« C’était un village à lui tout seul »

ATTOUT,XAVIER

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Vendredi 13 novembre 2009

Tourinnes-la-Grosse Soirée d’hommage ce vendredi à Max van der Linden

L’homme qui faisait des étoiles avec de la boue, raconte le chanteur Julos Beaucarne en évoquant son ami Max van der Linden. C’est avec de la terre aux pieds et aux mains qu’il a modelé son monde de saintes et de saints, de pauvres et de riches, de jeunes et de vieux. (…) Max a côtoyé tous les mondes, il marche encore dans nos mémoires à la lisière de souvenirs impérissables. »

Max van der Linden, « Miqui » pour ses amis, s’en est allé le 25 novembre 1999 à l’âge de 79 ans. Déjà une décennie que ce céramiste de renom, qui a habité Nodebais (Beauvechain) pendant quarante-cinq ans, a laissé les Fêtes de la Saint-Martin se développer sans lui. Pour rendre hommage à son talent artistique et à ce don qu’il avait de rassembler les gens, une soirée lui est dédiée ce vendredi à la Franche Comté dans le cadre des Fêtes. Les spectateurs pourront se replonger dans son œuvre à travers le documentaire « La terre de Max », réalisé par Eric de Moffarts et diffusé pour la première fois en public. Ce film sera suivi par un concert reprenant les musiques du film, interprétées par l’Orchestre de Chambre de la Nethen. Enfin, la soirée se terminera par une projection de diapositives et divers témoignages des amis de Max.

« J’ai commencé ce film quelques mois avant sa mort, explique le réalisateur par Eric de Moffarts. Depuis des années, j’étais intéressé par son œuvre. J’avais découvert ses céramiques par hasard. Il y avait quelque chose de particulier qui se dégageait de son travail, que l’on ne retrouvait nulle part ailleurs. J’ai eu la chance de filmer Max, peu de temps avant sa mort, durant quelques heures quand il travaillait dans son atelier de la Ferme d’Agbiermont. Ce documentaire reprend donc des images inédites, de nombreux témoignages et il permet aussi de retracer son parcours artistique. C’est un portrait à plusieurs pinceaux. Il a mis du temps à voir le jour, mais je suis satisfait du résultat ! »

« Il voulait partager le beau »

Dans cette boîte à souvenirs que l’on pourra découvrir ce vendredi, les spectateurs pourront également y piocher un ouvrage publié par le Centre culturel du Brabant wallon. Dans « Max van der Linden, terres fertiles », cinq amis ou admirateurs qui l’ont côtoyé de près y livrent chacun un témoignage intéressant. Une manière de mieux percevoir qui était cet homme apprécié de tous.

« C’était un rassembleur, se souvient Guibert Catoire, le président des Amis de Tourinnes. Il a choisi les artistes invités à la randonnée d’artistes pendant près de 35 ans. Il voulait partager le beau avec les gens, que ce soit dans la musique ou les arts plastiques. C’est lui qui a amené l’art contemporain à Tourinnes. Il l’a fait descendre des musées. »

Dans le village, rares sont les habitants qui critiquent cet homme. Il savait, par un sourire ou un bon mot, se faire apprécier. « C’était un héraut solitaire et modeste, plus proche du paysan que de la haute, plus disert en amitié que prolixe en belles manières, note le critique d’art Roger Pierre Turine dans le livre du Centre culturel du Brabant wallon (CCBW). Échanger une heure ou deux avec Miqui dans son atelier, c’était s’ouvrir sur des lendemains libres et chaleureux. Miqui n’était-il pas un village à lui tout seul. »

Pour les amateurs, les céramiques de Max van der Linden, disséminées aux quatre coins du village, feront l’objet d’un fléchage particulier durant les Fêtes. Ajoutons que dès la mi-novembre, le CCBW organisera des animations de découverte de l’artiste au sein du tissu culturel et associatif brabançon. Au programme : conférence, présentation de l’ouvrage et projection du documentaire.