Van Damme au cœur du duel

THIRION,XAVIER; VOLPE,ANGELO; PAIROUX,ETIENNE

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Samedi 29 août 2009

Division 1 Anderlecht-Standard, dimanche à 20h30

On les a laissés le 24 mai dernier, les bras au ciel pour les Liégeois, la tête rentrée dans les épaules pour les Bruxellois. On les retrouve pratiquement cent jours plus tard dans des circonstances bien différentes car même si un duel entre Anderlecht et le Standard gardera toujours une saveur particulière pour le public, la réforme du championnat enlève une part de piment à ce « clasico » qui n’a cependant pas manqué d’alimenter la polémique pendant tout l’été.

Au parc Astrid, en deux mois, il y a eu la qualification pour l’Europa League au détriment de Sivasspor, l’élimination de la Ligue des champions des œuvres de Lyon et quatre premiers matchs de championnat remportés sans courir trop de risques. Mais à quelques heures du premier des quatre sommets prévus cette saison – en cas de qualification pour les playoffs, évidemment –, quel sujet alimente le plus de conversations ? Celui qui concerne Jelle Van Damme.

« Il sera prêt » s’est borné à répondre Ariël Jacobs quand on lui demande si son arrière gauche sera aligné contre l’équipe qu’il « souhaitait » rejoindre fin juillet. Pour le reste, l’entraîneur du Sporting est revenu sur la prestation contre Lyon, qui ne fut pas du goût des supporters anderlechtois. « Les coups de sifflet peuvent être interprétés de façon différente par chaque joueur. Certains font preuve de caractère et cela leur passe par-dessus la tête ; d’autres y sont plus sensibles. Moi, je reste sur ma position par rapport aux choix posés mardi passé. Biglia demeure d’ailleurs très incertain pour le duel contre le Standard alors que Suarez souffre des abdominaux depuis un certain moment. Le risque est de le perdre pour plusieurs mois si on ne gère pas bien ce paramètre. »

En cas de victoire, Anderlecht mettrait son plus sérieux rival pour le titre à neuf longueurs. Pas de quoi émouvoir Ariël Jacobs qui a fait ses comptes. « Ce n’est pas un contexte identique au test-match. Loin de là même. Ce n’est qu’une des 30 rencontres dont l’enjeu se limite à 1,5 point. »

Laszlo Bölöni aussi ne veut pas faire de ce match une rencontre capitale. « Une défaite ne serait pas une catastrophe, souligne le coach transylvanien. Ce n’est que du foot et les tragédies sont ailleurs ».

Le foot n’est que du sport, mais qui peut apporter des satisfactions : comme un titre de champion. « J’ai été très content de le remporter. Mais cela n’a duré qu’un jour, un jour et demi et puis je suis passé à autre chose. »

Parce que depuis le 24 mai, le Standard n’est plus le même. Sportivement, le départ d’Oguchi Onyewu a laissé un vide que le Standard cherche toujours à combler. L’Américain qui, à l’issue du test-match, avait intenté une action en justice pour des propos de… Jelle Van Damme qu’il jugeait racistes. Et c’est toujours le même Van Damme qui est précisément à l’origine d’un conflit entre les deux directions. Un conflit qu’elles vont, peut-être, tenter d’aplanir ce dimanche, avant le match.

Auparavant, le club principautaire aura peut-être fini de se renforcer. Jeudi, Gershon et Felipe, deux défenseurs centraux israélien et brésilien, ont rejoint l’Académie, le premier pour retrouver Bölöni puisqu’il a déjà effectué un test, le second pour être présenté à son nouvel entraîneur. Mais l’un et l’autre n’entrent évidemment pas dans les plans du Roumain au parc Astrid.

« Comme en Ligue des champions, je veux retrouver ma bande de salopards. Et j’espère qu’elle acceptera de retrouver l’anonymat. Alors, le Standard pourra à nouveau se faire respecter. En attendant, j’aimerais bien aussi que ce déplacement à Bruxelles motive tout le monde. Et quand je dis j’aimerais, c’est que je n’en suis pas certain. »

Aurait-il peur que ses ouailles pensent déjà à Arsenal ?

