Télécoms La France ouvre ses appels locaux à la concurrence La perte de monopole n'inquiète pas France Télécom

AFP

Page 47

Samedi 5 janvier 2002

Télécoms La France ouvre ses appels locaux à la concurrence La perte de monopole n'inquiète pas France Télécom

Depuis le 1er janvier, les Français peuvent choisir leur opérateur téléphonique pour les appels dans leur département.

France Télécom a perdu mardi son ultime bastion, avec l'ouverture officielle à la concurrence le 1er janvier des appels locaux. Un marché qui représente 10 % de son chiffre d'affaires dans le téléphone fixe et devant lequel piaffent déjà d'impatience ses concurrents : Cegetel, Tele2 et 9Telecom. Ceux-ci n'étant pas encore tout à fait prêts techniquement pour ce basculement, ce n'est qu'à compter du 9 janvier que les consommateurs pourront choisir entre ces quatre opérateurs pour acheminer leurs appels locaux. Un changement qu'on abordait lundi à France Télécom avec sérénité.

Il est vrai que l'opérateur public a déjà vu son monopole passablement écorné en 1998 avec l'ouverture à la concurrence des appels nationaux et internationaux. Depuis cette date, les clients de Cegetel (groupe Vivendi), Télé2 ou 9Télécom (Telecom Italia) avaient déjà deux solutions à leur disposition pour téléphoner hors de leur département ou à l'étranger. Ils pouvaient tout d'abord opter pour la présélection automatique d'un seul opérateur, qui se chargeait ainsi automatiquement d'acheminer tous leurs appels longue distance. Quelque 2,1 millions de personnes, soit 6 % des 34 millions de lignes téléphoniques françaises, ont choisi cette solution, selon l'Autorité de régulation des télécommunications (ART). Sauf refus explicite de leur part, ceux-là devraient voir leurs appels locaux pris en charge automatiquement par l'opérateur ainsi choisi le 9 janvier. Près de 4,8 millions de Français avaient en revanche opté pour un service sur mesure, appel par appel, avec changement d'opérateur à volonté.

Ajouter le préfixe

du numéro de téléphone

Mais il leur fallait pour cela composer les quatre numéros d'identification de l'opérateur avant les dix numéros traditionnels. Un casse-tête qu'ils pourront désormais s'épargner à compter du 9 janvier, puisqu'il suffira désormais d'ajouter le préfixe du numéro de téléphone : 4 pour Tele2, 7 pour Cegetel, 9 pour 9Telecom et 8 pour France Télécom.

Un service à la carte qui n'inquiète guère France Télécom. On sera choisi. On n'est plus imposés et ça c'est une très bonne chose, se réjouit même Patrick Thielmans, porte-parole du groupe, en se disant confiant sur les capacités de l'opérateur public à résister à la concurrence. Dans la plupart des cas, les communications locales ne durent pas plus d'une minute. Or, à ce niveau-là, notre positionnement est excellent. A priori, France Télécom devrait rester moins cher pour les communications locales brèves, les opérateurs privés prenant l'avantage quand les appels s'allongent. Le choix risque d'être ardu pour des consommateurs vite perdus dans le maquis des offres tarifaires. Entre appels locaux, nationaux et internationaux, le décryptage des factures pourrait devenir quasiment mission impossible pour ceux qui auront choisi de jongler entre les opérateurs. Reste une certitude : les utilisateurs de téléphone fixe devront toujours régler un abonnement mensuel de 10,49 euros à France Télécom, qui continuera d'assurer le raccordement physique de l'abonné et d'acheminer les communications vers les numéros spéciaux et les services d'urgence. (AFP.)