Wilfried Martens soutient le « Pacte fédéral » présenté par B Plus

LAMENSCH,MICHELLE

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Vendredi 30 novembre 2007

Vont-“ils” soutenir Yves Leterme pour former un gouvernement ? Je suis persuadé que le président de la N-VA, Bart De Wever, le souhaite mais sa base ?… »

L’ancien Premier ministre Wilfried Martens (CD&V) a réaffirmé, jeudi, qu’il souhaitait la formation « rapide » d’un gouvernement Orange bleue, plutôt qu’une tripartite traditionnelle, et la mise sur pied d’une Convention chargée de négocier une nouvelle réforme de l’État.

« Le problème crucial de la Belgique, a-t-il dit, est de déterminer un objectif commun pour le pays. Moi, je suis un fédéraliste d’union ».

Et c’est en tant que fédéraliste d’union que Wilfried Martens soutient le « Pacte fédéral » présenté par B Plus, essentiellement en néerlandais, et qui est censé « créer un climat de confiance entre politiques du nord et du sud du pays et entre les habitants des Communautés du pays ».

B Plus est ce mouvement « pluraliste », parti d’Anvers en 1998, à l’initiative du groupe Coudenberg, des ASBL Contre le séparatisme et Pour un fédéralisme d’union. Son « Pacte fédéral » est également soutenu par Mark Eyskens (CD&V), Freddy Willockx (SP.A), Melchior Wathelet senior (CDH), Louis Michel et Florence Reuter (MR), Mia De Vits (SP.A), Annemie Neyts (Open VLD), Anne-Marie Lizin (PS), Josy Dubié et Carine Russo (Écolo) et Adelheid Byttebirer (Groen).

Solidarité, responsabilité

Créer un climat de confiance : l’initiative est opportune au 173e jour sans nouveau gouvernement. B Plus emprunte d’ailleurs au vocabulaire de saison. « Nous voulons créer un cadre, jeter les bases d’un état d’esprit visant à réaliser une réforme de l’État au profit de tous les citoyens du pays, dans le respect de chaque communauté. »

Les axes de ce Pacte ? La solidarité interpersonnelle.

« Elle est essentielle », martèle Wilfried Martens qui, avec Mark Eyskens, a accusé Bart De Wever de « prendre le CD&V en otage », en refusant la dernière note connue du formateur Yves Leterme.

B Plus récuse le séparatisme… et la N-VA « qui rend impossible l’atterrissage d’un gouvernement ». Il s’en prend également au FDF, « ce parti nationaliste et extrémiste linguistique, qui rejette “notre” solution pour BHV ». Soit la scission et la création d’une circonscription fédérale comprenant un quart des députés. Ce dernier point n’engage pas les signataires du Pacte.

En échange du maintien de la solidarité interpersonnelle, B Plus demande aux francophones « une plus grande solidarité culturelle avec la Flandre parce que, pour nous, le multiculturalisme apporte une plus-value ».

Et là, le député européen Wilfried Martens, qui souhaite « encore user de son pouvoir de persuasion », s’emporte : « Au centre de l’Europe, la Belgique ne donne plus le bon exemple de la cohabitation de trois langues et de trois cultures… »

B Plus entrevoit de nouvelles régionalisations, telles que des boni aux Régions qui pratiqueraient une politique de santé préventive aboutissant à des économies en médecine curative (fédérale). Ou des boni (et des mali…) si l’activation des chômeurs réduisait les coûts (fédéraux) de l’indemnisation des sans-emploi.

Des refédéralisations ? « L’honnêteté intellectuelle commande d’abolir les tabous. » Freddy Willockx : « Je pense au commerce extérieur. » Wilfried Martens : « Et moi aux normes de bruit »