Toujours plus de culture

BODEUX,JEAN-LUC

Page 8

Vendredi 14 décembre 2007

Luxembourg 2007 Pérenniser des lieux et des collaborations

Luxembourg Grande Région, capitale européenne de la culture, c’est fini. Mais 2007 (re)commence en 2008.

Depuis samedi, on a tiré le rideau sur l’événement culturel de l’année 2007 en Grande Région. Mais les acteurs culturels et politiques de la capitale luxembourgeoise et de la Grande Région ont envie de pérenniser des collaborations, des lieux, des projets.

C’est dire s’ils sont satisfaits de cette année qui a vécu de beaux moments. Regrets wallons, notamment dans le sud de notre province, on n’a pas vraiment profité de l’image et des retombées du « cerf bleu », l’emblème de l’année. Robert Garcia, coordinateur général de cette année, reconnaît que la collaboration avec la Wallonie a été globalement plus difficile qu’avec la Lorraine et la Rhénanie, même s’il y avait de l’originalité et de l’ambition. Pour des raisons politiques et géographiques. « L’interlocuteur, c’était le Commissariat général aux relations internationales, à Bruxelles. Il eut été plus évident d’avoir un point de chute et un interlocuteur direct à Arlon. La Rhénanie a travaillé de cette manière, choisissant la proximité avec Trèves plutôt que Mayence. D’autre part, la Communauté française n’a pas choisi la facilité, puisque seuls des projets novateurs et transfrontaliers ont été retenus. C’est très bien, mais personnellement, je pense que les festivals d’été, qui sont une belle carte de visite de la Wallonie (Chassepierre, Esperanzah, etc) auraient pu bénéficier aussi du label pour trouver un autre public. »

Mais on ne refait pas le passé. A l’image du Grand-Duché qui se tourne résolument vers l’avenir. Si tout n’est pas décidé, il y a déjà de belles pistes. Durant cette année, la coordination générale « Luxembourg 2007 » a en effet investi de nouveaux sites temporaires, notamment des friches industrielles qui étaient vouées à la destruction après la fête, hormis les rotondes, derrière la gare de Luxembourg.

En 12 mois, les choses ont changé. « Le démantèlement a fait place à des perspectives prometteuses de sauvegarde et de pérennisation, du moins à moyen terme. Un revirement dû à l’étonnante acceptation de ces lieux insolites par le public, mais surtout à la politique déterminée du ministère de la Culture », note Robert Garcia.

Ainsi, les deux rotondes, bâtiments classés, deviendront à terme de nouveaux lieux culturels. Mais pas avant mi-2010, car il y a lieu de décontaminer définitivement ces sites. Il est prévu de faire fonctionner entre-temps une structure de transition, l’Espace Paul Wurth, non loin de la salle de concerts L’Atelier, afin de pérenniser l’esprit des manifestations ayant eu lieu aux rotondes. L’espace sera géré par une ASBL qui bénéficiera d’une dotation d’un million et demi d’euros pour 2008. Le bar « Exit 07 », très branché, sera normalement transféré là en attendant…

Mais ce n’est qu’un exemple : le centre de production et de création artistique de Bonnevoie, dédié à la danse contemporaine, a lui aussi trouvé son public. Il deviendra lieu de création et de répétition. Les aciéries de Dudelange, destinées à la démolition, vont revivre. Elles ont servi comme lieu d’exposition, dont « ReTour de Babel », expo phare qui parlait des migrations à la lumière du développement économique, social et culturel en Grande Région. Le gouvernement vient de donner son accord pour que l’aciérie serve de studio pour la production audiovisuelle au Luxembourg.

Les Soufflantes d’Esch-Belval ont aussi été le théâtre d’une exposition hors norme, « All we need », vaste réflexion sur les besoins humains et la consommation mondiale. Cette immense structure de béton et d’acier constitue à la base une réserve d’aménagement pour une future extension de l’université de Luxembourg qui doit s’installer là.

Un espace de 3500 m2 devait être dédié au stockage de réserves des musées. Au printemps, un séminaire international étudiera si des perspectives d’aménagement pour d’autres expos sont possibles, ou s’il faut démanteler.

En sus de ces lieux qui vont évoluer, des projets mis en place pour Luxembourg 2007 vont continuer leur vie, souvent de façon transfrontalière. En termes de théâtre (dans la foulée du festival interrégional Total Théâtre), de danses (Dance Palace), d’environnement (expo Best of nature), de confrontation d’artistes interdisciplinaires, de festival de cinéma, festival d’humour, de théâtre jeunes publics, dans la foulée de « Traffo », de spectacles grandioses, comme les citadelles du feu. Notamment. Tout cela connaîtra des reconductions dans les années à venir.

Y a-t-il des synergies avec des structures de notre province ? Dans ce foisonnement d’initiatives, nous avons relevé deux collaborations futures, en matière de photographie avec le Centre d’art contemporain du Luxembourg belge, et d’improvisation théâtrale, avec la maison de la culture d’Arlon.

C’est peu, mais c’est déjà ça.