Thérapie génique contre la nicotine

SOUMOIS,FREDERIC

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Mardi 10 juillet 2012

Dépendance Un anticorps se lie à la nicotine avant que celle-ci n’atteigne le cerveau

Des chercheurs américains ont mis au point une thérapie génique permettant de guérir la dépendance à la nicotine efficace sur les souris, ce qui pourrait ouvrir des pistes au sevrage tabagique pour les fumeurs humains qui désirent s’affranchir de la consommation de tabac.

Selon cette étude, publiée dans « Science Translational Medicine », la thérapie génique avec production d’un anticorps contre la nicotine empêche cette molécule d’entrer dans le cerveau et « cette approche représente un nouveau traitement potentiel de la dépendance au tabac ».

Lorsqu’un fumeur inhale, la nicotine passe des poumons dans le sang en quelques secondes. La drogue arrive ensuite au cerveau et agit sur des récepteurs cérébraux de la récompense, déclenchant des sensations de plaisir qui conduisent la personne qui fume à allumer ensuite une autre cigarette.

Les scientifiques ont récemment exploré l’idée d’un vaccin contre la nicotine qui bloquerait son entrée dans le cerveau, mais « ce n’est pas très efficace dans le cas de la nicotine », soulignent les auteurs de l’article.

Des chercheurs du Cornell Medical College de New York ont donc utilisé une technique alternative, en utilisant la séquence génétique d’un anticorps contre la nicotine. Ils l’ont introduite dans un vecteur de thérapie génique, puis l’ont injecté à des souris dépendantes de la nicotine. Le foie des animaux ainsi traités produit en permanence l’anticorps « anti-nicotine ». Ces anticorps circulent alors dans le sang et se lient à la nicotine, l’empêchant d’accéder au cerveau.

Selon la conclusion de l’article de « Science Translational Medicine », les chercheurs prévoient dans leurs prochaines expériences de tester leur thérapie génique chez le rat et des primates non humains.