Une gynécologue condamnée après la mort d'un bébé

BRASSEUR,LAURENCE

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Mercredi 6 septembre 2006

Neufchâteau Le tribunal suit l'avis des experts qui prônaient une césarienne

Cinq mois de prison avec sursis et une amende de 1.100 euros. Une peine prononcée par le tribunal chestrolais à l'encontre d'une gynécologue, qui exerce actuellement à l'étranger.

Ce médecin était poursuivi pour avoir, par défaut de prévoyance, causé involontairement la mort sans intention de la donner, et pour ne pas avoir porté secours à l'enfant.

Le 24 mai 1999, une dame enceinte et à terme se présente dans un hôpital luxembourgeois pour accoucher. La future maman souffre d'une spécificité physique : elle dispose de deux utérus. De plus, l'enfant se présente en siège. Pourtant, la gynécologue qui suit la maman depuis le début de sa grossesse va commettre une faute professionnelle. Une erreur fatale au bébé, né vivant et formé, mais qui décédera par asphyxie. La gynécologue a fait le choix de tenter un accouchement par la voie basse, 26 minutes après avoir constaté une dégradation de la santé de l'enfant. Les experts sont pourtant clairs. « L'accouchement par césarienne s'imposait par la position du bébé. »

Le tribunal, se basant sur cet avis, estime que la gynécologue a doublement fauté. « Avoir tenté un accouchement par les voies naturelles et avoir mis un temps de réflexion trop long avant d'opter in fine pour une césarienne. Le médecin a persisté dans son hésitation tout en étant gagnée par l'affolement et le stress. Elle a fait preuve d'un manque de professionnalisme. » Un de ses confrères, appelé en urgence ce jour-là, était également poursuivi. Il a été acquitté, le tribunal estimant qu'il n'a commis aucune faute. Il ne connaissait pas le dossier médical de la maman et a agi sous les instructions de sa consoeur.