Une statue pour le crématorium

LEROY,MARCEL

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Samedi 2 septembre 2006

Gilly La sculpture de Giuseppe Miggiano bientôt inaugurée

Une statue haute de 4 mètres veillera sur la pelouse du crématorium de Gilly. Il manquait une oeuvre d'art pour symboliser le dernier voyage, ce moment où les cendres du défunt se joignent à la terre. L'inauguration de cette « Porte de l'éternité » se déroulera le 10 septembre. Le sculpteur Giuseppe Miggiano verra son homme de tôle d'acier inoxydable se faire veilleur.

La statue a été pensée et conçue dans le petit atelier de Giuseppe, à Dampremy. « Autrefois, cette maisonnette abritait des écuries », dit-il. Du haut de la rue, le regard découvre la Sambre et ses usines. Dans la sérénité de son atelier sorti du passé, l'artiste explique sa démarche. « J'ai commencé par construire une maquette, avec mon personnage en cire, deux colonnes, et un cercle où j'ai placé un coeur d'albâtre. » Cet ancien technicien des Acec puis d'Alcatel a toujours exploré des mondes imaginaires. Dans les années 60, il a étudié la sculpture à l'académie de Charleroi avec le professeur De Rouck. « Pour Gilly, j'ai dessiné d'abord un être du futur, pour marquer le relais des générations qui perpétuent la vie. J'ai d'abord fabriqué un treillis pareil à une trame informatique, avec du fil de fer. Dessus, j'ai soudé des lamelles d'acier poncé, comme on coudrait un costume. La lumière s'accroche aux pièces martelées et aux griffures de la soudure. Ensuite, j'ai coulé les autres éléments et installé un mécanisme pour l'éclairage intérieur de l'albâtre. »

Dressée dans l'atelier, la statue est prête à aider au recueillement. Elle domine de sa haute taille d'autres sculptures, plus petites, rappelant des statuettes antiques qui auraient pu être découvertes dans des pyramides. « Je cherche à rappeler la mémoire des civilisations enfouies », dit Giuseppe Miggiano.

Dans un autre atelier, des sculptures cinétiques datant de l'époque où il exposait avec Pol Bury ou Calder montrent sa virtuosité de technicien autant que sa créativité. « C'est ma vie », dit-il en actionnant un mécanisme qui libère le chant lancinant d'une sculpture animée. Il a exposé à Bois-du-Luc pour Hainaut-Métallurgie, ses oeuvres sont à Charleroi, La Louvière, Mons et Liège, mais aussi à Moscou et Pittsburgh. C'est lui qui a fait la sculpture de la place du Ballon, à Jumet.

Et c'est à lui qu'a été confiée la mission de donner une âme à la pelouse du crématorium, à Gilly.