Cathédrale-Nord déboussolé ?

MATRICHE,JOEL

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Jeudi 9 décembre 2010

Urbanisme UrbAgora veut « améliorer les conditions de vie en ville »

La prochaine réfection de la Grand-Poste, l’aménagement planifié du quai-sur-Meuse et du quai Roosevelt, l’intérêt grandissant des agents immobiliers pour la rue Cathédrale et les ruelles adjacentes confirment ce que laissait présager, au printemps 2009, la fermeture des salons de prostitution en Cathédrale-Nord : le quartier va être considérablement modifié dans les années à venir. Au profit des Liégeois ?

Craignant que ces aménagements futurs ne détériorent les conditions de vie en ville plutôt que les améliorer, que les « grandes manœuvres immobilières » ne mettent au pas la diversité sociale et culturelle du quartier, que le caoutchouc des pneus soit encore préféré à celui des semelles, l’ASBL UrbAgora a présenté mercredi sa « contre-étude sur l’avenir du quartier ». Limitation des places de parking, création d’espaces publics, de piétonniers et de pistes cyclables, plus grande implication du public dans la gestion des logements sont quelques-unes des contre-propositions lancées par l’association. En espérant, résume son président François Schreuer, que cet inventaire « provoque la tenue de discussions publiques et critiques sur les orientations très importantes qui se décident dans une relative discrétion. »

La Meuse aux Liégeois. Du macadam tant qu’on en veut mais pas de piste cyclable ni de véritable réflexion paysagère : le prochain aménagement du quai-sur-Meuse est, estime UrbAgora, de ces projets urbains dont « on ne voudrait pas dans un zoning » et risque de rendre les berges du fleuve moins accessibles encore. La conséquence notamment, se désole encore Urbagora, du manque de vision et de coordination des acteurs publics : « Différentes infrastructures vont donc être réalisées sans qu’aucun intervenant n’ait une vision globale de la situation. » L’ASBL plaide au contraire pour une « réflexion globale sur les quais de la rive gauche », pour une réduction de la place accordée aux voitures, pour l’amélioration de la qualité des espaces publics et la création d’une « continuité urbaine entre le quartier Cathédrale et le fleuve. »

Une politique de stationnement intégrée. Bien que le quartier soit généreusement desservi par les transports en commun – aujourd’hui les bus et le train, demain le tram –, la part belle est encore réservée à l’automobile. « Il faut progressivement. opérer une réduction de l’offre de stationnement » et « libérer de l’espace pour du logement ou d’autres fonctions urbaines nobles », réclame Julia Luxen, administratrice de l’ASBL. La place Cockerill, le quartier Saint-Denis, les places Saint-Etienne et République française pourraient pour les uns être piétonniers, pour les autres oser des ambitions sociales et récréatives.

Locomotive culturelle. Plutôt que s’installer à côté de l’héliport, pourquoi ne pas implanter le futur musée Simenon en Cathédrale-Nord, voire rue Léopold ?

Maîtrise du foncier. Cathédrale-Nord, reprend François Schreuer, est « le dernier quartier central de la rive gauche ayant conservé une dominance populaire. »

Il est donc nécessaire, juge-t-il, de maintenir cette diversité et cette accessibilité. Une plus grande implication du public dans la rénovation de ce parc immobilier et dans la création de kots salubres et à loyer modéré, une augmentation aussi de l’offre de logements sociaux font partie des outils proposés.