Vagues européennes autour de la liaison

MOREL,PIERRE

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Lundi 14 avril 2008

Mobilité Après l’avis de la Commission sur CHB

Réactions diverses après l’irrégularité constatée par la Commission. Entre scepticisme et satisfaction.

L’avis motivé de la Commission européenne sur le dossier de la liaison entre Cerexhe-Heuseux et Beaufays (CHB), révélé par Le Soir samedi 12 avril, a fait chauffer les téléphones ce week-end entre les cabinets ministériels. En estimant irrégulière l’inscription au plan de secteur du tracé autoroutier par simple assimilation de la « zone de réservation » qui y figurait, la Commission a sérieusement compliqué le dossier. D’après nos informations, après avoir réfléchi ce week-end, le gouvernement wallon devrait se fendre rapidement cette semaine d’une réponse circonstanciée à la Commission. En attendant, ce n’est que de façon officieuse et anonyme qu’on accepte de commenter la décision européenne.

« Il convient de signaler que le décret de simplification administrative ici attaqué par l’Europe avait pour objectif de lever une incertitude juridique, explique-t-on au MET. Avant cela, il n’y avait pas de consensus quant à savoir si l’inscription en zone de réservation suffisait pour demander un permis. »

Argument technique ?

Contrairement à la Cour d’arbitrage, saisie déjà par les riverains du Groupement CHB, l’Europe estime donc qu’il aurait fallu, avant d’assimiler la zone de réservation à une inscription au plan de secteur, effectuer des études d’impact. « C’est un argument technique, mais il faut bien rappeler que dans ce dossier, il n’y a pas de régression environnementale, au contraire, reprend-on au MET. Le projet qui a été soumis à la demande de permis avait été fondamentalement revu pour intégrer la majorité des remarques et recommandations de l’étude d’incidences. »

Du côté des opposants au projet, c’est évidemment la satisfaction : « Il est amusant de constater que ce recours n’était pas celui dont nous espérions le plus, souligne François Schreuer, porte-parole du Collectif pour un moratoire CHB. Le Groupement CHB l’avait déposé il y a des années et pensait le dossier enterré ! Mais il faut rester prudent et mobilisé : cela va sans doute les embêter à Namur, je m’attends qu’ils essayent de passer outre. Cet avis de l’Europe va donc sans doute surtout nous faire gagner du temps. Et peut-être ouvrir enfin un vrai débat politique. »

À ce niveau, Écolo a également réagi par la voix de son député wallon Bernard Wesphael, qui interpellera mercredi le ministre de l’Environnement Benoît Lutgen : « L’avis de la Commission confirme amplement ce qu’Écolo a toujours dit dans ce dossier, à savoir qu’on ne pouvait pas se passer d’une étude d’impact globale… »