. De surcroît, lorsque nous avons découvert que des usines fabriquant des

mascottes ou des vêtements pour les JO étaient soupçonnées d’employer des enfants, nous avons demandé aux autorités d’intervenir. Plusieurs directeurs ont été arrêtés, et une nouvelle législation pour protéger les droits de l’enfant est passée. Enfin, nous sommes intervenus pour qu’il y ait un traitement correct, sur le plan financier, des personnes expropriées.

Les Chinois ont donc tenu leurs engagements moraux ?

J’affirme simplement que les Chinois, dans les domaines que nous avons mis en avant, ont respecté leur parole.

Vous avez obtenu une plus grande liberté pour les journalistes étrangers. Pourquoi ne pas l’avoir demandé pour les journalistes chinois, qui demeurent soumis à une forte censure ?

Nous avons demandé aux Chinois que la loi soit la plus universelle possible. Mais nous faisons une différence très claire entre les limites d’influence et de pouvoir du CIO et la souveraineté des Etats.

Le Club des correspondants de presse basé à Pékin note toutefois une forte augmentation des incidents concernant des journalistes empêchés de faire leur travail. Cette liberté reste relative.

Il y a encore des imperfections. Nous avons insisté auprès du gouvernement pour qu’elles disparaissent lors des Jeux.

Récemment, Yang Chunlin et Hu Jia ont été arrêtés et condamnés à des peines de prison pour leurs écrits critiquant le manque de progrès des droits de l’homme à l’heure où la Chine accueille les Jeux. Ne s’agit-il pas d’une forme de provocation envers le CIO, et avez-vous plaidé la cause de ces dissidents ?

Non. Le CIO connaît ses limites. Nous défendons le principe général des droits de l’homme, sans entrer dans le domaine spécifique du monde de la politique qui relève de la prérogative des Etats souverains. Si la France ou les Etats-Unis ont quelque chose à dire, ils peuvent le faire. Le CIO est une organisation sportive.

Vous dites que Pékin a respecté son engagement moral envers le CIO. Or, les opposants chinois au régime et les ONG de défense des droits de l’homme constatent que la répression s’est aggravée depuis deux ans ?

C’est ce que l’on dit. N’étant pas un spécialiste, je fais confiance aux ONG, qui sont composées de gens sérieux. Je pense qu’il faut poser cette question : que se serait-il passé sans l’attribution des Jeux ? Il n’y aurait eu aucune avancée politique, pas de loi sur la liberté des médias, sur la protection des enfants au travail, sur la réduction de la pollution… Regardons les aspects positifs apportés par les JO, même si ce n’est pas parfait, je suis le premier à en convenir. S’il vous plaît, ne demandez pas au CIO de régler tous les problèmes de la planète, nous n’avons pas un tel pouvoir.

En revanche, la décision d’autoriser les athlètes à arborer le badge « Pour un monde meilleur » appartient à la commission exécutive du CIO. Qu’en sera-t-il ?

La liberté d’expression représente un droit fondamental, il n’y a pas à disserter là-dessus. Cela posé, il existe des espaces – le stade, le village olympique, le podium – que nous voulons sauvegarder de toute surenchère politique. Quand j’entends David Douillet, et d’autres avec lui, affirmer que le badge signifie que les athlètes ne sont pas indifférents à ce qui se passe en Chine, n’est-ce pas de la politique ?

Le badge sera donc rejeté ?

Je ne préjuge pas de l’avis de mes collègues, mais je dis que dans sa formulation actuelle, il a fort peu de chance de passer la rampe.

Les autorités chinoises prétendent elles aussi séparer sport et politique. Or, depuis sept ans, les Jeux font partie intégrante de la propagande officielle du régime. N’avez-vous pas le sentiment d’être instrumentalisé par le gouvernement de Pékin ?

La politique s’invite dans le sport sans y avoir été conviée, c’est vrai. On ne peut cependant pas empêcher un pays de se découvrir grâce à un événement comme les Jeux, sans pour autant admettre qu’il verse dans l’exploitation politique.

En l’espèce, il s’agit d’un régime autoritaire qui pose un problème moral.

A ce jour, je n’ai pas connaissance d’un exemple d’abus commis dans cet ordre d’idée par la Chine. Ce pays va évidemment montrer sa culture et son histoire millénaires, qui le lui reprocherait ?

Ce que nous évoquons figure dans le discours du Parti communiste, où les Jeux sont récupérés de façon permanente via des slogans, des affiches, etc.

Très franchement, je n’ai pas eu vent d’une pareille récupération. Puisque vous paraissez en être certains, je vais étudier cette question.

Sur un plan personnel, vous avez déclaré servir de « bouclier aux athlètes » et « prendre des coups à leur place ». Y étiez-vous préparé ?

Oui. Ce qui ne veut pas dire que j’ai apprécié de l’être ! Je suis le président : il m’incombe d’encaisser les critiques assénées sur l’organisation des Jeux. Ce qui est le cas via la déferlante médiatique selon laquelle nous n’avons pas assez vilipendé la Chine. En réalité, nous avons privilégié le dialogue tranquille et discret. Si j’étais monté sur les barricades en vociférant, j’aurais été le héros de l’Occident, et les Jeux seraient ratés. C’est aussi simple que cela. Nous nous sommes montrés fermes quant à nos demandes vis-à-vis de la Chine, sans clairon, ni compromission. Malheureusement, la pensée unique veut que si l’on ne crie pas contre les Chinois, on est un paillasson du régime.

Pourquoi ne pas avoir emprunté une voie médiane au chapitre de la communication, qui se situerait entre le silence et les gesticulations ?

