Une autre image de l’Afrique : quelques clichés et comment s’en débarrasser

BRAECKMAN,COLETTE

Mercredi 30 septembre 2009

Au vu des images et des discours qui circulent, l’Afrique noire, au sud du Sahara, se réduirait donc à ces enfants-soldats ceinturés de cartouches, ces malades du sida allongés sur des grabats, ces immenses camps de réfugiés cernés par les milices, ces cités insalubres où rôde la violence… Dans le meilleur des cas, elle serait symbolisée par ces paisibles villages de brousse où, comme le disait à Dakar le président Sarkozy, « le paysan africain vit avec les saisons, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire, il n’y a place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idée de progrès… »

Pourquoi, lorsqu’il s’agit de l’Afrique, hommes politiques, publicistes, communicateurs, écrivains, journalistes s’autorisent-ils encore ces clichés qui réduisent le continent à quelques mots-clés : violence, corruption, misère, dictatures, guerres civiles, mais aussi nature exubérante, forêts vierges, sens de l’hospitalité, joie de vivre… Un livre publié voici quelques années, L’Afrique des idées reçues (sous la direction de Georges Courade, éditions Belin), secoua l’opinion, suscita des débats. Depuis lors, les esprits ont repris leur cours paresseux et réhabilité les mêmes lieux communs, sans tenir compte d’une évidence : l’Afrique noire n’est pas homogène mais multiple, dans ses paysages, ses économies, ses régimes politiques, ses populations.

En outre, le continent, au même titre que l’Europe ou l’Asie, est au cœur de l’histoire. Depuis des siècles, il contribue à l’économie mondiale, bouge, évolue. Ceux qui fondent leur connaissance sur des lectures anciennes ou des voyages de jeunesse devraient, de toute urgence, remettre le cap au Sud pour se recycler…

Lorsqu’il est question de cette Afrique si liée à l’Europe par l’histoire, l’économie, la culture et les exodes des hommes, (dans les deux sens…), il faut dépasser les clichés, même si ces derniers, comme toutes les idées reçues, reposent sur un fond de vérité. Éviter de généraliser, aller au-delà des fantasmes et des préjugés…

Bienvenue sur le chantier de la déconstruction de quelques idées reçues, mis en scène aussi par l’exposition « Africa fast forward, avance rapide… ».

Trop facile : le tribalisme, les luttes ethniques

Une version moderne du « tribalisme » serait la première clé d’explication de tous les conflits, en y ajoutant parfois des connotations religieuses… Le Rwanda des Hutus et des Tutsis… La Côte d’Ivoire avec ses catholiques du Sud opposés aux musulmans du Nord… Au Kenya, le président Kibaki est un Kikuyu tandis que son rival, devenu entre-temps Premier ministre, est un Luo…

Allons donc… Les conflits, en Afrique comme ailleurs, sont d’abord provoqués par des enjeux politiques ou économiques : ils naissent lorsque le groupe dominant, par exemple au Rwanda à la veille du génocide, refuse de partager le pouvoir. Lorsque des peuples, dans le sud du Nigeria, prennent les armes pour revendiquer une part de la rente pétrolière et défendre un environnement pollué par les compagnies d’exploitation. Lorsque le Sud-Soudan revendique son indépendance, car il ne se reconnaît pas dans un pouvoir central autoritaire qui monopolise les revenus du pétrole. Lorsqu’en République démocratique du Congo, l’État peine à instaurer son autorité sur l’est du pays, où sont exploitées des ressources minières, ensuite exportées bien loin de l’Afrique… Dans ces guerres-là, les particularismes ethniques ou régionaux sont une explication nécessaire, mais sûrement pas suffisante…

En Afrique, il faut des pouvoirs forts

Ces peuples ne seraient pas mûrs pour la démocratie… Après la fin des tutelles coloniales, les États postcoloniaux n’ont que rarement imité les démocraties occidentales. Mais faut-il rappeler que les plus nationalistes des premiers leaders, dont certains avaient gagné un combat militaire ou politique, furent éliminés sans états d’âme ? Patrice Lumumba au Congo, Thomas Sankara au Burkina Faso, en passant par le Mozambicain Eduardo Mondlane puis Samora Machel, le syndicaliste kényan Tom Mboya et plus près de nous le Gabonais Redjambe, sans oublier Laurent Désiré Kabila n’ont-ils pas été assassinés ? Leur crime : avoir tenté de diversifier leurs partenaires économiques et de prendre leurs distances à l’égard de leur ancienne colonie.

