TRACTEBEL AU CHEVET DE DEUX CENTRALES RUSSE ET UKRAINIENNE LE NUCLEAIRE BELGE S'EXPORTE A L'EST

VANESSE,MARC

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Samedi 11 septembre 1993

Tractebel au chevet de deux centrales russe et ukrainienne

Le nucléaire belge s'exporte à l'Est

Les centrales nucléaires de l'Est sont fatiguées. Du moins, certaines d'entre elles... Il aura malheureusement fallu attendre un certain 26 avril 1986 pour se rendre compte à quel point une faiblesse de conception associée à des erreurs humaines pouvait entraîner ce qui est resté le plus grave accident de l'histoire mondiale du nucléaire civil: la catastrophe de Tchernobyl. Il y a cinq mois en Sibérie, une cuve de matières radioactives explosait dans l'usine du complexe militaro-industriel de Tomsk. Une nouvelle fois, les regards se sont tournés, crispés et accusateurs, au-dessus de la ligne d'horizon jadis tracée par le mur de Berlin.

La conception manichéenne du globe est aujourd'hui révolue pour laisser place à des collaborations entre industriels de l'Est et de l'Ouest. Sous l'impulsion de la Commission européenne et de Wano (World Association of Nuclear Operators, l'association regroupant les principaux industriels du nucléaire civil), une série de projets d'entraide ont été lancés dans le but de soutenir les pays de l'Est, tant du point de vue financier que technologique, et de remettre à niveau ces parcs atomiques qui effrayent tant l'Occident. Sans parler de l'appréhension des populations locales, comme celle des environs de Tchernobyl, qui ont payé trop cher le prix de leur indépendance énergétique...

Parmi les spécialistes de l'atome, appelés à la rescousse dans le but d'améliorer la sécurité de huit centrales, les Belges ont conquis leur place. C'est ainsi qu'au terme d'une procédure entamée depuis plusieurs mois, Tractebel Ingénierie prendra en charge la centrale de Kalinin en Russie, en s'adjoignant les services d'Électrabel. Et parallèlement, Tractebel épaulera les techniciens espagnols (Unesa) dans le cadre d'une action destinée à améliorer la centrale ukrainienne du site de South Ukrainia.

Ces deux centrales comportent chacune trois réacteurs à eau pressurisée (NDLR: de conception proche des réacteurs occidentaux) de 1.000 megawatts, précise Guy Frederick de Tractebel. Nos équipes seconderont les exploitants sur place dans les modifications qu'ils souhaitent implanter. Des électriciens italiens et hollandais apporteront également leur concours au projet. Pour la première fois, la CEE a admis que 40 % de son budget d'assistance aux républiques indépendantes (160 milliards de FB) soient consacrés à l'achat de matériel et non plus exclusivement en études.

Par ailleurs, Belgatom (filiale de Tractebel et Belgonucléaire), en consortium avec des sociétés espagnoles et anglaises, a remporté neuf contrats dans des domaines d'expertises variés (modernisation des réacteurs, durée de vie...) qui pourraient représenter 20.000 heures d'études pour la société belge.

M. V.