TF 1 Thierry Roland prend la plume et conserve l'antenne «Luc Varenne est mon idole»

LAUWENS,JEAN-FRANCOIS

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Mardi 22 janvier 2002

TF 1 Thierry Roland prend la plume et conserve l'antenne «Luc Varenne est mon idole»

Le monsieur foot de TF 1, l'ami de Jean-Mimi a couché ses nombreux et pittoresques souvenirs dans un livre intitulé «La Balle au centre». Dans son panthéon, les gloires de notre radio-télé.

JEAN-FRANÇOIS LAUWENS

A près de 65 ans, Thierry Roland commentera l'été prochain sa 11e Coupe du monde. Sa dernière, pensait-on, puisqu'il est arrivé à l'âge où l'on écrit ses mémoires (ce qu'il vient de faire) plutôt que de bourlinguer à travers le Japon et la Corée du Sud.

Moi, aussi, confesse-t-il, je pensais que ce serait ma dernière Coupe du monde mais, comme TF1 vient de faire un effort financier gigantesque pour s'offrir les droits de la Coupe du monde 2002 mais aussi de celle de 2006, on nous a demandé, à Jean-Michel Larqué et à moi, d'officier également en Allemagne. Mais, là, ce sera vraiment la der des ders car nous aurons 150 ans à nous deux!

Le livre qu'il vient de publier fait évidemment la part belle au football mais l'auteur n'y cache rien de ses égarements (il s'explique sur certains de ses dérapages les plus célèbres) et s'y révèle tel qu'il est: bon enfant, accessible et attachant. Car voilà une authentique star de la télévision, énervante par certains côtés mais extraordinairement populaire, mais qui n'a pas succombé au célèbre adage «La télé rend fou».

Même s'il salue ses glorieux aînés, Thierry Roland ne verse pas dans l'angélisme

Dans la galerie de portraits décrits dans son livre, on croise évidemment les géants de la radio-télévision françaises, les Chapatte, Couderc, Marcillac ou Briquet, qui lui ont donné le virus du journalisme sportif. Viré de même que Drucker, Pottecher, de Closets ou Darget, en mai 68 sur ordre du général de Gaulle, il avoue avoir été déçu alors par l'attitude d'un Marcillac ou d'un Collaro.

On l'a compris, même s'il salue ses glorieux aînés, Thierry Roland ne verse pas dans l'angélisme. Avouant une passion pour Philippe Bouvard (il a mis ce qu'il appelle lui-même mon rire à la con au service des «Grosses Têtes»), il nous glisse ainsi avoir refusé l'invitation de Marc-Olivier Fogiel.

Je lui ai dit que je ne pouvais pas accepter la façon goujate dont il avait traité Bouvard. Dans son livre, Roland dépeint aussi Léon Zitrone comme une personnalité lâche et hypocrite, un personnage souffrant de l'hypertrophie de l'ego .

En revanche, et cela n'est pas dans son livre, Thierry Roland voue une véritable passion pour quelques-uns de ses collègues belges: Arsène Vaillant, avec qui je partage une passion pour le foot anglais, Roger Laboureur, qui me disait toujours: «Vous commencez à avoir une équipe, en France», et surtout Luc Varenne, qui est mon idole depuis que, tout petit, je le voyais faire équipe au Tour de France avec Georges Briquet, son équivalent français.

«Je lui ai dit que je ne pouvais pas accepter la façon goujate dont il avait traité Bouvard»

C'est sans doute la seule personne dans ce milieu sur laquelle je n'ai jamais entendu la moindre critique. Toute la Belgique semble l'aduler. On confirme...

Thierry Roland, «La Balle au centre (mémoires)», Flammarion.