Un débat animé… en coulisses

SAUSSEZ, ISABELLE

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Vendredi 5 décembre 2008

Charleroi Aïd : Télésambre tente de réunir les protagonistes

On a rarement connu un débat télévisé qui faisait autant… débat avant même que les caméras aient commencé à tourner. À Charleroi, on a appris que plus rien n’est impossible. La polémique, à la fois politique et communautaire, suscitée par l’organisation de l’Aïd el-Kébir a motivé la rédaction de la télévision communautaire Télésambre à inviter les représentants des quatre partis démocratiques à débattre sur le plateau ce vendredi dans l’émission « Ça vous regarde ». Les journalistes ont accusé des réponses pour le moins frileuses des principaux protagonistes.

Après avoir répondu positivement à l’invitation lundi soir, Latifa Gahouchi (PS), a finalement fait marche arrière. Le mayeur Jean-Jacques Viseur (CDH) a moins tergiversé en opposant un refus catégorique et immédiat. Entre-temps, un accord tacite est selon nos informations, intervenu entre les membres du collège. Il visait à « ne pas débattre dans ce dossier sur un plateau télé ». Cette consigne s’adressait-elle à tous les représentants de la majorité (conseillers communaux inclus) ou uniquement aux membres de l’exécutif ? L’interprétation a été toute différente, qu’on soit CDH, PS ou MR.

Après les défections du mayeur et de l’échevine PS en charge du dossier Latifa Gahouchi, les organisateurs du débat se sont naturellement tournés vers Fabienne Manandise, conseillère communale CDH et Serdar Kilic (PS) pour débattre aux côtés de Malika El Bourezgui (Ecolo). La première a accepté l’invitation. Le second a pris quelques heures de réflexion avant de la décliner. « Il y a deux ans, j’ai fait des propositions pour régler une fois pour toutes ce dossier. Je n’ai pas été entendu et j’ai même été écarté des discussions. Je ne me vois pas défendre le collège et le PS dans ce débat », nous a-t-il confié.

Le MR a, lui, fourni son interprétation de l’accord en mandatant l’échevin de l’Environnement Philippe Sonnet. Pour moi, « à partir du moment où le CDH, au minimum, est représenté, le MR se doit d’y être. Il n’y a pas de raison que la chaise libérale reste vide. Et je suis, parmi les libéraux, celui qui connaît le mieux le dossier », commente-t-il.

Le mystère reste, par contre, entier sur le nom de l’élu (de Charleroi ou de la périphérie ?) qui occupera la chaise socialiste.