« La Wapi : plus qu’un nom »

LEJEUNE, REGINE

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Samedi 27 mars 2010

Wallonie picarde Congrès régional de la FGTB

Entretien

Tous les quatre ans, la FGTB régionale Tournai-Ath-Lessines réunit son personnel. L’objectif est double : regarder dans le rétroviseur en faisant le point sur les années écoulées et regarder loin devant en traçant des pistes claires pour l’avenir. L’occasion, aussi de flatter ses troupes : la FGTB s’affirme comme leader syndical de la région. Comptant 51.000 affiliés, soit 1.400 en plus en quatre ans, elle couvre 85 % du territoire. Un territoire dans lequel l’organisation syndicale ne compte pas faire de la figuration. La création d’emplois passe obligatoirement par le développement de la Wallonie picarde, tel est le credo de Ronald Duval, président régional. Dont la crise n’a fait que renforcer le point de vue.

En 2006, la crise n’avait pas encore fait son apparition. Quatre ans plus tard, quel bilan socio-économique de la région peut-on dresser ?

Nous n’avons pas de gros mastodontes mais un tissu économique composé à 90 % de PME, de taille relative. Elles sont donc plus flexibles, plus mobiles et s’adaptent plus facilement. En 2009, nous avons donc bien résisté mais on subit maintenant le contrecoup, suite à la prudence des donneurs d’ordre et à l’exécution tardive, voire la non-exécution de leurs commandes. Ce qui provoque forcément une augmentation du chômage économique et des licenciements dans la région. Avec en ce qui concerne le chômage économique, une nouvelle donne dans la législation permettant de mettre aussi les employés en chômage économique. Il faut admettre que nous ressentons moins les effets de la crise par rapport à des régions comme le Centre. Mais nous n’avons pas attendu la crise pour mener des actions. Notamment dans notre implication dans le développement de la région.

Les congressistes ont d’ailleurs voté aujourd’hui voté une motion qui appuie cette position…

Oui car cette question du développement régional nous tient particulièrement à cœur. La Wallonie picarde, c’est une appellation qui nous accroche tous. Notre implication était déjà intense mais elle s’est accrue avec la crise. Ce n’est pas qu’une appellation géographique, c’est un projet régional de développement économique. La FGTB se veut un acteur incontournable de la région, à l’inverse de l’image ringarde dont certains veulent parfois nous taxer. À ce niveau-là, nous participons à toutes les instances actives dans le développement de la région : le Conseil de Développement de la Wallonie picarde, le comité Subrégional de l’Emploi et de la Formation, etc. Idem au niveau de l’Eurométropole dans laquelle nous sommes aussi actifs. Ces échanges entre les acteurs socio-économiques de la région, c’est primordial, surtout en période de crise. C’est aussi dans ce cadre que l’on veut intensifier les synergies avec la FGTB de Mouscron. Et pourquoi pas arriver à terme à une grande FGTB de la Wallonie picarde même s’il faut admettre que ce n’est pas toujours évident de rapprocher ces deux territoires. Mais on y croit fermement.

Un autre cheval de bataille pour les quatre ans à venir ?

Dans la région, certains patrons estiment qu’il y a un déficit de formation poussée, pas de main-d’œuvre locale. Or, nous sommes dans une région où la somme de formations proposées est faramineuse. Il y a donc un problème à ce niveau-là. Dès lors, on souhaite renforcer encore davantage les métiers et l’enseignement technique. On veut également insister aussi sur la connaissance des langues pour favoriser la mobilité de nos travailleurs vers Courtrai, où le taux de chômage est minime. Axer aussi nos actions sur la mobilité des travailleurs. On espère par rapport à ça que la nouvelle ligne Tournai-Courtrai va se développer. On compte continuer à faire pression sur le gouvernement par rapport à la chasse aux chômeurs.