P. 42 Wasilewski, si populaire

Wasilewski : « Ce n’est pas pour les fillettes »

Anderlecht Le Polonais ne pense plus au test-match

ENTRETIEN

Marcin Wasilewski n’a pas le style de la maison mauve, mais il jouit d’une incroyable popularité auprès des supporters anderlechtois. Ceux-ci lui ont dédié une chanson (Wasyl sur l’air de Brazil) et, au fanshop, un maillot vendu sur quatre porte le nom de l’arrière droit…

Marcin Wasilewski, lors du test-match retour à Sclessin, vous aviez décoché deux coups de coude qui avaient sérieusement terni votre image…

Je ne donne pas des coups de coude intentionnellement, mais je veux toujours gagner. Cela s’est produit peut-être un peu trop souvent ces derniers temps mais il n’y a jamais, derrière ces gestes, l’envie de faire mal. Tout le monde semble oublier que lors de ce fameux test-match retour, j’avais rapidement été blessé à la tête et j’avais été contraint de jouer pratiquement tout le match avec un petit bonnet sur le crâne. Mais j’ai déjà oublié tout ça. Cela ne me pose pas de problème d’avoir reçu l’un ou l’autre coup. Le joueur du Standard qui m’a blessé était animé de la même envie de gagner que moi, tout simplement. On a beaucoup plus parlé de mes coups de coude que du coup de De Camargo, mais j’ai l’habitude.

Tous les joueurs qui veulent gagner n’utilisent pas leur corps de la même façon que vous…

Dès que je suis sur le terrain, je donne tout pour l’équipe. Je ne suis pas un virtuose. C’est la raison pour laquelle je fais ce que je peux et j’utilise ma force physique. C’est tout ce que je sais faire. Je sais que cela peut se retourner contre mon équipe, mais je n’y pense plus quand je suis sur le terrain. Il est déjà arrivé que je blesse quelqu’un avec mes coups de coude, mais j’en ai déjà aussi encaissé. Le football est un sport dur, ce n’est pas pour les fillettes. Quand on le pratique, on sait qu’on s’expose à des blessures.

Ne craignez-vous pas que les arbitres soient moins indulgents avec vous qu’avec d’autres joueurs ?

C’était peut-être davantage le cas lors de mon arrivée en Belgique, il y a deux ans et demi. A l’époque, j’avais reçu treize ou quatorze cartes jaunes en une saison.

Vos adversaires n’ont-ils pas tendance à vous provoquer ?

Certains se laissent tomber au moindre contact, comme si je leur avais fait affreusement mal. Je trouve cela puéril.

Vous avez tout intérêt à ne pas vous faire exclure. Anderlecht n’a pas vraiment d’alternative pour le poste de back droit…

J’en suis conscient. J’ai déjà eu des discussions à ce sujet avec Ariël Jacobs, il m’a donné quelques conseils.

Comment vous définiriez-vous en tant que joueur ?

Comme un serviteur pour les techniciens. Certains ont reçu leur talent comme un cadeau de Dieu mais je n’appartiens malheureusement pas à cette catégorie. J’ai dû travailler dur pour arriver où je suis. J’en suis très fier.

Si les critiques ne vous ont pas épargné, les supporters, par contre, vous adorent…

Les critiques étaient justifiées, j’essaie d’en tirer les leçons. Mais le soutien des supporters me fait énormément de bien. Il me pousse à me battre encore davantage dans l’intérêt du club.

Contrairement à beaucoup d’internationaux d’Anderlecht, qui ont évoqué un transfert ces derniers mois, vous êtes resté très discret à ce sujet. Pourquoi ?

Parce que j’ai d’autres objectifs. Je veux par exemple participer un jour à la Ligue des champions avec le Sporting, mon employeur. On ne devrait jamais parler d’envie de transfert dans les journaux. Un proverbe polonais dit : “Tu ne mords pas la main de celui qui te donne à manger”.

Vous rêvez de la Ligue des champions, mais n’avez-vous pas été effrayé par la différence de niveau entre Lyon et le Sporting ?

On savait que ce serait très difficile. Mais le plus douloureux, lors de ces deux matchs, est qu’on ne s’est pas battu comme on aurait dû le faire. J’ai également joué en dessous de mon niveau.

Voyez-vous le choc de dimanche contre le Standard comme une revanche après les deux titres perdus à Sclessin ?

Peut-on parler d’une revanche alors qu’on va jouer quatre fois l’un contre l’autre cette saison ? Cela dit, je ferai tout pour gagner, comme toujours.

Marcos : « Ma blessure n’est pas une excuse »

Le 14 décembre 2008, Marcos était mis à terre par Sonck, la cheville endolorie. Depuis, le Brésilien si brillant en 2008, n’a plus jamais retrouvé son niveau. « Croyez-moi, quand un joueur reste longtemps sur la touche, il faut du temps pour qu’il retrouve toutes ses sensations » avait expliqué, en début d’année, Laszlo Bölöni. Certes, mais dans le cas de Marcos, cela fait huit mois déjà qu’il se cherche sur son flanc droit. Tout en étant conscient du problème.