Mais nous l’avons fait, y compris en amont des événements « tibétains » déclenchés le 14 mars. Il se trouve que ça n’intéressait personne. Regardez : notre document publié le 15 mars appelle à l’apaisement ; le 17, je déclare à Associated Press être très inquiet à propos de la répression au Tibet ; le 23, je dis officiellement que la violence est inacceptable, côté chinois comme côté tibétain. En revanche, ce que nous n’avons pas fait – et je le répète, c’eût été vitupérer la Chine inutilement – a été monté en épingle.

Avez-vous engagé des experts sinologues afin de vous seconder dans cette délicate communication ?

Nous discutons avec une agence de conseils dont le contrat sera finalisé d’ici une bonne semaine. Ecoutez, je suis le premier à admettre que nous n’avons pas bien communiqué au plan qualitatif. Mon analyse reste toutefois celle-ci : les médias nous ont seulement reproché de ne pas avoir été plus durs envers la Chine.

Cette crise présente-t-elle des aspects positifs à vos yeux ?

J’ai découvert avant tout qu’il existe une véritable unité au sein du mouvement olympique. Aucune dissonance n’a été enregistrée par rapport à mes positions. Ensuite, il me paraît établi que le CIO va devoir réfléchir d’une manière différente à son rôle dans la société. Nous nous battons concrètement contre la pauvreté, les conséquences des catastrophes naturelles, pour la promotion de la femme à travers le sport, la prévention des épidémies. Cela ne suffit plus. Nous devons maintenant songer à notre action en termes de droits de l’homme, en sachant où résident nos possibilités et nos limites.

Cela signifie-t-il qu’à l’avenir, le CIO n’attribuerait plus les Jeux à un régime autoritaire ?

Je ne ferai pas de rétrospective gratuite. Il faut savoir que le 13 juillet 2001, les trois critères qui ont conduit au choix de Pékin furent la qualité du dossier de candidature, le fait de donner les Jeux à un cinquième de l’humanité, et l’espoir que cet extraordinaire coup de projecteur contribuerait à ouvrir la Chine. A tort ou à raison ? Je vous donne rendez-vous d’ici deux ans pour tirer le bilan.

La morosité et la peur gagnent du terrain à Pékin

Pékin

DE NOTRE CORRESPONDANT

Installés sur la terrasse du « Drum and Bell », un bar dont la terrasse au milieu des branches d’arbres donne sur la place de la Tour du Tambour, l’un des joyaux de Pékin, trois jeunes sirotent bières et cocktails.

– « Bon, on fait quoi ces prochains soirs, maintenant que le Midi Festival a été annulé ? » s’interroge Shen Jing.

– « J’irais bien faire un tour dans Nanluoguxiang mais les flics font tous les bars de la rue avec des appareils photo pour vérifier s’ils sont tous aux normes, ça devient un peu rasoir », répond Olivier.

– « La dernière fois, ils ont mis une amende à un bar parce que “leurs bougies n’étaient pas aux normes”. Du grand n’importe quoi ! Et je ne parle pas des étrangers qui vont devoir dégager avant les JO parce qu’ils ne peuvent pas faire prolonger leurs visas… », conclut Shen Jing.

Les Jeux olympiques devaient transformer Pékin en une ville festive. C’est l’inverse qui se profile. Fermeture au mois d’août des bars, boîtes de nuit et restaurants de la rue branchée et animée située à côté du stade des Travailleurs, sous le motif qu’ils gêneraient la tenue des épreuves prévues dans l’enceinte ; visites appuyées et quasi quotidiennes des bars situés dans les nouveaux quartiers de sortie de la capitale ; contrôles tous azimuts des visas des étrangers, et des permis de résidence des Chinois ; limitation des visas touristiques à un mois, contre trois mois jusqu’alors, et des visas de travail ; enfin, annulation, il y a dix jours par la municipalité, du Midi Festival, devenu une institution à Pékin, et de toutes les festivités en plein air devant rassembler du monde au cours des cinq prochains mois.

Fabien Canu, l’ancien judoka devenu directeur de la préparation olympique et paralympique française s’inquiétait lors de sa venue il y a un an et demi : « Je doute de la capacité de Pékin à réussir ses jeux en dehors des stades. Ils ne resteront dans les mémoires comme des Jeux réussis que si c’est la fête. Et cela ne s’annonce pas du tout gagné. »

Jiang Shi, sa bouteille de Tsingtao à la main, semble du même avis : « C’est comme si les autorités voulaient transformer Pékin en ville morte. »

Une bombe

dans une voiture

L’explication s’avère plus complexe. Interpol a révélé la semaine dernière que des plans de Pékin avaient été saisis en décembre lors de l’arrestation de supposés terroristes en Indonésie. Des membres de la police chinoise assurent que ces plans seraient ceux des sites olympiques. Le comité d’organisation et l’Etat chinois ont pris peur. Ils se croient désormais dans la ligne de mire d’Al Qaïda et de la Jemaah Islamia, ces groupes étant aidés par des indépendantistes ouïgours, une ethnie majoritairement musulmane qui vit dans la province occidentale du Xinjiang.

Pour prévenir tout danger, Pékin vient d’interdire le transport de tout produit liquide sur les vols intérieurs, allant au-delà des mesures de sécurité internationales. La découverte ces derniers jours d’une bombe dans une voiture garée sous une porte d’accès du nouveau terminal de l’aéroport de Pékin – une information pas encore rendue publique mais confirmée par des employés du terminal – a du renforcer leurs craintes. A moins que ces informations ne soient que des éléments d’une vaste opération de propagande pour justifier une mise en Etat d’urgence qui interdirait le déploiement les manifestants pro-Tibet libre et pro-Falungong ? Tout est possible en Chine.