Transport aérien Tension politique à la commission Sabena

DEMONTY,BERNARD

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Mardi 17 décembre 2002

Transport aérienTension politique à la commission Sabena

BERNARD DEMONTY

J'en ai ras le bol. La commission d'enquête parlementaire sur la Sabena est en train de devenir un grand jeu politique ! Ce député est sorti très irrité du Relais du Marquis, à Ittre, un hôtel où les membres de la commission devaient déterminer, le week-end dernier, les responsabilités dans la faillite de la Sabena et émettre des recommandations. Celles-ci doivent figurer dans un rapport qui sera débattu à la Chambre à la mi-janvier.

D'après lui, les parlementaires CD&V et VLD s'opposent en permanence sur les personnes à incriminer. Le VLD protège Rik Daems, ministre des Participations publiques, et Guy Verhofstadt, Premier ministre, tandis que les chrétiens flamands ne veulent pas que le précédent gouvernement, que dirigeait Jean-Luc Dehaene de 1995 à 1999, soit pointé du doigt.

Un autre commissaire confirme. C'est la première fois que nous discutions des responsabilités. Il n'est pas faux que le VLD souhaite considérer l'achat des Airbus, en 1997, comme l'élément déterminant de la faillite. Le CD&V, de son côté, a tendance à considérer que le gouvernement Verhofstadt a très mal géré la crise et n'a pas réussi à éviter la faillite.

D'après les deux témoins, le débat a également fait rage lorsque fut évoqué l'accord de l'Astoria, conclu durant l'été 2001. Cet accord a été conclu par Guy Verhofstadt et Johan Vande Lanotte, ministre SP.A du Budget avec Mario Corti, patron de Swissair. Par cet accord, Swissair promettait de réinjecter 240 millions d'euros dans la Sabena. Cette promesse ne fut jamais honorée. Le VLD et le SP.A refusent à tout prix que l'on considère Guy Verhofstadt et Johan Vande Lanotte comme administrateurs de fait. Il est vrai que cela pourrait, éventuellement, engager leur responsabilité civile, dit le deuxième parlementaire.

Le premier député estime, lui, que le débat est biaisé. On ergote pour le moindre paragraphe, dit-il. Nous avons même dû renoncer à rédiger le rapport avec des rubriques évaluant la responsabilité de chaque acteur, nommément période par période. Nous avons décidé de ne faire qu'un texte, nécessairement moins précis.

Le président de la commission, Raymond Langendries (CDH), minimise. Je ne comprends pas ce que cherchent ceux qui disent que les débats sont politisés. Il y a certes eu quelques accrochages, mais cela ne me paraît pas anormal. Nous venons juste de commencer le chapitre sur les responsabilités et nous disposons d'une semaine pour l'achever. Quant à la manière de présenter le rapport, elle a été adoptée à l'unanimité. Sans nier les échanges musclés, Servais Verherstraeten, député CD&V, parle lui de divergences de vues normales, dans toute discussion politique. Nous arriverons à une position commune, ajoute-t-il.

Seule la lecture du rapport permettra, en définitive, d'évaluer si les conclusions sont conformes à la vérité, telle qu'elle est apparue lors des audiences, peu politisées et heureusement publiques.·