« Ma blessure ne peut pas être une excuse car elle ne me gêne plus du tout, soutient Marcos. Je ne ressens plus la moindre douleur. Dans ma tête, c’est oublié. Alors pourquoi suis-je en méforme ? Je ne suis pas à mon meilleur niveau, je le sais. Mais je ne suis pas le seul, individuellement et collectivement. Mais cela va revenir pour l’équipe comme pour moi car nous n’avons pas perdu nos qualités. »

La méthode Coué fonctionne bien à Sclessin. Tout le monde est conscient de ne pas avoir perdu ses qualités et tout le monde est conscient que cela va aller. En attendant, le Standard risque bien de se retrouver à neuf points d’Anderlecht dimanche soir. Alors, ce match tombe-t-il trop tôt pour les Liégeois ?

« On ne peut pas choisir nous-même l’ordre des matchs, sourit Marcos. Mais c’est évident que c’est le genre de rencontres qu’on veut disputer chaque week-end. Qui plus est, celle-ci peut être un déclic. Si on gagne, tout le monde oubliera notre début de saison. »

Sans doute. Mais, dans le cas inverse, d’autres sujets risquent de revenir et dont il ne faut pas parler avec Marcos. Comme le départ d’Onyewu ? « Le Standard, ce ne sont pas des individualités, mais un groupe de joueurs. Onyewu n’a pas été champion tout seul. »

Evidemment. Mais son départ a laissé un grand vide que les Rouches n’ont pas encore comblé. Le Standard semble moins intransigeant sur le plan défensif. Bolat s’est déjà retourné cinq fois.

« J’ai aussi ma dose de responsabilités, confesse Marcos. Au Germinal ou contre Charleroi, nous avons pris deux buts similaires. Et de mon côté. J’ai laissé trop de libertés à Goor et Habibou. Si j’avais été plus agressif, ils auraient eu moins d’espaces. »

C’est aussi ce qui avait énervé Bölöni qui n’avait pas hésité à dire qu’il avait « des petites filles vierges sur le flanc droit qui avaient peur d’aller au contact. » Une phrase choc pour obtenir une réaction adéquate ? Réponse dimanche soir.

Division 1 : 5e journée

REVUE DES ÉQUIPES

Westerlo – Zulte-Waregem 1-2

52e: Berrier (0-1); 69e: Farssi (1-1);

90e (+3): N’For (1-2).

Lokeren – Mouscron sam. 20h00

Arbitre : Boelen.

FC Malines – Saint-Trond sam. 20h00

Arbitre : Van de Velde.

Roulers – Charleroi sam. 20h00

Arbitre : Colemonts.

Courtrai – Gand sam. 20h00

Arbitre : Delacour.

Genk – Germinal Beerschot dim. 18h00

Arbitre : Pots.

CS Bruges – FC Bruges dim. 18h00

Arbitre : Verbist.

Anderlecht – Standard dim. 20h30

Arbitre : Nzolo.

Classement

1. Anderlecht 4 4 0 0 10-2 (+8) 12

2. Gand 4 3 0 1 10-4 (+6) 10

3. FC Malines 4 3 1 0 10-5 (+5) 9

4. Saint-Trond 4 2 0 2 6- 4 (+2) 8

5. FC Bruges 4 2 1 1 7- 5 (+2) 7

6. Zulte-Waregem 5 1 1 3 7- 8 (–1) 6

7. Standard 4 1 0 3 9- 5 (+4) 6

8. Genk 4 1 1 2 5- 5 (+0) 5

9. Mouscron 4 1 1 2 4-4 (+0) 5

10. Charleroi 4 1 1 2 3-3 (+0) 5

11. CS Bruges 4 1 2 1 6-8 (–2) 4

12. Courtrai 4 0 1 3 5-7 (–2) 3

13. GBA 4 0 2 2 3-6 (–3) 2

14. Roulers 4 0 2 2 3-8 (–5) 2

15. Lokeren 40 3 1 3- 9(–6) 1

16. Westerlo 5 0 4 1 3-11 (–8) 1

Départage en cas d’égalité aux points 1. le plus grand nombre de victoires 2. la meilleure différence

Départage en cas d’égalité aux points

1. le plus grand nombre de victoires

2. la meilleure différence de buts

3. le plus grand nombre de buts marqués

4. le plus grand nombre de buts à l’extérieur

5. le résultat d’un test-match

Gand en embuscade

1 Bien entendu, le premier des quatre duels attendus entre Anderlecht et le Standard polarisera toute l’attention. Ce qui pourrait bien profiter à Gand qui, sans y toucher, réalise un joli parcours en ce début de saison. Samedi, les hommes de Preud’homme se déplacent à Courtrai où les troupes de Leekens attendent toujours un premier succès.

