Une certaine idée du métier de correcteur

STAGIAIRE

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Vendredi 14 avril 2006

Elisabeth Gautier est correctrice éditoriale, une profession de l'ombre, dédiée au plaisir de la lecture.

J'adore mon métier. Être invisible dans la chaîne du livre ne me gêne pas du tout. Au contraire. » Voilà qui est dit. Pour Elisabeth Gautier, correctrice éditoriale, la satisfaction est ailleurs. Plus subtile. « Savoir que l'on est indispensable, reprend la correctrice. Même s'il existe de bons logiciels comme Pro Lexis, le correcteur est irremplaçable. Il donne du liant au texte, en l'uniformisant. »

Plus subtil encore, Elisabeth Gautier est française. Elle travaille pour des maisons d'édition en France mais aussi en Belgique pour Luc Pire. « C'est un avantage d'avoir des correcteurs français pour conquérir le marché en France. Car il existe quelques petites finesses de langue dans les deux pays. »

Son travail, elle le conçoit comme créatif. Et s'il est bien fait, ni l'auteur ni le lecteur ne doivent s'apercevoir que je suis passée par là ! » Il se déroule normalement en deux temps. « Mais cela dépend des budgets. Et ça explique que l'on trouve parfois des fautes dans les livres ! »

A la première lecture, « j'instaure la hiérarchie du texte : titres et paragraphes. Je le nettoie de ses fautes d'orthographe et je rétablis la ponctuation. » Puis elle reçoit le texte une seconde fois, après la mise en page : « C'est là que je peaufine. J'interviens sur le sens, j'enlève les répétitions. Je propose les suppressions et rajouts de texte aux auteurs. » Sur ses relations avec eux, Elisabeth Gautier est catégorique. « J'ai très peu de contacts avec les auteurs. L'éditeur fait tampon. »

Son métier, c'est aussi un prolongement de sa passion pour la lecture. « Je découvre des livres que je n'aurais, sinon, jamais lus ». Ah, justement, un regret en tant que lectrice : « Je suis gênée par les fautes quand je lis. Ça enlève un peu de magie à la lecture. »