WikiLeaks : révélations à venir sur la Russie et la Chine

n.c.

Mercredi 1er décembre 2010

Olivier Tesquet, journaliste au site OWNI et spécialiste de WikiLeaks, parie sur l’émergence de « dossiers russes, chinois » au fur et à mesure de la publication des câbles diplomatiques. Il s’attend aussi à des révélations sur les banques.

Selon Olivier Tesquet, journaliste au site OWNI et spécialiste de WikiLeaks, « on risque de voir émerger les dossiers russe, chinois, etc. » au fur et à mesure de la publication des mémos de la diplomatie américaine dans la presse. Il envisage aussi début 2011 des révélations sur les banques, américaines notamment.

Fin octobre, OWNI, site d’informations indépendant basé à Paris, avait réalisé à la demande de Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, l’interface permettant la consultation des 400.000 documents secrets sur la guerre en Irak.

Pourquoi WikiLeaks a-t-il attendu novembre pour diffuser ces télégrammes ? L’organisation les possédait a priori depuis des mois.

« C’est tout autant une stratégie de montée en puissance que la volonté de la part de WikiLeaks de travailler en amont et en profondeur avec les rédactions partenaires (New York Times, The Guardian, El Pais, Der Spiegel et Le Monde). Sans renier la valeur ou l’impact des révélations précédentes sur l’Afghanistan et l’Irak, WikiLeaks estime que les mémos sont, par leur nature, beaucoup plus sensibles. A ce titre, ils doivent être choisis, édités et expurgés par les médias associés. Le modus operandi laisse à penser que WikiLeaks a mis en place un dispositif assez précis concernant la publication des mémos. Seule une portion congrue des 250.000 télégrammes devrait être publiée. Le Monde comme Assange évoquent un chiffre situé autour de 2.000, probablement les plus significatifs ».

Pourquoi WikiLeaks a-t-il décidé de passer par les médias – leur site ne publie que les mémos sélectionnés par les journaux partenaires – plutôt que de tout mettre en ligne in extenso ?

« Il s’agit tout autant d’un virage stratégique opéré par WikiLeaks qu’une requête des médias partenaires. Assange l’a répété à de multiples reprises, il veut +maximiser l’impact+ de ses fuites. Mais dans le même temps, il ne peut pas ignorer les reproches qui lui sont fait, les accusations d’irresponsabilité. Les rédactions n’y seraient pas allées sans la garantie d’obtenir une publication au compte-gouttes, qui permet aussi de maintenir une notion d’exclusivité. Le choix de s’associer à des médias au lieu de tout publier in extenso est aussi pragmatique : les mémos comportent beaucoup plus de texte que les rapports de l’armée en Afghanistan et Irak, ils ont davantage d’implications politiques et nécessitent un effort de contextualisation, de vérification, comme s’il s’agissait d’une source supplémentaire pour les journalistes travaillant sur les domaines concernés ».

Que peut-on attendre au cours des prochaines semaines ?

« Après le nucléaire iranien et la position des pays arabes, on risque de voir émerger les dossiers russe, chinois, etc. selon un calendrier relativement précis. Et selon Assange, il faut aussi s’attendre début 2011 à une nouvelle fuite, avec des révélations concernant des banques, et peut-être plus précisément la Bank of America ».

(afp)