2 Si Charleroi voudra montrer à Roulers le beau visage qui était le sien à Sclessin, un match inédit dans le haut de classement opposera Malines (troisième) à Saint-Trond (quatrième). Or si les Canaris ont déjà effectué un déplacement à Sclessin (2-2), les équipiers de Renard ont déjà été à Gand (leur seule défaite 2-1) avant de recevoir le FC Bruges (2-1). Leur présence dans la partie la plus élevée de la colonne de gauche n’est donc pas le fruit du hasard.

Biglia devrait être rétabli

ANDERLECHT – STANDARD

Biglia.

Un doute subsiste toujours pour Biglia (ph. , mollet) qui pourrait céder sa place dans l’équipe de base à Gillet en cas de douleurs persistantes. Frutos ne figure toujours pas dans un noyau que tente d’intégrer in extremis Legear (abdominaux).

Mise au vert.

Les Mauves s’entraîneront encore à huis clos ce samedi après-midi avant de partir en mise au vert à Diegem.

Onze internationaux.

Le parc Astrid sera vide ces prochains jours puisque 11 joueurs partiront après le match contre le Standard pour défendre les couleurs de leur pays. Il s’agit de Bernardez (Honduras), Juhasz (Hongrie), Boussoufa (Maroc), Polak (République tchèque), Wasilewski (Pologne), Mazuch (Espoirs tchèques), Lukaku (Diablotins), Deschacht, De Sutter, Proto et Van Damme (Diables rouges).

Avec De Camargo ?

Böloni devrait revenir à une configuration européenne en 4-2-3-1 dimanche avec De Camargo dans l’équipe.

Arrivées à Sclessin.

Jeudi après-midi, l’Israélien Gershon et le Brésilien Felipe ont rejoint l’Académie. Ce sont deux défenseurs centraux qui pourraient être rejoints par Victor Ramos, un international espoir brésilien, lui aussi défenseur central. « Je suis certain qu’on va encore avoir des renforts » a dit Bölöni.

Ligue des champions.

Bölöni a émis l’intention d’aller voir Manchester United-Arsenal (sans Fabregas) ce samedi. « On peut analyser notre tirage de deux façons. D’abord en se disant que c’est un groupe relativement abordable. Ensuite en se disant que ce sera difficile : Arsenal, on connaît, AZ vient chercher des internationaux belges et pas l’inverse alors qu’il faudra être courageux pour aller jouer en Grèce ».

Jaycee a oublié son angine

Mouscron – CS Bruges

Qualification.

Robert Maah est repris dans la sélection, les papiers nécessaires à la qualification étant attendus en fin de journée vendredi.

Jaycee dans le groupe.

Après avoir souffert d’une angine durant la semaine, Jaycee (ph.), déjà auteur de quatre buts cette saison, est quand même présent dans le noyau.

Le retour de Walasiak.

Opéré du genou en janvier, Jonathan Walasiak pourrait être de retour après la trêve imposée par les matchs internationaux.

Pieroni de retour.

Mouscron jouera un match amical le vendredi 4 septembre (19 h 30), au Canonnier, contre Valenciennes emmené par un certain Luigi Pieroni bien connu à l’Excelsior.

Franquart, un nouveau Zèbre

roulers – Charleroi

Mujangi Bia.

La seule nouveauté dans le noyau carolo serait le retour aux affaires de Mujangi Bia, blessé depuis l’entame de la compétition. Demol ne devrait cependant pas modifier le onze de base qui a réussi une belle prestation à Sclessin. Oulmers (genou) sera en effet du voyage.

Franquart.

Le défenseur, gaucher, Peter Franquart (ph.) est prêté jusqu’au terme de la saison par Lille à Charleroi qui possède aussi une option d’achat sur cet élément de 24 ans.

Lens.

Un match amical est prévu pour les Zèbres dispensés de rendez-vous avec leur équipe nationale le vendredi 4 septembre (20 h) à Tournai contre Lens.