Theunisse en sursis

DEBLANDER,BRUNO

Page 25

Mercredi 30 mai 1990

Theunisse en sursis

Ils ont décidé de ne pas décider. Réunis à Brescia, les représentants de l'UCI et les directeurs sportifs se sont quittés en promettant de se revoir lors de la réunion du comité directeur de l'UCI, fixée à la mi-août à Tokyo et d'envisager, à cette occasion, la sanction prise à l'égard de Theunisse, convaincu de dopage à l'issue de la Flèche wallonne.

Le coureur néerlandais s'en tire donc à bon compte. Contrôlé positivement, le 11 avril dernier, à Huy, il avait fait l'objet d'un autre contrôle positif, moins de deux ans auparavant, au Tour de France. Il risquait donc une suspension de six mois ferme. Mais il invoquait un vice de procédure lors du contrôle de juillet 1988, la Fédération néerlandaise n'ayant pas reçu de communication des sanctions, pour échapper à celle-ci. C'est également derrière cette péripétie que se retranchait l'UCI pour ne rien décider et susciter ainsi la colère de l'Association internationale des groupes cyclistes professionnels qui, avant la réunion de lundi soir, menaçait de boycotter le Giro.

Mais elle le fera pas. Lors de l'entrevue de Brescia, en effet, l'UCI lui a, en effet, rappelé qu'elle ne pouvait décider, pour l'instant, de suspendre Theunisse pour six mois ferme car il y avait beaucoup d'erreurs commises tant par la Fédération française de cyclisme que par l'UCI. Hein Verbruggen a notamment déclaré qu'il était clair pour lui que Theunisse avait été positif à deux reprises, mais qu'il échappait à des sanctions pour des raisons administratives. Il a souligné la responsabilité de la Fédération française et a rappelé d'autres cas de coureurs positifs, non punis pour des raisons similaires.

Les directeurs sportifs réclamaient, eux, certaines explications. Ils les ont eues.En attendant la mi-août...

Br. D.