Technologies Cartes à puces sans frontières FINREAD crée la confiance pour le commerce électronique

JENNOTTE,ALAIN

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Samedi 14 juillet 2001

Technologies Cartes à puces sans frontières FINREAD crée la confiance pour le commerce électronique

L'Europe approuve une norme de transaction qui s'appliquera aux cartes à puces. De quoi (enfin) rassurer le consommateur, qui rechigne à faire ses courses en ligne.

ALAIN JENNOTTE

Si le commerce électronique tarde à décoller, c'est notamment parce que la confiance n'existe pas vraiment au sein du couple que constituent le vendeur et l'acheteur sur l'internet. Pour favoriser la création d'un tel climat de confiance, un norme européenne, imaginée par les principaux développeurs de solutions de paiement électronique, parmi lesquels Banksys, Europay International et Visa, vient d'être approuvée par le Comité européen de normalisation. Cette norme, baptisée FINREAD, définit les spécifications de lecteurs sécurisés de cartes à puces ou «smart cards».

Un tel standard faisait encore totalement défaut. C'est le constat que pose le commissaire européen à la société de l'information, Erkki Liikanen. Alors que le secteur de l'informatique et des télécommunications connaît des avancées considérables, l'absence de solutions bon marché se fait toujours sentir pour tout ce qui concerne l'authentification dans le commerce électronique. C'est la raison pour laquelle la Commission a décidé de soutenir l'usage de FINREAD pour le développement de telles infrastructures d'authentification.

Représentation électronique

du propriétaire

Ces cartes intelligentes qui utilisent les ressources d'une puce informatique sont assez paradoxalement peu utilisées sur l'internet, alors qu'elles sont de plus en plus présentes dans des objets d'usage quotidien comme les GSM ou certaines cartes de paiement. Elles pourraient pourtant jouer un rôle essentiel comme «représentation électronique» de leur propriétaire, tout en augmentant la sécurité et le respect de la vie privée, ajoute Erkki Liikanen.

Destinée dans un premier temps aux lecteurs de cartes à puce, le concept de FINREAD devrait évoluer pour s'adapter à d'autres environnements comme les claviers d'ordinateurs, les GSM ou les «SetTop boxes», les petits boîtiers destinés à l'accès au Net par la télévision.

Compatibilité

confisquée

En Belgique, Banksys commercialise déjà depuis trois ans un lecteur de cartes à puces, CZAM/PC, qui permet d'utiliser la puce présente sur la carte Proton. Selon Banksys, le système répond parfaitement aux contraintes de sécurité de FINREAD mais il lui manque par contre la compatibilité avec d'autres systèmes de paiement. Lorsqu'un lecteur FINREAD sera introduit sur le marché européen, nous pourrons y adapter nos applications, explique-t-on chez Banksys. Qui estime cependant qu'à l'heure actuelle, le lecteur CZAM/PC suffit parfaitement à rencontrer les besoins du marché belge.

Et c'est bien le piège qui attend FINREAD au tournant: tant que chaque vendeur de solution de paiement hésitera à la rendre compatible avec ses propres applications, la norme européenne risque bien rester une coquille vide condamnée à rejoindre des kilos d'autres spécifications dans le grand cimetière des protocoles oubliés.