Même si, depuis 2006, 92 millions d’Africains ont pris part à des élections présidentielles dans 14 pays, la démocratie multipartite, sanctionnée par des élections libres, traverse un sale temps sur le continent : au cours des derniers mois, le Niger, le Gabon, le Congo-Brazzaville, le Togo, la Guinée Conakry, la Mauritanie, Madagascar ont été le théâtre de coups d’Etat ou d’élections contestées ou carrément trafiquées, tandis que le président zimbabwéen Mugabe s’accroche au pouvoir…

Mais ne faudrait-il pas s’interroger sur le contenu de ces appareils démocratiques, conçus comme des sortes de « kits » que l’on propose au suffrage des peuples africains ? Au Congo Kinshasa, où les parlementaires se sont octroyé un salaire de 6.000 dollars par mois, le simple fonctionnement du système consomme de 60 à 80 % des ressources de l’Etat. Que reste-t-il pour la santé, l’éducation, la magistrature, l’armée ? Comment les jeunes démocraties ne s’affaibliraient-elles pas si elles ne s’accompagnent pas de l’amélioration des conditions de vie ? Malgré ces réserves, les taux de participation des électeurs africains atteignent 68 % en moyenne. Qu’il s’agisse de la RDC, de l’Afrique du Sud ou du Gabon, les opérations électorales se déroulent dans la dignité. Si les élections sont ensuite trafiquées par les vainqueurs et contestées par les vaincus, qui faut-il incriminer ? Les leaders ou les électeurs ?

Les Africains vivent de l’aide extérieure

Depuis l’an 2000, l’aide à l’Afrique est en hausse et représente 44 dollars par habitant, soit 25 milliards de dollars. Dambisa Moyo, (L’aide fatale, éditions JC Lattès) estime que depuis les années 60, l’Afrique aurait reçu, tout compris, mille milliards de dollars à titre d’aide internationale !

Cependant, certains chefs d’État africains, comme le Rwandais Paul Kagame, assurent qu’ils préféreraient, dès que possible, se passer de cette assistance et compter sur les ressources de leur économie. L’usage qui a été fait de cette aide extérieure durant des décennies a représenté un formidable gâchis : 80 % de ces sommes seraient restées dans les pays du Nord, études de faisabilité ou d’évaluation donnant du travail à des dizaines de milliers de consultants et de fonctionnaires… Dans les pays concernés, les flux d’aide ont surtout bénéficié aux pouvoirs en place et aux bureaucraties locales, un pourcentage relativement modeste atteignant les populations présentées comme bénéficiaires…

Cette aide internationale souvent peu efficace est à mettre en rapport avec la contribution des migrants africains, évaluée à 17 milliards d’euros par an : des flux privés qui circulent de la main à la main ou par mandats et ne sont généralement pas investis dans des projets. Ils permettent d’améliorer l’ordinaire des familles et peuvent générer de micro-investissements, achats de maisons, ouverture de commerces ou de petites entreprises.

Les évasions de capitaux représentent un courant inverse : chaque année, dix milliards de dollars venus d’Afrique sont investis dans les paradis fiscaux…

Aujourd’hui, l’aide publique sous la forme de « projets » est en chute libre : la moitié de ses montants est consacrée aux mesures d’allégement des impayés. Lorsque les gouvernements occidentaux décident d’effacer la dette de certains pays, les sommes biffées de l’ardoise sont imputées au budget de la coopération. Un jeu d’écriture qui soulage les économies endettées, mais n’a pas d’effet direct sur le développement lui-même.

Les Africains sont des consommateurs plus que des entrepreneurs

Avant de déplorer la relative rareté des investisseurs africains, il faut se rappeler que tout au long de la période coloniale, l’« accumulation primitive du capital » c’est-à-dire les bénéfices réalisés dans les colonies, au départ de l’agriculture de rente ou de l’exploitation minière, a été détournée vers les métropoles du Nord, alimentant les caisses publiques ou plus souvent encore les fortunes privées.

