un 8 juin sans examen pour cause d’élection

DEMONTY,BERNARD

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Mercredi 8 avril 2009

La ministre de l’Enseignement supérieur suggère aux hautes écoles et universités de ne pas organiser d’épreuve le lendemain du vote.

Les étudiants sont des citoyens responsables. Du moins est-ce la justification de leurs organisations représentatives – Fédération des étudiants libéraux en tête, suivie par la Fédération des étudiants francophones – pour réclamer qu’aucun examen ne soit organisé le lundi 8 juin prochain, au lendemain des élections régionales et européennes.

Motivations ? Beaucoup de « koteurs » doivent accomplir de longues distances pour s’acquitter de leur devoir électoral et, surtout, un certain nombre d’entre eux ont accepté d’être assesseurs. Difficile, dans ce cas, d’éviter la buse le lendemain…

La ministre de l’Enseignement supérieur, Marie-Dominique Simonet (CDH), est sensible à cette requête. De façon très opportuniste en cette période électorale, elle va écrire aux recteurs et directeurs des hautes écoles pour leur « recommander » de ne pas organiser d’épreuve le 8 juin. Certaines universités, celle de Liège notamment, tenteront de suivre le conseil. Mais en coulisses, d’aucuns persiflent : « Va-t-on interdire aux avocats de plaider le lundi ou aux éditeurs de ne pas publier de journal parce qu’il y a eu les élections la veille ? »

P.5 pas d’examen le 8 juin, si possible

P.2 & 3 temps fort : les personnalités connues se multiplient sur les listes. une bénédiction ?

P.5 candidats, gare

aux courriers intrusifs !

Pas d’examens le 8 juin, si possible

Politique Une lettre de la ministre Simonet aux universités et aux hautes écoles

La ministre demande aux hautes écoles et aux facultés de ne pas organiser d’examens le lendemain des élections. Un vœu pieux ?

Les étudiants n’entendent pas brosser les élections et le font savoir ! Ce mardi, la Fédération des étudiants libéraux a publié un communiqué, exhortant la ministre de l’Enseignement supérieur, Marie-Dominique Simonet (CDH) à « recommander aux universités et hautes écoles l’absence de tout examen le 8 juin », lendemain des élections. Cette revendication est partagée par d’autres organisations estudiantines, comme la Fédération des étudiants francophones (FEF) qui avait émis un souhait similaire lors des élections fédérales de 2007.

Mais pourquoi demander une trêve le lundi alors que les élections ont lieu le dimanche ? Pour gagner en douce un petit jour de rabiot pour étudier ? Du tout, jurent les étudiants, la main sur le syllabus. Le problème est ailleurs : beaucoup d’étudiants « koteurs » doivent parcourir de très longues distances pour s’acquitter de leur devoir électoral dans la commune de leurs parents. D’autres ont accepté d’être assesseurs et entendent remplir correctement cette mission. Une journée durant laquelle il leur sera impossible d’étudier. Et si elle est veille d’examen, gare à la buse…

Contacté par nos soins, le cabinet de la ministre se dit sensible à la demande des étudiants. « Aussi la ministre va-t-elle écrire aux recteurs et directeurs des hautes écoles pour leur recommander de ne pas organiser d’épreuve le lundi 8 juin », dit le porte-parole de la ministre.

Les universités pourront-elles suivre cette recommandation, alors que les horaires d’examens sont déjà largement confectionnés ? « Nous avons recommandé aux facultés de suivre la recommandation, et celles-ci essayeront de la respecter, en sachant que, pour certaines sections, ce sera difficile, dit-on au rectorat de l’Université de Liège. L’élaboration des horaires est déjà un casse-tête et ce n’est pas si facile de se priver d’un jour en pleine session d’examen. Mais dans la mesure du possible, ce souhait sera rencontré. » Même son de cloche dans les hautes écoles que nous avons contactées.

Mais sous l’anonymat, plusieurs dirigeants de facultés et d’école trouvent cette demande un peu fort de café. « Les pauvres petits !, raille cet habitué de l’organisation d’examens. Ils ne pourront pas étudier le dimanche des élections ! Alors qu’ils savent de longue date que le 7 juin est jour de scrutin. Va-t-on interdire aux avocats de plaider le lundi ou aux éditeurs de ne pas publier de journal parce qu’il y a eu les élections la veille ? Il faut rester sérieux ! »

Bref, la recommandation sera lue avec bienveillance, mais tous ne la prendront manifestement pas au sérieux…