HUON,JULIE
Jeudi 23 avril 2009
Sigrid Astrup, alias Miss.astrup, est une Danoise un peu dingo (quand elle chante qu’elle veut faire l’amour avec son cheval) mais qui excelle dans l’animation du sable noir. Où une grenouille devient un golem qui se change en ours noir qui vire hirondelle qui… Il y a du Fritz Lang là-dessous et des images proches de la gravure. La BO avec ses bruits sourds et ses ahanements est flippante. (54 sec)
Benjamin Guillaume (ou Birdy Ben) est le graphiste à l’origine des plus beaux génériques télé en France comme Change ta chambre (France 2) ou La vie des animaux (France 5). Ce court-métrage avec bidet vert, yorkshire satanique et tapis de Twister a la fraîcheur d’un Toto le héros et une énergie très pop. (6 min 45)
La photographe new-yorkaise Piper Carter, habituée du Elle et du Vogue, a posté ce travail d’école dédié aux inconditionnels de superhéros. Un clip bourré d’effets kitsch (miroir horizontal, écran partagé) à l’image de son héroïne, une wonderwoman en bottes rouges et jupe de lurex bleu qui court sur le toit d’un immeuble ensoleillé. (1 m 51)
Jonathan Jarvis est étudiant à l’Université d’art et de design de Pasadena, Californie. Son truc : clarifier les choses compliquées. The Crisis of Credit Visualized use de schémas, de symboles et de petits bonshommes tordants pour nous expliquer consciencieusement les origines de la crise financière. Deux fois plus de visionnage sur Vimeo que sur YouTube. (11 min 15)
Keith Loutit, photographe australien, signe cette carte postale de Tamarama Beach (Sydney), où grouillent de microhumains en maillot. Ses objectifs « tilt-shift » créent une profondeur de champ très courte pour un superbe effet « maquette ». (1 min)
Le crayon fou, blanc pur sur fond noir tableau, de la Suédoise Greta Thorsdottir, esquisse trait par trait les contours délicats d’une coupe en cristal qui se remplit de fraises tourbillonnantes. Une animation Flash pour amateurs d’épures, qui change un peu des vidéos habituelles de dessin accéléré. (1 min 31)
Wes Johnson, un photographe d’Arizona, a filmé avec une caméra HD (et beaucoup de patience) des lignes à haute tension dont les oiseaux s’envolent et où ils reviennent se poser. Une danse hypnotique, transcendée par L’autre valse d’Amélie, de Yann Tiersen. (1 min 34)
YouTube reçoit 73 millions de visites par jour. Vimeo ne joue pas dans la même cour avec ses 3 millions à peine. Mais son contenu fait toute la différence, attirant mordus d’art, de photo, de graphisme et de cinoche. Fondé en 2004 par Jakob Lodwick, réalisateur et web entrepreneur, Vimeo se fait vite voler la vedette par un YouTube lancé quelques mois plus tard, plus sexy, plus racoleur avec ses innombrables vidéos virales. Sur ce poids lourd du partage – comme sur Dailymotion, son concurrent direct –, le premier venu s’improvise acteur, chanteur, réalisateur.
Mais cinq ans après cette cyberrévolution, alors que les caméras haute définition commencent réellement à devenir plus accessibles, l’internaute semble avoir envie de se tourner vers autre chose. Et Vimeo, peu à peu, prend du galon. Et la troisième place au hit des sites de partage, devant ses rivaux Blip et Viddler.
Il y a quelques mois, le « YouTube des artistes » a encore innové en lançant Vimeo Plus, un service payant qui donne accès à des outils et options supplémentaires. Du propre, du net, permettant au site de s’affranchir un peu des bannières de pub qu’il n’insère de toute façon jamais sur les vidéos.
Sur YouTube, ce qui marche, c’est « Evolution of Dance » ou « Battle at Kruger », visionnés des millions de fois. Sur Vimeo, c’est ceci.