Une nouvelle source de cellules souches

PONCIN,JACQUES

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Mardi 9 janvier 2007

Recherche Résultats encourageants... sur la souris

Des cellules souches identifiées dans le liquide amniotique. « Un compromis acceptable », selon le Vatican.

Une nouvelle source de cellules souches possédant la capacité de régénérer des tissus vient d'être identifiée par l'équipe d'Anthony Atala (Université Wake Forest, USA) : le liquide amniotique. Il contient en effet des cellules qui peuvent être mises en culture et se transformer en cellules d'os, de nerf, de muscle, etc.

Rappel : chacun de nos tissus se forme à partir de cellules qui, à un moment de leur développement, se différencient. Dans l'organisme, il existe ainsi de petites réserves de cellules-souches que l'on peut récupérer, mettre en culture et que l'on pourrait replacer dans un organe à régénérer, pour soigner, par exemple, une maladie neurodégénérative (Alzheimer, Parkinson...). Ce sont les cellules-souches adultes.

Il en est d'autres, que l'on trouve dans des embryons provenant d'un avortement. Elles présentent l'avantage de pouvoir, à la demande, se transformer en n'importe quelles cellules de l'organisme. Mais leur origine pose problème éthique, et le Vatican y est farouchement opposé. D'où l'intérêt qu'il porte à cette découverte publiée ce week-end par Nature Biotechnology, qualifiée d'« éthiquement admissible » : utilisant des échantillons de liquide amniotique prélevés à des fins de diagnostic, les chercheurs américains y ont trouvé des cellules dont le niveau de développement se situe à mi-chemin entre les deux autres types de cellules-souches. En culture, elles se divisent toutes les 36 heures et se sont développées au cours de 250 cycles de doublement sans qu'ait été observé un raccourcissement des télomères (ce qui fournirait la preuve d'un vieillissement cellulaire) ou le moindre risque de formation d'une tumeur. Ils ont aussi montré que, replacées dans un organe malade, ces cellules avaient acquis un certain « potentiel fonctionnel ». Sur la souris ! La médecine humaine devra sans doute attendre encore longtemps.