Dans les années 30, les taxes versées par les sociétés coloniales représentaient un tiers des recettes de l’État belge ! Par la suite, les nouvelles bourgeoises africaines se sont construites en grande partie grâce à l’accaparement des recettes ou des aides.

Cependant, les entrepreneurs africains sont légion. Au niveau informel, les femmes commerçantes d’Afrique de l’Ouest (les fameuses Mama Benz du Togo) ont édifié de véritables empires commerciaux en vendant sur les marchés des cotonnades importées de Hollande (les « wax hollandais »), de Chine ou produites sur place.

Dans les pays d’Afrique centrale, la fameuse « débrouille », qui incite à pratiquer plusieurs métiers, à se lancer dans le recyclage, l’artisanat, l’agriculture périurbaine ainsi que les tontines animées par les femmes, traduit-elle autre chose que l’esprit d’entreprise ?

Plus récemment, en Afrique du Sud, la politique de Black Economic Empowerment a permis l’émergence d’une véritable élite économique noire, dont le chef de file est l’ancien syndicaliste Cyril Ramaphosa, qui dirige le groupe Shanduka. Ces groupes dirigés par des Noirs, actifs dans l’industrie minière, la haute finance, le commerce, pèsent plusieurs milliards de dollars. Il est un fait que l’esprit d’entreprise individuel, qui se manifeste surtout dans les villes, est souvent érodé par la nécessité de partager avec les autres membres de la famille, élargie ou non. Les écarts de richesse sont souvent mal vus, ils suscitent des jalousies et obligent à des redistributions immédiates qui freinent l’accumulation du capital et les investissements.

La solidarité est plus grande en Afrique qu’en Europe

Un autre mythe, positif celui-là. La solidarité africaine existe bel et bien, mais elle représente une forme de « sécurité sociale » dans des États qui en sont dépourvus. Ce qui est souvent défini par des Africains comme la « vraie pauvreté » est moins la pénurie d’argent que le fait de ne pas avoir d’enfants, de grande famille. Il s’agit là d’un manque en termes d’affection, de prolongement de soi, mais aussi d’un déficit d’assurance pour l’avenir qui crée à terme un sentiment d’insécurité. Dans les villes, où nombre d’Africains vivent désormais sans liens avec la famille élargie, et surtout parmi les malades du sida, qui ont vu disparaître des proches, parents ou enfants, la solitude est aggravée par le manque de ressources.

Il faut cependant relever que si cette solidarité tant vantée se manifeste en faveur des membres de la famille directe ou élargie, du clan, du village, l’altruisme proprement dit s’exerce plus rarement au bénéfice de personnes totalement inconnues, dont on ne peut attendre aucun retour. La solidarité peut aussi être le résultat d’un calcul, par exemple lorsque tout un village se cotise pour financer les études d’un jeune particulièrement doué dans l’espoir qu’une fois doté d’un bon métier, il rétrocédera une partie du capital misé sur lui. Beaucoup de candidats à l’émigration bénéficient d’un tel « investissement », ce qui rend d’autant plus insupportables et humiliants les échecs et les retours forcés.

La démographie : les Africains feraient trop d’enfants

Comptant 95 millions d’habitants en 1900, l’Afrique, en 2008, totalisait 830 millions d’habitants. Pour 2050, les projections oscillent entre 1,5 et 2 milliards d’habitants. En Afrique subsaharienne, le taux moyen de fécondité est encore de 5,3 enfants par femme, avec pour conséquence le fait que le continent est le plus jeune du monde, avec 41 % de la population âgée de moins de 15 ans et une espérance de vie encore inférieure à 55 ans, contre 69 ans pour la tendance mondiale, et plus de 80 ans en Europe.

Les économistes s’inquiètent de cette explosion démographique et redoutent des explosions sociales dans les villes surpeuplées, entre autres au Nigeria ou à Kinshasa, qui pourrait compter vingt millions d’habitants d’ici dix ans.

