Transport aérien La société de contrôle aérien a terminé 2001 en bénéfice Belgocontrol évite le rouge

DEMONTY,BERNARD; BRENY,RENE

Page 12

Mercredi 22 mai 2002

Transport aérien La société de contrôle aérien a terminé 2001 en bénéfice

Belgocontrol évite le rouge

L'entreprise publique de contrôle aérien réalise un bénéfice de 5,7 millions d'euros malgré la faillite de la Sabena. Elle éprouve à présent des problèmes de sureffectif.

BERNARD DEMONTY

Quelle entreprise du secteur aérien aurait pu prévoir qu'en un an, elle connaîtrait la récession, les attentats du 11 septembre et la faillite de deux compagnies aériennes, City Bird et la Sabena ? Certainement pas Belgocontrol, l'organisme public chargé du contrôle aérien au-dessous de 8 kilomètres d'altitude, en Belgique.

Pourtant, cette société a évité la plongée dans le rouge. Durant cette année noire que fut 2001, elle est parvenue à réaliser un bénéfice de 5,7 millions d'euros, en recul de 2,1 millions par rapport à l'année précédente. Les recettes provenant des droits d'atterrissage ont chuté, explique Jean-Claude Tintin, l'administrateur délégué de Belgocontrol. La baisse s'élève à 15,27 %.

Ce recul des recettes est évidemment dû au net ralentissement de l'activité aérienne. Il existe une seconde raison à ce mouvement baissier, précise Jean-Claude Tintin. Nous avons réduit nos tarifs durant la même période, afin d'assurer le développement de l'aéroport, ce qui a occasionné une baisse des revenus de 5,4 millions d'euros.

Belgocontrol a toutefois relevé les droits demandés aux compagnies pour leur survol du territoire belge (dites redevances « en route »). Au total, le chiffre d'affaires a finalement augmenté de 3,41 %. Il s'établit à 158,9 millions d'euros. Signalons également que le contrôleur a subi un manque à gagner de 3 millions d'euros, provenant de créances impayées sur la Sabena et City Bird. Ces montants devraient toutefois être récupérés dans le courant de l'année 2003, par voie d'une augmentation des tarifs « en route » demandés aux compagnies aériennes.

Nous sommes très heureux d'avoir pu nous maintenir en bénéfice au terme de cette année particulièrement difficile, a commenté Jean-Claude Tintin. D'après nos prévisions, nous devrions encore dégager du profit cette année, mais nous ne serons plus très loin de la ligne de flottaison.

Le patron public a également diffusé, mardi, des statistiques concernant le nombre de mouvements à Bruxelles-National en 2001. Elles permettent de mesurer l'impact de la faillite de la compagnie nationale. Le nombre de mouvements est passé de 326.000 à 306.000 en un an, soit une baisse de 6 ,3 %, après 10 ans de hausse ininterrompue. Entre octobre et novembre 2001, mois de la faillite de la Sabena, les décollages et atterrissages sont passés de 26.910 à 19.344.

Belgocontrol doit à présent réagir à cette baisse d'activités. Elle a, en effet, entraîné un sureffectif, notamment à la tour de contrôle de Bruxelles-National. Jean-Claude Tintin a, dès lors, décidé de mettre en place un système de récupération des heures supplémentaires accumulées jusqu'à la faillite de la Sabena. Aucune réduction de personnel n'est à l'ordre du jour, parce que les dirigeants de Belgocontrol estiment que la reprise du trafic aérien devrait permettre d'occuper à nouveau tout l'effectif.·