Vent de Raison veut souffler ses idées au roi

SCHARES,LUC

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Mardi 21 septembre 2010

Aaah, ça, c’est sympa. Vraiment sympa de penser que même le roi a bien le droit de se changer les idées. Pourquoi notre monarque serait-il condamné à ne plancher que sur la complexité d’interminables négociations en vue de former un gouvernement fédéral ? Le collectif Vent de Raison l’invite à un autre sujet de réflexion : ces épouvantables centrales éoliennes qui fleurissent, ou que des promoteurs avides voudraient voir fleurir, sur cette campagne wallonne tellement plus belle sans moulins à vent.

Vent de Raison est donc cette plateforme née dans le Condroz namurois où elle reste très active, qui veut aujourd’hui étendre son éclairage à toute la Wallonie. Son credo : crier haro sur les éoliennes. En développant, c’est incontestable, une argumentation dûment documentée.

Depuis Gesves, le collectif vient d’interpeller le roi, sous la forme d’une lettre ouverte, comme un dernier recours « afin d’éviter, s’il en est encore temps, la défiguration irréversible de l’environnement de notre chère Wallonie par la prolifération totalement incontrôlée d’usines éoliennes, et le déni de démocratie vis-à-vis des citoyens opposants qui s’avèrent être les principales victimes de cette folie ».

L’heure est grave, puisque « actuellement, une frénésie inimaginable s’est emparée de l’exécutif wallon accordant les permis à tort et à travers, au point que les requêtes en annulation au Conseil d’État se multiplient sans cesse ». Et Vent de Raison de citer moult exemples. Messancy qui a enregistré pas moins de cinq demandes totalisant 34 turbines, Ciney où trois projets éoliens sont en cours. Et puis, va-t-on profaner le tombeau du Géant à Bouillon, magnifique méandre de la Semois ? Va-t-on piétiner l’incomparable paysage du Tilleul de Ronvaux par des aérogénérateurs qui se verront jusqu’à Chevetogne ? Sans parler de la province de Luxembourg « qui a accepté sans la moindre critique les résultats totalement incohérents d’une étude commanditée auprès d’un bureau d’études inféodé aux promoteurs éoliens et qui identifie 66 sites d’accueil possibles. Alors que la cartographie complétée du professeur Feltz et ses laboratoires de géomatique et d’aménagement du territoire en ont dénombré 40 pour toute la Wallonie ».

Tout cela pour rien selon Vent de Raison, sinon faire trinquer les oiseaux et les chauves-souris. Le collectif considère que l’impact des éoliennes à l’intérieur des terres sur les émissions de CO2 est nul. Seules les éoliennes offshore, nettement plus performantes, vaudraient la peine qu’on discute. Et de toute façon, même les projections les plus optimistes ne rencontreraient pas les quotas escomptés. Dur métier que celui d’un roi. Albert II devait déjà sauver le pays, le voilà qui doit aussi sauver la Wallonie…