En réalité, ce « natalisme » de l’Afrique n’est pas seulement l’un des corollaires du sous-développement, le résultat d’un refus de la contraception et des interdits légaux ou religieux frappant l’avortement.

Il représente aussi une sorte de compensation pour les hémorragies démographiques subies au cours des siècles précédents : l’historien Elikia M’Bokolo rappelle que la traite négrière représenta une ponction de vingt millions d’hommes ! L’exode de ces jeunes adultes choisis parmi les plus vigoureux priva leur pays de leurs capacités reproductives… Durant l’époque coloniale, on ignore encore les impacts démographiques réels du portage, des corvées, du travail forcé, du déracinement de la main-d’œuvre indigène (les deux Congos, le Gabon, le Cameroun, l’Angola…) ou des déplacements forcés de populations privées de leurs terres (Kenya, Zambie et Zimbabwe, Afrique du Sud, Namibie…). On sait que ces bouleversements se traduisirent par une mortalité importante. Au cours des cinq dernières décennies, après les indépendances, 40 millions d’Africains trouvèrent la mort dans les guerres civiles qui ravagèrent le continent. Les ravages du sida (qui touche 5 % de la population) pourraient enrayer les récents gains de population.

L’agriculture africaine refuse l’innovation

Dans un continent où 400 millions de personnes vivent encore en milieu rural, l’agriculture familiale, qui nourrit les populations, demeure le plus négligé des secteurs. Désireux d’acquérir des devises, les gouvernements ont privilégié les cultures de rente (coton, arachide, café, thé et de nos jours, comme au Kenya, fruits et légumes de contre-saison, voire fleurs coupées) au détriment des cultures vivrières. En plus des atteintes à l’environnement, l’extension de ces vastes cultures a accéléré l’exode rural : la population urbaine augmente de 4,3 % par an ! Les paysans petits ou moyens ont toujours manqué d’accès aux crédits et de voies de desserte permettant d’écouler leur production, tandis que les « vulgarisateurs » et autres moniteurs agricoles manifestaient ignorance ou mépris à l’égard des savoirs traditionnels.

Les litiges fonciers portant sur la propriété des terres ou leur usage (par les femmes, par des groupes d’éleveurs) ou découlant de leur appropriation par des investisseurs étrangers ont également freiné les progrès de l’agriculture. L’histoire démontre cependant que les agriculteurs africains ont été capables de prévoir les aléas du climat (par exemple en misant sur des cultures associées afin de diversifier les risques), de sélectionner les semences, de pratiquer des techniques adaptées au sol, d’accepter des innovations ou de se regrouper en coopératives lorsqu’ils y voyaient leur intérêt.

Cependant, dans les pays au sud du Sahara, 250 millions de personnes demeurent sous-alimentées et l’Afrique est directement touchée par le réchauffement climatique et par la hausse des prix des produits agricoles provoquée par l’usage des biocarburants. Le tarissement de l’aide alimentaire, qui entrait parfois en concurrence avec la production locale, pourrait aussi représenter une chance : chargés de nourrir les populations des villes, les agriculteurs locaux pourraient exiger de meilleurs prix…

La forêt risque de disparaître

Entre 1976 et 1980, 1,3 million d’hectares de forêt dense aurait été déboisé ; entre 1980 et 1990, ce sont 4,8 millions d’hectares qui ont été coupés ; et 5,3 millions durant la décennie suivante. Les sociétés forestières ne sont pas seules en cause : les feux de brousse, utilisés par les agriculteurs pour défricher, accélèrent le déboisement et contribuent à l’aggravation de l’effet de serre.

Dans beaucoup de pays du continent, les deux Congo, le Cameroun, des codes forestiers très libéraux ont attiré les sociétés étrangères. Ces dernières, profitant des faiblesses des États et des administrations locales, ont contourné ou ignoré les dispositions légales qui les obligeaient à replanter ou à épargner les espèces protégées.

Cependant, si de l’intérieur la forêt tropicale est attaquée par les forestiers avides d’emmener les plus beaux arbres, les spécialistes relèvent que sur les marges, la forêt équatoriale progresse, entre autres dans les zones de savanes désertées par les agriculteurs. Cette végétation nouvelle ralentit elle aussi le réchauffement climatique.

