Une fusion bénéfique avec Liège

JORIS,NOELLE

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Vendredi 16 septembre 2011

Enseignement Rentrée académique à Gembloux Agro-Bio Tech

Entretien

Dans le paysage de l’enseignement supérieur francophone, les fusions se négocient sur la base d’échecs, comme pour l’Académie Louvain, ou sur des accords comme pour la nouvelle haute école Henallux. Les Facultés agronomiques de Gembloux, elles, peuvent se vanter de deux années de mariage avec l’université de Liège.

Eric Haubruge, vice-recteur de Gembloux Agro-Bio Tech (nouvelle appellation des facultés agronomiques de Gembloux, depuis les noces), entame d’ailleurs avec enthousiasme cette nouvelle année académique de vie conjugale.

Cette fusion avec l’ULg, en 2009, était nécessaire pour Gembloux ?

Oui, je pense que la faculté n’aurait pas survécu à long terme, sans cette fusion. Les charges financières devenaient trop lourdes. Aujourd’hui, nos moyens sont rationalisés. La mise en place de cette fusion n’a pourtant pas été facile. Des deux côtés il y avait des craintes. Moi-même, j’étais de ceux prêts à aller déverser un tas de fumier devant l’ULg si les choses se passaient mal. Deux ans après cette fusion, le bilan est très positif. Dans le mot « intégration », on voit souvent le côté négatif. On pense par exemple à une perte d’emplois. Mais ici, cette intégration n’a eu aucun impact négatif. Aucun emploi n’a disparu. Et la fusion nous a permis de nous consacrer davantage à nos domaines d’excellence mais aussi d’élargir notre spectre de compétences.

Des exemples ?

Pour la formation des vétérinaires, on dispose d’une palette plus complète puisqu’à Gembloux on est spécialisé en « production animale », et à Liège en soins aux animaux. Autre exemple : on développe actuellement une plate-forme de recherche en agroalimentaire. Nous nous occupons de la partie liée à l’agriculture, à la biologie. Liège offre ses compétences sur la sécurité alimentaire. Dans de nombreux domaines, nous sommes complémentaires, ce qui est enrichissant.

Vous poussez donc aux fusions dans le paysage de l’enseignement supérieur ?

Oui, nous sommes une trop petite région, à l’échelle européenne, pour rester renfermés sur nous-mêmes. Nous devons réorganiser notre enseignement pour garantir des formations de qualité, en évitant les redondances. Il faut décloisonner le secteur. La proposition du ministre Marcourt de créer des pôles géographiques de l’enseignement nous convient parfaitement.

Autre relation à entretenir : celle avec la Ville de Gembloux…

Nos relations sont bonnes mais je voudrais davantage d’interactions entre la ville et la faculté. Nous devrions collaborer davantage, organiser par exemple des activités communes. Pour l’instant on est frileux des deux côtés. C’est vraiment un point sur lequel je souhaite travailler.

Des projets pour cette nouvelle année académique ?

En termes d’infrastructures, on poursuit notre projet de construire une plate-forme de recherche en agroalimentaire. Il s’agirait d’un grand laboratoire pouvant accueillir 250 chercheurs. On va aussi construire un bâtiment où l’on étudiera de nouvelles plantes. Les deux bâtiments devraient être terminés en 2014.

13

Finances

La faculté dispose en ses laboratoires d’appareillages d’une valeur totale avoisinant les 13 millions d’euros. Par ailleurs, la construction de la plateforme agroalimentaire coûtera environ 11 millions d’euros.

1.300

Étudiants

L’université de Gembloux compte plus de 1.300 étudiants. Cette année, il y a 217 nouveaux inscrits. Depuis la fusion avec l’ULg,

la faculté gembloutoise enregistre une centaine d’inscriptions supplémentaires.