Victor Horta toujours plus proche de l’ULB

ROBERT,FRANCOIS

Page 11

Mercredi 27 août 2008

Enseignement La codiplomation se met en place

Dès cette rentrée, les étudiants sortant de l’Institut Victor Horta auront en poche un double diplôme. Celui de l’école d’architecture bien sûr, mais aussi celui de l’Université libre de Bruxelles (ULB). Cette codiplomation trace la voie de l’intégration de l’institut dans le giron universitaire. Avec en point de mire la création d’une faculté d’architecture à part entière.

Cette intégration est un vieux rêve caressé par l’Institut depuis trente ans. L’enseignement de l’architecture, en Belgique, est assez singulier. Il n’est intégré ni aux grandes écoles ni au réseau universitaire. En région francophone, l’enseignement de l’architecture concerne 2.200 étudiants. C’est peu en regard d’autres disciplines, mais c’est un secteur clé. Pour des raisons historiques et politiques, l’Institut Victor Horta fait partie de l’Isai (Institut supérieur d’architecture intercommunal), qui regroupe les sites de Bruxelles, Mons et Liège. Ils accueillent un millier d’élèves (350 sur le site bruxellois).

L’Institut Victor Horta (où cet architecte a lui-même donné cours) est le lointain descendant de l’Académie de Dessin de Bruxelles, fondée en 1711. Un demi–siècle plus tard, Charles de Lorraine y créa une section d’architecture. En 1977, la section prit le nom de Victor Horta.

Des liens profonds avec l’ULB ont été établis. Ainsi, de nombreux enseignants de celle-ci donnent à Horta la plupart des cours scientifiques. Cette collaboration a été renforcée après 1985, date du déménagement de l’Institut sur le campus de l’ULB, dans le bâtiment S qui abrite, outre l’architecture, la géographie humaine et l’institut d’urbanisme. Cette collaboration étroite implique la mise à disposition au bénéfice des étudiants de Victor Horta de certaines infrastructures de l’ULB, comme les laboratoires, les services job, sport, etc.

L’intégration à l’ULB est dès lors vue comme une nécessité. « Elle est voulue par le corps enseignant et les étudiants, précise Francis Metzger, qui enseigne à Horta et qui a participé aux nombreuses négociations. Des liens particuliers et certaines idées nous unissent à l’ULB. Comme le refus de l’académisme et l’acceptation de valeurs telles que l’humanisme. Cette intégration est un projet historique ».

C’est à la fin 2007 que le décret autorisant la codiplomation entre instituts d’architecture et universités a été adopté par la Communauté française puis publié au Moniteur. Il a été suivi d’une convention signée par les deux partenaires, en juillet 2008. « La porte est ouverte, insiste Fabrizio Bucella, l’administrateur provisoire de l’Isai, pour accueillir l’école d’architecture de la Cambre selon le même processus. L’objectif final est l’intégration conjointe ULB/Horta/La Cambre dans une seule faculté universitaire ».

Une intégration réussie

Les avantages de cette intégration ? Le statut actuel ne permet pas, par exemple, aux étudiants de Horta de profiter des programmes européens (Erasmus). Il y a aussi des économies d’échelle et la perspective d’atteindre une taille critique (700 étudiants) dynamisant la recherche. Sans compter la mise en œuvre d’un ambitieux projet éducatif et la multiplication d’échanges facultaires.

Cette intégration risque cependant de prendre encore du temps (il faut un décret). Le processus est néanmoins enclenché. Il devrait pousser d’autres écoles d’architecture (Saint-Luc) à entamer des rapprochements similaires avec des institutions universitaires.