Un festival de stars à Venise

CROUSSE,NICOLAS

Page 33

Mercredi 31 août 2011

Cinéma La 68e Mostra s’ouvre ce mercredi, pour s’achever le 10 septembre

Venise

de notre envoyé spécial

C’est ce soir, sur le coup de 19 heures, que s’ouvrira la 68e édition de la Mostra de Venise. La doyenne des festivals a beau se débattre avec des problèmes financiers, attendre désespérément depuis des années la construction d’un nouveau grand palais, ou voir la concurrence internationale s’intensifier, avec la montée en puissance du festival de Toronto, elle ne s’en porte pas plus mal. Marco Muller, son directeur artistique depuis 2004, lui a rendu de belles couleurs, et nos confrères français du Monde n’étaient pas les derniers, l’an passé, à estimer que la Mostra avait, en 2010, volé la vedette au festival de Cannes.

Sur papier, il semble que la cuvée 2011 a aussi de jolis arguments. Nous reviendrons, jour après jour, sur les événements majeurs du festival vénitien, qui délivrera son Lion d’or le samedi 10 septembre. Voici, en guise d’apéritif, les dix grands rendez-vous, musts ou événements qui devraient animer la vie du Lido.

Clooney président ! Ce mercredi, c’est au film de George Clooney, The Ides of march, que revient l’honneur d’ouvrir la compétition. Film très attendu, et pour cause : l’ami et supporter de Barack Obama signe un film politique inspiré par la campagne présidentielle de Howard Dean, en 2004. Avec Clooney dans le rôle du présidentiable.

Madonna à Windsor. Avec W.E., présenté hors compétition, Madonna se penche sur le destin du roi Edward VIII (frère du futur George VI, Colin Firth dans le récent Discours d’un roi), qui abdiqua après seulement quelques mois de règne pour pouvoir épouser une femme divorcée, Wallis Simpson. Le portrait de ce mauvais roi et bel amoureux intrigue. On compte sur Madonna pour organiser, par sa présence, un sacré boxon, demain soir autour de la Sala Grande du Lido.

Polanski chez Yasmina Reza. Avec Carnage, Roman Polanski revient au cinéma en s’inspirant du Dieu du carnage, de Yasmina Reza. Un huis clos dégénéré, forcément attendu, et défendu par un quatuor de comédiens détonnant (Kate Winslet, Jodie Foster, Chistoph Waltz et John C. Reilly).

Cronenberg sur un divan. Avec A dangerous method, David Cronenberg (History of violence) se penche sur les deux pères de la psychanalyse, Sigmund Freud (Viggo Mortensen) et Carl Jung (Michael Fassbender), dont les méthodes de travail seront influencées par l’apparition d’une troublante patiente (Keira Knightley).

Ave Al Pacino ! Dimanche 4 septembre, la Mostra rend un hommage exceptionnel à Al Pacino, qui ne vient pas les mains vides puisqu’il y livrera en première mondiale et hors compétition sa dernière réalisation, Wilde Salome.

Darren Aronofsky aux commandes. Le jury du festival est cette année présidé par un ancien lauréat du Lion d’or, Darren Aronofsky (The Wrestler, en 2008, puis Black swan l’an dernier).

Il sera accompagné entre autres par David Byrne (Talking Heads), André Téchiné ou Todd Haynes.

Marjane Satrapi, le retour. Après un premier long remarqué et remarquable (Persépolis, en 2007), la voilà qui revient avec l’adaptation de sa bande dessinée, Poulet aux prunes. Il y est question de l’histoire de Nasser Ali Khan (Mathieu Amalric à l’écran), joueur de tar, qui va décider de se laisser mourir après que sa femme lui a cassé son instrument.

Monica Bellucci sur des braises. La belle Italienne nous sortira-t-elle son été meurtrier, dans le film de Philippe Garrel, Un été brûlant, habité également par le fils du cinéaste, Louis Garrel ? C’est en tout cas ce que tous les amoureux du glamour (et des courbes de Monica) espèrent.

Abel Ferrara apocalyptique. Le réalisateur de Bad Lieutenant aborde avec 4 : 44 Dernier jour sur Terre la fin du monde. Steven Soderbergh ne fait rien d’autre avec Contagion, emmené par Matt Damon, Kate Winslet, Jude Law, Marion Cotillard.

Un quatuor de Belges. Pas en compétition, eux, mais néanmoins présents en force : Chantal Akerman avec La folie Almeyer, le chorégraphe Wim Vandekeybus avec Monkey sandwich, Nicolas Provost avec L’envahisseur et John Shanke avec L’hiver dernier.