WELKENRAEDT Les carnavals qu'on fête ici (2 et fin) Ce qu'il en coûte d'être un petit prince Stavelot s'entraîne pour la laetare

LOUSBERG,BRIGITTE

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Mercredi 1er mars 2000

WELKENRAEDT Les carnavals qu'on fête ici (2 et fin) Ce qu'il en coûte d'être un petit prince

Nicolas II est le petit prince carnaval de Herbesthal/Welkenraedt pour un an. Un titre dont ce garçon de 9ans est fier comme Artaban, mais qui cache maints sacrifices pour ses parents.

Mon mari et moi sommes carnavalistes à 100%! lance Margarete, maman de Nicolas. Jean-Marie, le papa, est président des Amis du carnaval d'Herbesthal, la société à laquelle appartient toute la famille. Cynthia, 6 ans, la petite soeur, est «tanzmariechen», danseuse de la société, et Thomas, 2 ans et demi, benjamin de la fratrie, est devenu «bouffon» en même temps que son frère aîné accédait au rang de prince, tandis que l'un des deux «pages» est la filleule de Margarete. Je ne les oblige pas mais quand un enfant est tout le temps dans le carnaval, il ne dit pas non, assure-t-elle.

Depuis qu'il a été le bouffon de Sacha, dernier prince carnaval d'Herbesthal en 1998, Nicolas rêve d'être intronisé à son tour. Et pourtant, l'agenda d'un petit prince carnaval n'a à priori pas de quoi séduire un enfant de troisième année primaire. Ce ne sont que réceptions au pas de course dans les maisons communales et les écoles, bals d'intronisation des petits et grands princes des villages voisins où l'apparition est brève à cause de l'heure tardive et cortèges carnavalesques, souvent dans le froid, parfois sous la pluie. Assis sur une scène ou debout sur un char, l'enfant n'en finit pas de crier «alaaf», de lire des remerciements compassés ou de recevoir des baisers qui ne sont pas tous donnés par de jolies princesses. Mais Nicolas aime chacune de ses obligations d'une même intensité et adore faire pâlir de jalousie ses compagnons de classe. T'étais beau lui a-t-on dit à l'école, après que la photo de son intronisation soit parue dans un journal. Et ce petit garçon, un peu solitaire, a désormais plus de copains.

Si son petit frère peut encore faire le fou sur la scène ou se rouler dans la poussière, à neuf ans, pour Nicolas, il n'en est plus question. Pas de coca ni de chips pour ne pas faire de taches; pas question d'enlever le chapeau ni les gants blancs à cause des photos; c'est moi qui écris les textes de remerciement mais il doit les apprendre en français et en allemand... égrène la maman. Nicolas II doit tenir son rang et faire honneur à un titre dont le budget est à la mesure des espérances familiales. Etre prince carnaval n'est pas gratuit comme beaucoup le croient. Un petit prince coûte environ 70.000F. Un grand, entre 300.000 et 400.000F. assure Margarete. Tout compris: le costume velours, strass et paillettes, réalisé par une couturière qui ne compte pas ses heures, les souliers sur mesure achetés aux Pays-Bas, les médailles et les photos à offrir en guise de souvenir...Et puis les 600 kilos de bonbons, les chips, les pop-corn, les gaufres... mais dont le coût est partiellement couvert par un subside de 50.000FB de la société carnavalesque et à partager en trois, avec les deux pages. On est fiers. On ne regarde pas à un franc, ajoute Margarete qui, pourtant de la fête, ne vit que le revers de la médaille. Pour nous les parents, c'est le stress, la course, le nettoyage des gants et des collants... Ce que je fais pour un, je le ferai pour les autres. On économise déjà. Margarete n'a finalement qu'un seul regret: mon mari ne veut pas être prince carnaval, j'aurais voulu être son page...

B. Lg

Stavelot s'entraîne pour la laetare

Un mois avant le cortège de la laetare, les Stavelotains commencent leur mise en jambes en fêtant le mardi gras. Une tradition ravivée il y a juste vingt ans et encore peu connue au-delà de l'ancienne cité abbatiale. Alors qu'à Malmedy avec le brûlage de la Haguette ou à Francorchamps avec la «groumote», collecte d'oeufs et de lard dans les maisons avant la réalisation d'une fricassée géante, la tradition du mardi gras est encore vivace, à Stavelot, elle avait disparu au lendemain de la seconde guerre mondiale, probablement à la suite d'une concurrence impitoyable entre tenanciers de salles. Le retour du mardi gras dans le folklore stavelotain est une initiative du club de football local.

En 1981, le RCS Stavelotain vit des moments sportifs et financiers difficiles. Quelques membres du comité ont alors l'idée de réorganiser le mardi gras dans les récentes et vastes installations footbalistiques, au Pré Messire, sous forme de deux bals costumés, l'un pour les enfants et l'autre pour les adultes. Des concours, dotés de prix, qui récompensent qualité et originalité des costumes mais aussi apport d'ambiance ou jeu carnavalesque, assurent une saine émulation.

Le premier mardi gras au Pré Messire en 1981 est une réussite. Dès cette première expérience, le comité des fêtes de Stavelot et la confrérie des Blancs Moussis, mais aussi l'ensemble des sociétés et groupes folkloriques de la cité de Saint Remacle composent le jury chargé d'apprécier les performances des participants aux concours de l'après-midi et de la soirée. En 1986, de manière à assurer la pérennité de la tradition renouvelée, les organisateurs créent l'Ordre de la Chevalerie du mardi gras de Stavelot.

L'année dernière, quelque 300 enfants et autant d'adultes, stavelotains et extérieurs, ont rivalisé d'originalité dans les déguisements et dansé jusqu'à en perdre haleine. Le Mardi Gras est un entraînement. On se chauffe avant la laetare mais pas question de sortir les costumes du cortège! assure Alain Van Acht, grand maître de la Chevalerie.

Le prochain mardi gras, vingtième depuis sa rennaissance, battra son plein le 7 mars, à partir de 16 heures pour les enfants et de 21 heures pour les adultes, au pré Messire. Des prix recompenseront les meilleurs carnavalistes. Entrée gratuite.

B. Lg