Wathelet réplique à Electrabel

BELGA; AFP

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Vendredi 6 juillet 2012

Énergie Tihange 1 pourrait être réquisitionné

Le gouvernement a évoqué jeudi la possibilité de réquisitionner un réacteur nucléaire si le groupe Electrabel, filiale de GDF Suez, refusait d’investir dans sa prolongation pour dix ans supplémentaires, comme il l’a laissé entendre (Le Soir du 5 juillet 2012). Le secrétaire d’Etat à l’Energie, Melchior Wathelet, a assuré que le gouvernement n’avait pas l’intention de « se lancer dans une guerre » avec Electrabel, qui a menacé mercredi de fermer le réacteur de Tihange 1 dès 2015, sans investir dans sa prolongation jusqu’en 2025. Le groupe a mis en avant les « importants investissements », qu’il estime à 500 millions d’euros, nécessaires pour prolonger le réacteur alors qu’« aucun élément ne permet d’évaluer la soutenabilité économique d’une telle perspective ». La prolongation de Tihange 1 est la principale proposition faite mercredi par le gouvernement dans le cadre d’un aménagement de son plan de sortie du nucléaire, annoncé en 2003.

Sur les ondes de la RTBF, Melchior Wathelet a estimé qu’une décision d’Electrabel de fermer Tihange 1 dès 2015 « serait illogique puisque le plan prévoit une garantie de rentabilité juste ». Si Electrabel le faisait néanmoins, « il existe un mécanisme qui peut interdire à un opérateur de fermer une centrale si on en a besoin en termes de sécurité d’approvisionnement », a-t-il précisé. L’Etat « pourrait réquisitionner » le réacteur ou se tourner vers un autre investisseur. « Electrabel n’est pas le seul propriétaire de Tihange 1. Elle appartient aussi à 50 % à EDF », le groupe français concurrent de GDF Suez, a-t-il fait remarquer. Réuni jeudi soir, le conseil d’administration d’Electrabel a précisé que la position de l’électricien ne devait pas être interprétée comme « du chantage ».

De son côté, au Parlement, le Premier ministre Elio Di Rupo (PS) a défendu devant les députés l’accord intervenu au sein du gouvernement, présenté comme un « compromis ». Mais, a-t-il ajouté, « après des années d’insécurité, nous donnons la sécurité avec une vision d’avenir claire ».

Par ailleurs, suite à un conseil d’entreprise extraordinaire d’Electrabel, les syndicats ont indiqué qu’aucun licenciement sec ne sera appliqué à la suite de l’annonce des fermetures des réacteurs de Doel 1 et Doel 2. « Il y aura soit des départs naturels, soit des réorientations en interne », a expliqué Didier Nicaise (CGSP-Gazelco). Par contre, des entreprises en sous-traitance pourraient subir des pertes d’emplois sèches. (afp, b.)