Un détenu sur trois lié aux drogues
DORZEE,HUGUES
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Vendredi 30 mars 2012
Justice 3.437 détenus placés en prison pour infraction en matière de stupéfiants
On note cependant quelques différences selon qu’il s’agisse de détenus en préventive (27 %), définitivement condamnés (37 %), sous surveillance électronique (32 %) ou internés (8 %).
Cette étude réalisée par Samuel Deltenre, sociologue et chercheur au SPF Justice (DG EPI), et présentée ce jeudi lors d’un colloque organisé par la Liaison Antiprohibitionniste sur l’usage des drogues en prison, démontre par ailleurs une légère hausse des statistiques depuis 10 ans – en 2003, on dénombrait 2.651 détenus, soit 28,5 % de la population carcérale, incarcérés pour des affaires de « stup ».
Dans un cas sur dix (9,5 %), cette détention est exclusivement liée à des faits de drogues (consommation, trafic…) ; dans un sur cinq (21 %), ceux-ci sont accompagnés d’autres types d’infractions (vol, agression…).
L’étude montre clairement que la poursuite de ces infractions « alimente et renforce l’inflation carcérale constatée ces dix dernières années » – en 10 ans, on est passé de 9.304 détenus à 11.109.
Autre constat : « Les détentions, notamment préventives, sur la seule base infractionnelle “drogue” ne cessent d’augmenter. » Et Samuel Deltenre de relever par ailleurs que « 80 % des détentions préventives pour “stup” se clôturent sans condamnation directe ».
Et au sein des établissements pénitentiaires ? La drogue circule, c’est un état de fait. Une autre enquête récente, toujours menée par le SPF Justice, auprès d’un échantillon de 10 % de la population carcérale cette fois, démontre qu’un détenu sur trois (33 %) consomme en prison.
Les premières raisons invoquées ? Réduire le stress ; « oublier ses problèmes » ; tuer l’ennui. Les produits les plus utilisés ? Le cannabis, « qui reste le produit de prédilection », souligne Philippe Glibert, coordinateur de la cellule drogue. Mais aussi l’héroïne, les psychotropes, l’amphétamine et l’alcool.
Par ailleurs, un détenu sur quatre déclare que cette consommation a des effets « négatifs » sur sa détention (racket, menace, pression, violence) ; un sur deux est demandeur d’aide « surtout médicale », souligne l’expert.
Enfin, environ 350 détenus reconnus comme toxicomanes, soit 3 % de la population carcérale, bénéficient d’un traitement de substitution (méthadone, sevrage…) derrière les barreaux.
Malgré les lois et règlements (essentiellement axés sur le principe de la « tolérance zéro ») et dans un contexte de surpopulation galopante, cette présence de stupéfiants pose aussi des problèmes socio-sanitaires : overdoses, manque de suivi dans les traitements, infections virales, effets sur la santé mentale. « En outre, conclut Vinciane Saliez, de l’ASBL Modus Vivendi, il n’y a pas assez d’information en prison sur les risques et sur les produits. »
33 %
C’est le pourcentage de détenus qui déclarent consommer des drogues en prison, selon une enquête du SPF Justice. Du cannabis, mais aussi de l’héroïne, de la cocaïne… Motif : « réduire le stress ».
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