UN BALLON D'OXYGENE DE 32MILLIONS POUR TOURNAI

DETAILLE,STEPHANE

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Mardi 3 août 1993

Un ballon

d'oxygène

de 32 millions

pour Tournai

En février dernier, la ville de Tournai prenait résolument le taureau par les cornes et ficelait, avec la bénédiction du ministre Mathot, un plan d'assainissement volontaire des finances communales s'étendant sur cinq exercices budgétaires.

Et, d'emblée, elle se serrait la ceinture: en grapillant çà et là, elle présentait un budget 1993 en boni (53 millions) à l'exercice propre et, sur cette preuve de sa bonne volonté, sollicitait un coup de pouce de la Région wallonne.

Il serait inacceptable, tonnait le député PS François Dufour, de voir Tournai, en difficulté après plus de quinze ans de gestion rigoureuse, ne pas bénéficier de la sollicitude que la Région témoigne aux villes endettées depuis toujours.

Manifestement, l'appel a été entendu en haut lieu puisque dans une lettre qu'il vient d'adresser au bourgmestre de Tournai, le ministre-président Guy Spitaels annonce que la Région va octroyer une aide de 32 millions à la ville de Tournai.

L'essentiel (25 millions) de cette aide prendra la forme d'une prise en charge des intérêts débiteurs du compte courant de la ville pour les exercices 1992 et 1993. La Région wallonne annonce en outre qu'elle compensera à raison de 50 % les pertes encourues par les entités pour lesquelles la dotation principale du Fonds des communes n'a pas augmenté de 1,78 %: c'est le cas de Tournai qui, dans le registre des dringuelles cette fois, bénéficiera encore d'une subvention de 300.000 F pour les trois agents des douanes et accises qu'elle a embauchés et d'une autre affectée aux services de police qui fonctionnent 24 heures sur 24.

Dans son courrier, Guy Spitaels annonce aussi que le Gouvernement wallon a arrêté un crédit de 200 millions à l'attention des communes qui font des efforts de bonne gestion. La répartition de ce crédit s'articulera selon trois axes: la mise en place de la nouvelle comptabilité communale, la formation du personnel communal et le soutien à des projets pilotes proposés par les communes elles-mêmes.

Tournai, si elle répond aux critères, peut donc prétendre récolter quelque argent par ce biais. En mars dernier, le bourgmestre Delcroix espérait en recevoir une quinzaine.

Rappellons que le déficit global de la ville de Tournai est de 80 millions de francs. Mais dans cinq ans, voire moins, l'équilibre sera retrouvé, promettait Roger Delcroix en février dernier.

S.D.