Un festival de films des libertés Vingt ans de combat laïque pour un Bruxelles plus ouvert

LAPORTE,CHRISTIAN

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Jeudi 14 octobre 1999

Un festival de films des libertés Vingt ans de combat laïque pour un Bruxelles plus ouvert

Vingt ans de laïcité organisée à Bruxelles, ça se fête... même si les laïques sont d'indécrottables épris de liberté(s), peu portés à se laisser «encarter». C'est parce qu'elles devaient encore être (re)conquises dans la foulée de Mai 68 et du vent d'autonomie qui la suivit que des militants de la laïcité mirent sur pied une coordination à l'échelon de la capitale en 1979. Le combat s'imposait d'autant plus que la laïcité n'était toujours pas reconnue officiellement et que sur le plan de l'égalité entre hommes et femmes, ces dernières étaient loin d'avoir le droit de gérer elles-mêmes leur corps.

Des sections locales des Amis de la Morale laïque étaient déjà bien structurées mais les enjeux ne manquaient pas sur le terrain pour l'éducation permanente ou dans l'action sociale car la crise battait son plein , explique Hervé Nowé, directeur de «Bruxelles Laïque». Ainsi donc à côté d'animations liées à la problématique des droits de l'homme, la régionale bruxelloise du Centre d'action laïque qui a quitté la rue du Méridien pour l'avenue de Stalingrad s'investit dans les «restos du coeur» et lança une «Boutique d'emploi» qui a développé moult partenariats avec des associations locales mais également dans d'autres régions du pays et même d'Europe.

L'association fut aussi rapidement «branchée» sur la spécificité inter et multiculturelle de Bruxelles. Nombre de conflits pourraient être évités si les spécificités des différentes communautés étaient mieux connues. C'est ce qui nous a amenés à lancer un projet de médiation interculturelle à l'hôpital New Paul Brien. Il n'est pas évident à un médecin d'imposer des traitements qui heurtent de front certaines perceptions culturelles. En désamorçant les conflits, on peut aussi contribuer à une amélioration globale de la société.

Ces dernières années, «Bruxelles Laïque» a aussi axé son action sur le nécessaire réinvestissement de la chose publique par les citoyens. Notamment par des «cafés citoyens» où domine l'expression libre qui a l'avantage de porter en avant les problèmes qui préoccupent le plus les Bruxelllois.

La peur de l'extrême droite est une de ces préoccupations qui se traduit par l'organisation d'un intéressant «festival du cinéma des libertés» qui a commencé cette semaine au Nova et au Vendôme.

Et demain? Notre souhait est d'inscrire les associations laïques dans le paysage bruxellois et d'amener de plus en plus de Bruxellois à nous rejoindre. En étant fiers de notre identité et respectueux des convictions d'autrui...

CHRISTIAN LAPORTE

Renseignements: 02-502.98.74.