UNIONS FORCEES DANS LE SUD

BURGRAFF,ERIC

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Jeudi 9 novembre 1995

Unions forcées dans le sud

Pas de fermeture d'écoles dans nos régions, mais des fusions parfois difficiles à mettre en oeuvre.

Six regroupements proposés en province de Luxembourg et huit dans le Namurois, pour les écoles du secondaire de la Communauté française. Les réactions.

Bastogne - Houffalize. C'est un décret préoccupant pour un milieu caractérisé par la faible densité de population, commente Pierre Charneux, directeur de l'athénée d'Houffalize. Qui plus est, la mesure tombe bien mal dans le cadre d'un établissement qui repart à la hausse. C'est une déception à titre personnel. Mais nous ne voulons pas être défaitistes, il faut continuer. Nous voulons maintenir une unité opérationnelle à Houffalize.

Bouillon - Paliseul. Pas de commentaire à Paliseul en l'absence du directeur. À Bouillon, par contre, M. Giot, préfet faisant fonction, tenait à rectifier le tir : il s'agit bien d'une fusion égalitaire et non d'une absorption de Bouillon par Paliseul. Quoi qu'il en soit, ça ne nous arrange guère, les distances entre les deux sites sont importantes. Néanmoins, si on peut garder la structure actuelle, ce sera un moindre mal, à l'exception évidemment des pertes d'emplois.

Durbuy - Manhay. Personne non plus à Manhay pour commenter la situation. À Bomal (Durbuy), par contre, le préfet Gridelet tenait aussi à rectifier le tir : il est bien question de fusion égalitaire et non d'absorption. Pour le surplus, il déplore les pertes d'emplois : 5 à 6 temps complets selon les premières simulations. Nous risquons aussi des pertes d'élèves. Je ne vois pas bien nos étudiants faire des déplacements supplémentaires. Ils se tourneront plutôt vers d'autres écoles. Il est très facile de regrouper des gens sur papier, mais sur le terrain, par contre...

Libramont - Saint-Hubert. C'est essentiellement Saint-Hubert (120 élèves) qui devrait faire les frais de l'opération d'absorption par le mastodonte libramontois (1.000 élèves). Cela peut être dangereux, car rien ne nous garantit que nous resterons une implantation de Libramont, commente J.-C. Blaise, préfet de Saint-Hubert. Nous n'avons pas non d'information quand au maintien de l'internat, des classes de forêts et de l'école primaire.

Habay - Martelange - Arlon. Pas de commentaire officiel hier sur le détricotage du lycée d'Habay-Martelange. Pour rappel, il est question de faire absorber le site d'Habay par l'athénée d'Arlon et celui de Martelange par l'école technique d'Arlon.

Bertrix - Bertrix. Hier, les responsables de l'école technique communale de Bertrix discutaient d'une remise en cause du projet qui préconise une fusion avec l'athénée de Bertrix. L'idée ne fait en effet guère d'heureux dans une école communale qui était un peu le pendant confessionnel de l'enseignement officiel. Dès lors, il semble que l'école technique penserait à une fusion avec son homologue de Bastogne. À l'athénée, pourtant, on croit dur comme fer à la fusion Bertrix - Bertrix : C'est ce qui peut arriver de mieux, cela permettra le maintien de l'offre d'enseignement la plus complète, rapporte M. Lumen, directeur de l'athénée. Il n'y a pas de piège. La grosse difficulté sera psychologique. Nos sections sont complémentaires. Dans le cas d'une fusion de l'école technique avec Bastogne, nous devrions alors nous tourner vers l'athénée de Neufchâteau. Pour nous, ce serait une catastrophe.

É. B.