Un ex-patron condamné

DEHENEFFE,BRUNO

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Vendredi 23 décembre 2011

Tribunal

Le tribunal correctionnel de Tournai a reconnu coupable, jeudi, dans le cadre d’un accident de travail aux conséquences tragiques, la défunte société tournaisienne Menuidel et son ancien gérant, avant que celle-ci ne tombe en faillite.

Renvoyé à la barre pour homicide involontaire suite à un défaut de prévoyance et de précaution, Stéphane Delrue écope de 12 mois de prison avec un sursis intégral de 5 ans. L’ex-chef d’entreprise devra, en outre, s’acquitter d’une amende de 550 euros. La SPRL créée par son frère est condamnée à verser aux parties civiles 8.250 euros de dommages et intérêts.

Le 9 août 2006, deux ouvriers travaillant sur les toits d’un hangar à Tournai avaient effectué une chute fatale de plusieurs mètres.

Le matin du drame, Ricardo De Paoli, 39 ans, menuisier, et Julien Wibaut, 16 ans, apprenti-charpentier, remplaçaient des plaques en zinc sur une toiture de Menuidel lorsqu’ils ont tous deux perdu l’équilibre.

Originaires de Tournai, les deux hommes ont transpercé une tôle ondulée, avant de s’écraser au sol. Ils succomberont à leurs graves blessures quelques jours après leur admission aux urgences.

Lors de l’instruction d’audience, tant les parties civiles que le ministère public avaient pointé du doigt toute une série de négligences dans le chef de l’entreprise. Et notamment le non-respect flagrant de la législation garantissant la sécurité des travailleurs sur les chantiers à risque.

Au moment de la terrible chute, les deux victimes ne portaient pas le casque réglementaire et n’étaient attachées à aucun harnais. En plus de l’absence de filets de protection, l’installation des échafaudages n’était pas conforme.

En contrat d’apprentissage, Julien ne possédait pas, de surcroît, les qualifications requises pour accomplir de telles tâches.

« Le prévenu a privilégié la rentabilité au détriment de la sécurité de son personnel », argumenteront les avocats des victimes.

Au final, le tribunal s’est montré plus sévère que le parquet, lequel ne s’opposait pas à octroyer à l’accusé la suspension du prononcé.