Deux milliards d’euros pour les priorités du rail wallon

RENETTE,ERIC

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Jeudi 27 octobre 2011

Transports La Wallonie doit adopter son « plan ferroviaire »

Le rail est une réponse économique et écologique à l’engorgement du réseau routier. La Wallonie voudrait en faire un de ses atouts. Pour cela, elle veut établir des priorités ferroviaires et que celles-ci collent aux futurs investissements du Groupe SNCB. Ce jeudi, en première lecture, le gouvernement wallon doit donc approuver son « plan rail ». Celui-ci définit six enjeux essentiels qui se traduisent dans 34 projets d’investissement (lire ci-contre). Soit une facture globale de 2 milliards d’euros à programmer en 12 ans.

En 2012, le Groupe SNCB va en effet définir son plan pluriannuel d’investissements 2013-2025. Un plan qui doit obéir, niveau fédéral oblige, au sacro-saint 60/40 entre Flandre et Wallonie (Bruxelles étant, étonnamment, absente de la donne). La Wallonie veut disposer des données nécessaires pour vérifier que les projets proposés par le groupe ferroviaire correspondent bien à des priorités régionales et que l’évaluation de leur coût entre bien dans le fameux rapport 60/40.

« Généralement en bon état »

Faute de disposer des données initiales, le ministre wallon de la Mobilité, Philippe Henry, a remis sur pied une « cellule ferroviaire » en juin dernier. Parallèlement, il avait commandé l’étude de l’état actuel du réseau ferré en Wallonie et une liste des investissements nécessaires pour faire face à l’augmentation de la population et des déplacements des personnes autant que des marchandises.

C’est cette étude que le gouvernement wallon doit adopter ce jeudi. Si son ordre du jour très chargé lui en laisse l’occasion.

L’étude remarque que le réseau ferré wallon est « dense, globalement en bon état, répondant aux fonctionnalités souhaitées, assorti d’un important maillage de gares et de points d’arrêt. Mais il compte aussi des éléments vétustes, un matériel roulant insuffisant, de vastes zones de territoire mal desservies, une majorité de gares et de points d’arrêt désinvestis, témoignant du manque d’attention porté au chemin de fer et d’une inadaptation de l’outil ferroviaire aux évolutions de la Région ces dernières décennies ». Elle souligne également une croissance de fréquentation très inégale et une dégradation globale de la qualité de service. Enfin, l’étude s’attache à démontrer que la Wallonie doit montrer sa volonté de trouver de nouveaux marchés pour garantir l’avenir du transport ferré des marchandises.

Le plan proposé aux responsables wallons vise donc à privilégier des investissements qui garantissent le maintien et le bon fonctionnement de ce qui existe. Il faut aussi privilégier l’attractivité : « En partant des besoins de mobilité de la population et des entreprises et non, comme c’est trop souvent le cas, à partir des contraintes techniques et d’infrastructure. » Pour cela, il faut repenser le réseau en termes de cadences (il faut parfois pouvoir les doubler) et favoriser les nœuds de correspondances. Quitte à rouvrir d’anciennes lignes.

Pour accroître la capacité du réseau, autre priorité, il faut améliorer la vitesse d’utilisation, ici encore le dédoublement de certaines voies est envisagé. L’emplacement des gares et de points d’arrêt doit être reconsidéré avec soin, là encore pour rencontrer les besoins en fonction de l’évolution des territoires. Enfin, les deux dernières priorités concernent le transport des marchandises (favoriser l’accès du rail dans les zones d’activité) et une amélioration de la gouvernance en envisageant et en se tenant à une politique de transport globale.

De quoi convaincre de reprendre du rail de la bête ?

Les 34 projets prioritaires

La sélection

La hiérarchisation des priorités ferroviaires répond à des critères qui établissent une liste de 34 investissements qui « concernent aussi bien des axes majeurs que des axes secondaires, des travaux de grande envergure ou des investissements modérés, mais qui permettent tous une nette amélioration du service ».

Adaptation de la vitesse Mise à 160 km/h de l’itinéraire Mouscron-Tournai-Bruxelles.

Améliorations Valorisation de la ligne à grande vitesse pour les liaisons Mouscron-Tournai-Bruxelles, modernisation et augmentation de la capacité entre Fleurus, Auvelais et Namur, de la L 96 Mons-Bruxelles, des L 161 et L 161A dans la zone d’Ottignies-LLN. Augmentation de la capacité de la L 161 entre Ottignies et Gembloux. Augmentation de la capacité de la L 43.

Intégrer dans un réseau Application du principe des nœuds de correspondance entre Charleroi et Bruxelles et sur la Dorsale wallonne.

Grands projets Raccordement de l’aéroport de Gosselies, adaptations spécifiques aux trains pendulaires sur la L 162, finalisation de la modernisation de la L 42. Optimisation de l’axe de l’Athus-Meuse. Réseau Express Liégeois. Modernisation des grandes gares de triage. Corridor européen de fret est-ouest.

Réouvertures Remise en service de la L.45 de Trois-Ponts à Malmedy, de la L 48-49 entre Eupen et la frontière allemande, de la L 86 entre Blaton et Renaix, de la L 115 entre Braine-l’Alleud et Tubize, de la L 123 entre Enghien et Braine-le-Comte, de la L 97 entre Quiévrain et la frontière française, de la L 141 entre Manage et Nivelles, de la L 154 entre Dinant et Givet, de la L 163 entre Libramont et Bastogne, de la L 164 entre Bastogne et la frontière.