En outre, les Africains sont de plus en plus séduits par l’idée de préserver des forêts qui représentent des puits de carbone…

Le sida va dépeupler massivement l’Afrique

Sur les 33 millions de personnes contaminées par le fléau, 22 millions sont des Africains : ce constat a longtemps ravivé la crainte d’un dépeuplement massif du continent, supplantant soudain l’obsession nataliste.

Cependant, l’impact de l’épidémie est très inégal : l’Afrique australe, où le travail migrant est généralisé, est la région la plus atteinte (Zimbabwe, Lesotho, Botswana, Afrique du Sud). Cette prévalence s’explique par le fait que les hommes passent de longs mois à travailler dans les mines où ils fréquentent des prostituées, puis ramènent le virus à leur épouse restée au village…

Par contre, les chercheurs ont découvert que dans les pays musulmans, la prévalence du sida était bien moindre et ils ont lié ce phénomène à la pratique de la circoncision. En outre, dans plusieurs pays, le pire ne s’est pas produit : alors que c’est à Kinshasa que le virus fut pratiquement découvert, il apparaît aujourd’hui que l’épidémie plafonne. En Ouganda, également considéré comme l’un des épicentres de la maladie, l’épidémie a été sinon enrayée du moins stabilisée grâce à la politique énergique du gouvernement et à la mobilisation de nombreuses ONG, qui ont généralisé les pratiques de prévention en sensibilisant la population tout en accompagnant les malades…

La corruption est une spécialité africaine

Dans de nombreux pays, l’exercice du pouvoir se confond avec les ponctions exercées sur les ressources, qu’il s’agisse des matières premières (la rente du cuivre, de l’or, du pétrole…) ou de l’aide internationale : il ne s’agit pas là d’un préjugé, mais d’une triste réalité. Selon des spécialistes cités par Dambisa Moyo, sur les 525 milliards de dollars que la Banque mondiale a prêtés aux pays en développement depuis 1946, au moins 25 % ont été employés abusivement !

Quant aux revenus tirés des ressources naturelles (pétrole et minerais principalement), ils sont investis dans l’importation de produits manufacturés au bénéfice des nouvelles classes moyennes. La croissance du continent, qui a atteint 6 % en 2007 n’a pas été synonyme de réduction de la pauvreté.

Cependant, l’étau se resserre : des organisations comme Transparency International décernent des cotes suivant le degré de corruption, les initiatives telles que le processus de Kimberley, qui établit la traçabilité des diamants, rendent plus difficile le commerce des diamants de guerre, les codes de bonne conduite se multiplient et la fraude devient malaisée. Elle perdurera cependant dans tous les pays où les services publics sont peu ou mal payés, partout où en l’absence de sécurité sociale, chacun doit compter sur la solidarité de sa famille et où la sanction sociale frappe ceux qui refusent de partager leurs avoirs…

L’Afrique a raté le train du progrès, de l’innovation technologique

Lorsqu’elle s’est implantée au Congo Kinshasa, la société sud-africaine Vodaphone comptait faire 500.000 abonnés. Un an plus tard, elle en avait deux millions. Elle en a quatre aujourd’hui… Malgré la guerre et l’absence de routes, la totalité du territoire est couverte par des antennes et la téléphonie mobile est devenue un moyen de communication indispensable. Au Rwanda, toutes les écoles sont dotées d’un ordinateur et pratiquement tous les citoyens ont accès à internet. Les deux pays, de même que le Burundi, la Zambie et le Congo Brazzaville, vont bientôt être dotés de la fibre optique et les communications s’échangeront à la vitesse de la lumière. Autrement dit, l’Afrique non contente de s’adapter s’est révélée capable de réaliser des sauts technologiques, de brûler les étapes. Ce qui a été possible dans le domaine des communications se réalisera demain dans d’autres secteurs…

pratique

Africa. Avance rapide.

Expo temporaire à Bruxelles, du 2 octobre au 13 décembre 2009, simultanément à l’Atomium et au Musée royal de l’Afrique centrale. Billet combiné pour les deux expos.

www.africamuseum.be

www.atomium.be