THEO WAIGEL,HANS TIETMEYER ET ALEXANDRE LAMFALUSSY AU BUNDESTAG,UEM: UN TRIO DE CHOC FACE AUX DEPUTES ALLEMANDS

AFP

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Jeudi 30 novembre 1995

Theo Waigel, Hans Tietmeyer et Alexandre Lamfalussy au Bundestag

UEM : un trio de choc face aux députés allemands

Deux jours après avoir présenté son pacte de stabilité à ses collègues de l'Union européenne, le ministre allemand des Finances, Theo Waigel, s'est efforcé, hier, de convaincre les députés allemands que la future monnaie unique serait aussi stable et sûre que le Deutsche Mark.

Theo Waigel, flanqué de Hans Tietmeyer, le président de la Bundesbank, la banque centrale allemande, et d'Alexandre Lamfalussy, président de l'Institut monétaire européen (la future banque centrale européenne), a planché pendant plus de quatre heures devant les commissions des Finances et des Affaires européennes du Bundestag, la chambre basse du parlement de Bonn. Face aux députés relayant les inquiétudes de l'opinion publique allemande, le trio improvisé a joué à l'unisson une partition tout à la gloire de la stabilité monétaire.

Theo Waigel a assuré que tous les pays de l'Union ont été d'accord sur le fond avec le pacte de stabilité qu'il leur a présenté en début de semaine à Bruxelles. C'est une réaction positive que je pouvais difficilement m'imaginer il y a encore quelques mois ou quelques semaines, s'est-il félicité. Le pacte de stabilité, qui prévoit des sanctions financières automatiques pour les mauvais élèves de la rigueur, demandera un effort supplémentaire aux participants de la monnaie unique, afin de faire tomber les déficits publics aux alentours de 1 % du produit intérieur brut (PIB).

Pour sa part, Hans Tietmeyer a promis qu'il allait s'engager pour que la future banque centrale européenne adopte largement la même palette d'instruments monétaires que la Bundesbank. On ne peut pas jeter les instruments avec lesquels on a engrangé tant de succès dans le passé», a-t-il répondu à un député, qui rappelait que presque sept Allemands sur dix refusent encore l'idée d'abandonner le Mark.

Alexandre Lamfalussy enfin, perçu comme le porte-voix de l'Europe, a assuré aux représentants du peuple allemand que toute l'action de l'Institut monétaire européen, à l'heure de choisir les participants à la monnaie unique, serait guidée par le souci du long terme. Il nous faudra d'abord évaluer par les chiffres si les pays remplissent les critères de Maastricht, a-t-il dit, mais ensuite, il nous faudra regarder derrière ces chiffres, pour tenter d'évaluer la stabilité des critères à long terme.

Le ministre allemand des Finances a également réaffirmé qu'il n'est pas question, à ses yeux, de choisir les participants à la monnaie unique dès la fin 1997, sur la base de données provisoires, comme le réclame la France. La décision du Conseil européen doit être prise le plus tôt possible, début 1998, sur la base de données réelles de 1997, a-t-il conclu. (AFP.)