Après la gare : les proprios attendent

RENETTE,ERIC

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Mercredi 12 mai 2010

Urbanisme Petite avancée dans la transformation du quartier des Guillemins

Cinq mois ! C’est le temps qu’il a fallu pour rassembler autour d’une même table la SDLG (société de développement de Liège Guillemins regroupant Ville, Région et intercommunale SLF) et des émissaires de la SNCB-Holding. Or l’objet de la SDLG, créée en décembre 2009, est de rassembler tous les acteurs du développement immobilier autour de la nouvelle gare de Liège. Et le début des travaux est annoncé pour août si Liège veut pouvoir « consommer » tous les subsides européens d’ici 2014. La lenteur de l’un est-elle compatible avec l’urgence de l’autre ?

Ça sautait aux yeux lors de l’inauguration de la gare en septembre dernier, l’aménagement des alentours n’avait pas suivi une allure TGV. En cause, la mésentente entre les principaux propriétaires des terrains situés devant la gare : la Ville de Liège, l’État fédéral (à travers la société Fedimmo) et la SNCB-Holding. Pour rappel, les Chemins de fer avaient développé avec l’architecte Calatrava un projet immobilier redessinant une bonne partie du quartier des Guillemins. De manière démesurée, ont clamé les responsables de la Ville et du quartier. Depuis, ces deux-là ne se parlaient quasi plus.

Ce mardi donc, grande première : la SNCB a envoyé deux « observateurs » au conseil d’administration de la SDLG (Fedimmo était venue présenter son projet de tour administrative lors du conseil précédent).

Observer n’est pas consentir : la SNCB-Holding conditionne depuis le début une éventuelle participation dans la SDLG à la présentation d’un plan financier solide de l’édifice immobilier. La SDLG annonce enfin que ce plan financier va être présenté au prochain conseil d’administration. Alors que la Ville vient d’annoncer le début des travaux et le calendrier des réalisations (« Le Soir » du 8/5).

Il faut dire que la situation est particulièrement complexe. La SDLG est avant tout un « outil » qui permet de réceptionner les subsides européens (12,6 millions). Mais la future maîtrise de l’ouvrage a été rétrocédée par convention à la Ville de Liège, qui dispose des services nécessaires et les assurera gratuitement. En réalité, la SDLG ne dispose d’aucun moyen. Elle doit pourtant officiellement assurer « la part de l’opérateur » non couverte par les subsides (850.000 euros) qu’il va falloir trouver par un biais à concrétiser avec la Ville.

Un des éléments phares qui devrait équilibrer les prétentions des deux éventuels partenaires, assurément adversaires, c’est l’évaluation de la valeur des terrains qui vient d’être réalisée par un notaire : ça tombe bien, les 15.430 m2 de la Ville valent théoriquement 11,38 millions quand les 15.052 m2 de la SNCB-Holding sont évalués à 12,03 millions. Quasi la même chose, même si différents critères sont entrés dans le calcul : proximité de la gare, possibilité de construire plus ou moins en hauteur, profil socio-économique des affectations… Une proximité du poids financier qui va aider à calmer les ardeurs des garophiles et les prétentions des Calatrophiles ?