LAMBERT,EDDY
Vendredi 22 octobre 2004
ULg - Le recteur va affecter 500.000 euros supplémentaires à l'aide sociale des étudiants
Un accord sur le minerval
* Les étudiants ont rencontré le recteur jeudi. Ils ont accepté sa proposition. Les bénéficiaires du minerval intermédiaire paieront toujours l'ancien taux cette année.
EDDY LAMBERT
On a beaucoup glosé sur le décret Dupuis réformant l'enseignement supérieur pour l'intégrer dans l'espace européen. Un de ses effets, passé inaperçu dans la bataille entre pro- et anti-Bologne, a pourtant fait très mal au portefeuille de l'étudiant universitaire : le taux intermédiaire (entre boursier et complet) du minerval a augmenté de 280 à 430 euros en même temps que les critères sont devenus plus restrictifs.
A l'Université de Liège, la Fédération des étudiants (Fédé) s'est opposée à ces mesures. Le recteur Willy Legros a fait un geste en acceptant de prendre en charge la moitié de la hausse du minerval intermédiaire. La Fédé a jugé cet effort insuffisant, de même que certains étudiants regroupés en collectif qui l'ont fait savoir avec la manière forte.
Lundi, en effet, le Collectif étudiant contre l'augmentation du minerval (Cecam) a organisé une manifestation (« Le Soir » du 19 octobre) : plusieurs centaines d'étudiants ont investi le bâtiment du rectorat et remis à Willy Legros une pétition de 3.500 signatures. Une mobilisation qui a débouché, trois jours après seulement, sur un accord.
Le recteur, les représentants du Cecam, mais aussi les coprésidents de la Fédé et les étudiants siégeant au conseil d'administration de l'ULg, se sont retrouvés autour de la table, jeudi matin. La négociation a abouti à l'accord suivant. Primo, les étudiants qui ne bénéficiaient plus du taux boursier (100 euros) ou intermédiaire (430 euros aujourd'hui) d'après les nouveaux critères de la Communauté française acquitteront non pas le taux complet (739 euros) mais intermédiaire. Secundo, l'ULg va octroyer un taux préférentiel de 280 euros (soit l'ancien taux intermédiaire) aux étudiants qui, cette année académique, remplissent les nouvelles conditions d'octroi. Cet accord s'applique dès cette rentrée, mais n'est valable qu'un an pour ce qui est du taux préférentiel.
Le recteur a avoué, hier, avoir été pris de court dans cette affaire. C'est arrivé très tard, en août. On n'a pas eu le temps de communiquer. Mais je comprends les étudiants. C'était nécessaire parce que l'ULg est une université très sociale. L'année dernière, deux mille de ses étudiants bénéficiaient du taux intermédiaire ; le décret Dupuis a retiré ce droit à la moitié d'entre eux et privé d'aide sociale d'autres étudiants.
L'intervention de l'ULg avoisine les 500.000 euros, soit un centième de son budget (presque entièrement consacré à la masse salariale). Cela peut paraître peu, mais l'équilibre financier retrouvé reste fragile. Je ferai des économies dans les administrations, répond le recteur, à la question de savoir où il trouvera l'argent.
Les étudiants, eux, sont unanimement satisfaits... quand bien même cette affaire a mis au jour un manque d'unité dans leur mouvement. Certains ont tenté un coup de force avant que la Fédé, qui a défendu les intérêts des étudiants dès la première heure, eût pu le juger utile. De quoi laisser quelques regrets.·